juin 7

L’assurance du Salut – 1 – Préambule

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Préambule

Qu’est-ce que le Salut ?

Le thème central du Christianisme est le salut en Jésus-Christ.

Mais, au juste, de quoi sommes-nous sauvés ? A cette question la Bible répond sans équivoque : « de la colère de Dieu ».

Qu’est-ce qu’être sous la colère de Dieu (Jean 3 :36) ?

Il s’agit d’un état, conséquence du tableau ci-dessus, malheureusement partagé par un grand nombre de gens, dont la dangerosité est extrême et dont l’issue, s’il n’y est mis un terme, est fatale. A l’image du cancer dans ses premiers stades on ne se sait pas malade. Et pourtant on souffre ici d’une carence dramatique qui se manifeste en ce que l’Esprit de Dieu n’est pas en nous. Pour le dire crûment, « Dieu est ailleurs ».

Coupée du Créateur, la créature n’a plus accès à la source inépuisable d’intelligence (Psaumes 147 :5) dont elle a tant besoin pour vivre et s’épanouir (Psaumes 119 :34, 100...). Sans repère[3], « égarée dans ses pensées elle voit son cœur sans intelligence plongé dans les ténèbres. Se vantant d’être sage, elle devient folle » (adapté de Romains 1 :21-22). Son avenir est écrit : l’éternité dans l’étang de feu et de soufre en présence de Satan et de ses anges (Apocalypse 20 :10 et 15).

Le salut de Dieu : un double triptyque

Le salut de Dieu, qui est la voie que Dieu a voulue pour que les hommes échappent à sa colère[4] et entrent dans son amour, est dit en un verset :

Et dans le verset à l’étude l’évocation de cet amour est précédée de l’adverbe « tant », si discret qu’on n’y prend garde. Mais, quand on l’adosse au prix de l’amour manifesté, il éclaire l’ampleur de l’amour de Dieu pour les hommes. On pourrait ainsi traduire : Dieu a à ce point aimé le monde qu’il a donné son fils unique, son fils bien-aimé, comme rançon pour le péché des hommes, afin que quiconque croit (met sa confiance) »

Ainsi autour du triptyque divin - Amour, Sainteté, Justice - se développe le triptyque du salut par – la Grâce, la Croix, la Foi :

La Croix de Christ est l’aboutissement de l’œuvre créatrice de YHWH (l’Eternel). En elle éclatent en un éblouissement l’Amour, la Sainteté, et la Justice de Dieu. C’est le point focal de l’histoire de l’humanité, en ce que c’est en elle qu’est le rachat des hommes sous la condition de leur foi. Je réserve à plus tard – Si Dieu Veut - d’en parler de façon moins allusive.

Et donc la question qui se pose maintenant est la suivante : qu’est-ce que la foi ?

La foi est la condition du salut. Elle incombe à celui qui en est bénéficiaire. Il faut noter que ce terme signifie confiance – très semblable à celle qu’un enfant peut avoir à l’endroit de ses parents – et bien-sûr aussi obéissance - une disposition du cœur s’opposant, devant Dieu, frontalement et sans équivoque à celle d’Adam au jardin d’Eden. Elle s’affirme en se déclarant. Elle transcende la croyance banale, résultat de l’expérience ordinaire

  •  « Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons - au ciel et qui Le voient - le croient aussi, et ils tremblent. » Jacques 2 :19 

La foi est l’expression du chrétien qui lui donne d’accéder à la grâce salvatrice de Dieu laquelle se manifeste pour lui dans le pardon de ses péchés à travers l’œuvre sacrificielle de Christ. Et le chrétien à genoux peut dire « oui je crois » (je mets mon entière confiance) en l’entièreté du plan de Dieu pour mon salut accompli en Christ par sa mort sur la croix; je reconnais mon péché et je fais acte de repentance devant mon Seigneur en le priant de me soutenir pour que cet acte imprègne de façon conséquente l’intégralité de mon existence à venir; je mets mon entière confiance en Dieu pour me conduire et me garder dans la foi dans cette vie, que je veux en soumission à Christ, mon Sauveur et Seigneur et je le proclame (Romains 10:9-10).

