Introduction
Je doute fort qu'il n'existe, dans la manière dont Dieu traite avec les hommes, un récit qui n'apporte autant de réjouissances que l'histoire de Jonas. Cette histoire est le récit de la miséricorde, la grâce de Dieu. Il y a tout d'abord la grâce envers Jonas, à qui Dieu avait confié une mission.
Même s'il s'était rebellé à l'idée de prêcher la Parole de Dieu aux habitants de Ninive, Dieu a persévéré avec Jonas pour le détourner de sa folie afin de l'amener à cette grande capitale de l'Assyrie. La miséricorde de Dieu (grâce imméritée) envers Jonas englobe la tempête, le grand poisson, la repentance de Jonas dans le ventre du poisson, sa nouvelle mission après avoir retrouvé la terre ferme.
Jonas 3 : 1-2 « Laparole de l’Éternel fut adressée à Jonas une seconde fois, en ces mots : Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et fais-y la proclamation que je te dis ! »
Parallèlement à l'histoire de la miséricorde de Dieu envers Jonas est le récit de la miséricorde de Dieu envers les marins qui naviguaient vers Tarsis. Cela démontre aussi la miséricorde de Dieu, les marins étaient païens (c'est-à-dire sans relation avec Dieu). Au début du récit, Il nous est dit dans Jonas chapitre 1 v.5 qu'au milieu de la tempête, "ils implorèrent chacun leur dieu". Mais à la fin, après avoir entendu le témoignage de Jonas et vu la fureur de la mer s'apaiser après que le prophète rebelle y fut jeté, le récit (Jonas 1 : 16) nous dit qu'ils adorèrent Dieu
Finalement, il nous est relaté la plus grande mesure de la grâce divine : celle manifestée envers les habitants de Ninive. La méchanceté de Ninive était proverbiale. Mais Dieu a utilisé la prédication de son serviteur pour amener ce grand réveil spirituel, le plus grand de l'histoire.
Jonas 3 : 5 « Les gens de Ninive crurent en Dieu ; ils proclamèrent un jeûne et se revêtirent de sacs, depuisles plus grands jusqu’aux plus petits. »
La repentance a été si grande que le roi même en a été affecté. Ainsi, Dieu a écarté le jugement prédit par Jonas. Si jamais il y eut un sujet de reconnaissance, certainement ces trois manifestations de la miséricorde de Dieu figurent un tête : celle envers Son serviteur, envers les marins, et envers les Ninivites.
REACTION DU PROPHETE : Jonas 4 : 1-3

Mais Jonas trouva cela très-mauvais, et il fut irrité
- Jonas 4.1 -
Jonas entre dans une phase nouvelle d'expériences. Il vient d'accomplir l'œuvre du Seigneur au-dehors ; Dieu a maintenant une question personnelle à régler avec lui. Il a visité Ninive ; il doit être à son tour « visité ». Jonas va manifester le triste état de son cœur. Dieu aurait pu le tenir caché, mais Il a trouvé bon de le manifester. Il veut que l'on sache bien que tout peut sembler extérieurement pur et produit par un cœur dévoué au service du Seigneur, alors que la plus grande confusion agite l'âme du serviteur.
C'est le sujet du chapitre que nous abordons. Jonas éprouve un déplaisir extrême à l'ouïe du pardon que l'Eternel vient d'accorder à Ninive et il s'en irrite.
Nous avons vu de quel succès il avait plu à Dieu de couronner la mission confiée à Jonas. Heureux prophète, service béni, s'il en fut ! Suite à sa prédication, une grande cité, humiliée a pleuré devant l'Eternel sur ses crimes et a été l'objet de la grâce divine. Cet étonnant résultat de son ministère ne devrait-il pas remplir de joie le prophète ? Nous aurions pu nous attendre à ce que Jonas saute de joie et explose en actions de grâces ! Jonas n’avait pas le moindre intérêt pour les habitants de Ninive, car il aurait dû se réjouir de leur délivrance du jugement. "Cela déplut fort à Jonas"- oui, que Dieu ne les ait pas exterminés de la face de la terre et envoyés en enfer pour toujours. Si Dieu avait détruit la ville, Jonas s'en serait probablement retourné chez lui avec réjouissance !
Mais que fait-il ? Au chapitre 4, nous trouvons Jonas plongé dans une grande déprime, de plus, il était très en colère au vu de la situation, et de ce fait en colère contre Dieu.
N'a-t-il pas récemment échappé lui-même au châtiment divin ? Ne félicitera-t-il pas Ninive d'avoir montré une repentance analogue à la sienne ? Ne louera-t-il pas, enfin, de toute son âme, Celui qui a daigné le choisir pour devenir l'instrument d'une si grande délivrance ?
Jonas n'en fait rien : il ne se réjouit pas avec les Ninivites ; il ne bénit pas l'Eternel. Au contraire, il se lamente ; il s'irrite contre Dieu. Une fois déjà, il n'avait pas trouvé la volonté du Seigneur, bonne, agréable et parfaite, et maintenant il en a encore la même appréciation !