En effet, pour être complet il faut ajouter que l’épître aux Romains nous dit qu’à la foi en l’œuvre de justification du Seigneur Jésus, il faut associer « la confession de Christ » (Romains 10:9-10). Nous sommes donc appelés, et c’est bien normal[6], à déclarer devant les hommes ce qui a été fait pour nous et ce en quoi nous croyons : Dieu « est », Dieu est Saint, Dieu est Amour et Justice, Jésus - Christ est le Fils Unique, le Bien-Aimé de Dieu[7], tout procède de Lui. Pour nous justifier (nous faire paraître justes devant la Personne Divine, nous sauver de Sa colère) Il a payé le prix de nos péchés en son corps sur la croix. Il est ressuscité des morts par la gloire du Père qui ainsi montre son approbation en l’œuvre rédemptrice du Fils. Par son sang il a justifié ceux des hommes qu’il a rachetés sur la base de la foi, il en est le Sauveur, et a inauguré avec eux une alliance dite « nouvelle alliance ». Nous reconnaissons qu’il est Seigneur[8], et lui remettons toute autorité sur nos vies. Il jugera le monde [9]

  •  « Je vous le dis, quiconque me confessera devant les hommes, le Fils de l’homme le confessera aussi devant les anges de Dieu » Luc 12 :8
  •  « Celui qui confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. » I Jean 4 :15

Cette confession de Christ scelle le salut de Dieu devant les hommes et devant les anges.

Bien au-delà de la seule parole, elle nous engage à une vie de sainteté en adéquation avec elle, au risque de passer pour les plus inconséquents des hommes.

L’épître aux Romains, en son chapitre 5, décrit ainsi notre situation au regard du salut :

ou selon une autre traduction,

  • « Etant donc justifiés en vertu de la foi, nous sommes en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ ; c’est par son entremise que nous avons eu, par la foi, accès à cette grâce dans laquelle nous nous tenons, et que nous mettons notre fierté dans l’espérance de la gloire de Dieu » Romains 5 :1-2 (Version NBS).

A propos de l’espérance qui sous-tend la sécurité de notre salut, il est écrit quelques versets plus loin :

  • « L’espérance ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné. » Romains 5 :5

En d’autres termes l’espérance ne peut être un vain bavardage car dans nos cœurs le témoignage de l’amour de Dieu est attesté par le Saint-Esprit qui nous a été donné du fait de notre appartenance à Christ (John 14 :26) :

Noter que dans ces quelques versets de Rom 5 on voit à l’œuvre le Père, le Fils, et le Saint-Esprit, et ce pour notre salut, sa sécurité, et la révélation d’icelle.

RESUME DU PREAMBULE

1) Au fond le salut s’apparente au mariage, scellé par un « oui » (de foi) devant témoins.... Un mariage dissymétrique car Dieu, lui, sera toujours fidèle (2 Timothée 2 :13a).

2) Nous sommes liés à Christ par son sang qui, d’une part nous justifie, et d’autre part scelle la nouvelle alliance entre Lui et nous (Luc 22 :20).

3) Nous devenons esclaves de Dieu (Romains 6 :16-22) ...mais du point de vue de Dieu nous sommes fils, si toutefois nous sommes habités par Son Esprit, enfants selon ce que Son Esprit déclare à notre esprit (Romains 8 :9-10, Romains 8 :14-17).

Rien ne rend plus heureux que d’avoir donné sa liberté à Dieu car, Lui, nous a donné Son Bien-Aimé Fils en rédempteur[13]. Et puisque nous lui avons remis notre liberté, nous savons qu’Il l’a reçue..., nous sommes esclaves de Dieu, c’est notre honneur.

J’ai dernièrement entendu quelqu’un dire : « on peut délibérément, intentionnellement, vouloir un jour quitter le salut, et ce parce que nous sommes libres ». Outre qu’il y a là une étrange conception de notre liberté en Christ (cf. Galates 2 :20 ; Galates 5 :13, mais aussi I Jean 3 :9[14]), c’est une méconnaissance des choses de Dieu car comment envisager de quitter un salut qui ne dépend pas de nous (Jean 15 :16 - dont le principe n’est pas limité aux seuls apôtres).

Par ailleurs pourquoi s’attacher à cette la liberté ? La question est sérieuse et touche à l’essence même du salut : celui qui donne sa vie à Christ ne veut certainement pas la reprendre, et il ne veut même pas l’envisager. En effet cela voudrait dire qu’à l’heure de sa conversion il verrait comme possible, et ce en raison d’une liberté revendiquée, de trahir dans un futur misérable Celui qui, concluant une vie d’obéissance et de larmes, s’écria un jour « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné » alors qu’Il était pendu au bois pour lui. (Matthieu 27 :46, Hébreux 5 :7-8).

En quoi une telle conversion s’accorderait-t-elle avec Romains 8 :16 où « l’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu » ? Celui qui se dit à Christ et qui un jour le renie[15] est un converti d’opérette (cf. ci-dessous Hébreux 6 : 4..; Hébreux 10 :26). En effet s’il renie Christ, Celui-ci le reniera (2 Timothée 2 :12b). Mais s’il a été déclaré enfant de Dieu par l’Esprit comment peut-il être renié plus tard par Celui-là même dont il est dit qu’il ne peut se renier lui-même (2 Timothée 2 :13b). Et donc s’il renie Christ c’est qu’il n’a jamais été enfant de Dieu ! (cf. I Jean 2 :19, et ci-dessous « Les Faux Docteurs de 2 Pierre 2 » p. 17)

Sans aller jusqu’à ces extrêmes, de l’ordre du spéculatif, il se trouve que certains chrétiens craignent sincèrement pour la pérennité de leur salut : suis-je sauvé pour toujours ; qu’advient-il de mon salut si je commets de « gros » péchés ? Bien que le passage de Romains chapitre 5 cité ci-dessus devrait suffire pour répondre à cette question légitime, je vais dans les pages qui suivent développer la réponse la plus éclairante qu’il me soit possible de donner. Il ne s’agit pourtant pas d’un traité impartial. Je chercherai à montrer que le salut d’un chrétien, sauvé par la foi en Christ, ne saurait être perdu, convaincu que je suis que l’expression « sauvé un jour, sauvé toujours » qui fait parfois sourire, reste la norme biblique, ce qui m’amènera à récuser la notion de « perte du salut », autrement dit de « victoire finale de Satan », pour une escouade de sauvés, rachetés au prix du sang de Christ.

Bien que ce travail ne soit pas écrit par un auteur impartial, j’aborderai la question selon la méthodologie traditionnelle, en instruisant « à charge et à décharge ».


[1]L’impiété caractérise notre relation avec Dieu

[2]L’injustice caractérise nos relations humaines.

[3]Dans son livre « le hasard et la nécessité » Jacques Monod , prix Nobel de physiologie et de médecine, écrit

en1970 : « l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité de l’Univers d’où il a émergé par hasard. Non plus

que son destin, son devoir n’est écrit nulle part. »

[4] Le sauvé est un rescapé, un délivré.

[5] y associer Jn 14 :23-24

[6]Je veux dire par là que le Seigneur attend de nous l’expression toute naturelle de gratitude de celui qui se sait passé tout près du rejet éternel et dont le cœur explose de reconnaissance

[7]« Il est le reflet de la gloire du Père et l’empreinte de Sa Personne » Hébreux 1 : 3

[8]« Il est avant toutes choses et toutes choses subsistent en Lui » Colossiens 1 :17

[9] « Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir, parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l’homme qu’il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts » Actes 17 :30-31

[10]Romains 8 :33-34 ; Hébreux 7 :24-25

[11] Il s’agit de la colère de Rom 1 :18 ; 2 :5, 8 ; 3 :5....

[12]Romains 8 :33-34 ; Hébreux 7 :24-25

[13] Lequel a abandonné toute liberté pour nous acquérir le salut Hébreux 5 :8

[14]« Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu. »

[15] Je parle ici d’un reniement assumé, délibéré, en pleine connaissance de la vérité.


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