Nous voici ramenés au côté fâcheux du caractère de Jonas ! Pourquoi tout ce dépit ? Son œil est-il méchant de ce que l'Eternel est bon ? Dieu n'a-t-il pas le droit de faire grâce à qui Il veut ? Jonas vaut-il mieux devant Dieu que Ninive ? Tant de vies ont elles si peu de prix à ses yeux ? Faudrait-il que Dieu ait la même appréciation ?
Nous avons ici dans ce chapitre 4 une série de leçons concernant la manière dont Dieu traite avec les attitudes de son prophète. Dans ces quelques versets, l'histoire fait un retour complet sur lui-même. Au commencement, il était question de deux personnes - Jonas et Dieu. Après la fuite, les marins sont entrés en scène et éventuellement les Ninivites, mais maintenant, à la conclusion de ce récit Biblique, il est de nouveau question de Dieu et de son serviteur rebelle. Il en est toujours ainsi !
Dieu confie une œuvre, une mission à ses enfants. L'œuvre en question implique d’autres personnes : témoignage, prêcher la Parole, faire des disciples, œuvrer pour Dieu dans Son Église ? mais en fin de compte, il est toujours question de chacun de nous et de notre relation personnelle avec Dieu.
C'est à savoir si, oui ou non, nous menons une vie d’obéissance envers Dieu !
La propre volonté de Jonas, fruit de son égoïsme, est la source de ses chutes et de la plupart de ses douleurs. Cet esprit-là est la source de nos péchés, et par conséquent de bien des souffrances. Le Seigneur est décidé à combattre chez les siens cette volonté et à la soumettre à Lui. D'où ces épreuves journalières, ces contretemps, ces mécomptes qui permettent à sa sagesse paternelle de dispenser les exercices nécessaires, pour briser la chair. L'issue en sera heureuse pour l'éternité.
Au reste, nous n'avons rien de mieux à faire, quand Dieu souffle en sens inverse de nos désirs et de nos projets, qu'à replier, pour ainsi dire, les voiles de notre bateau. Cessons de manœuvrer et abandonnons-nous à l'amour de Dieu. Les inspirations de notre cœur nous conduiraient infailliblement à notre perte !
Un autre trait chez Jonas, c'est l'ingratitude. Elle apparaît dans toute sa force, sitôt l'épreuve terminée. C'est une chose habituellechez les hommes. Que de choses chacun d'entre nous n'aurait-il pas à dire au sujet des bontés du Seigneur ! Que de grâces reçues, de pardons, de délivrances accordées !
Sur le moment, tout cela est plus ou moins ressenti. Il y a, dans le cœur, des vœux, de bonnes résolutions : le désir de servir Dieu fidèlement, de ne vivre désormais que pourLui et de reconnaître ainsi son amour ! Mais dès que l'obéissanceest à nouveau mise à l'épreuve, bien souvent tout est oublié !
Combien l'ingratitude est pourtant odieuse ! Elle nous blesse chez nos semblables, surtout quand nous en sommes personnellement les objets. Et si souvent nous nous en rendons coupables envers Dieu ! Nulle part, elle n'est plus répréhensible que chez les enfants de Dieu.
Si telle est notre disposition de cœur, notre prière devrait être : Seigneur, rappelle-nous par ton Esprit ce que nous étions par nature et tout ce que ton amour a fait pour nous ; réchauffe nos cœurs ingrats ; ouvre ces bouches restées silencieuses quand elles devraient éclater en actions de grâces. Que notre vie entière soit un hymne en ton honneur !
L'égoïsme, un esprit mécontent et volontaire, l'ingratitude et, pour achever ce triste tableau, à toutes ces misères, ajoutons encore l'absenced'amour. Jonas n'enavaitpaspour Ninive, et sans doute avait-il éprouvé un secret plaisir à lui annoncer le jugement du Ciel ! Quel trait fâcheux de son caractère, que nous partageons avec lui ! Que de personnes auxquelles, à certains moments, nous annoncerons volontiers la colère de Dieu sans pourtant leur parler en même temps de ses miséricordes !
Que le Seigneur veuille par son Esprit verser son amour dans notre cœur et nous enseigner à aimer notre prochain, avoir compassion des âmes perdues, loin de Dieu, autour de nous.
Quelle est notre attitude envers ceux qui périssent. Sommes-nous soucieux de leur état ? Par notre indifférence nous manifestons en fait la même attitude que Jonas. Qu'il daigne entretenir cet amour et l'alimenter de jour en jour par sa grâce ! Alors, nous serons vraiment les fils et les filles de Celui dont le nom est Amour.
Se justifier
Dans la colère de Jonas, il faut prendre note de trois éléments importants. Premièrement, Jonas tente de se justifier àses propres yeux ainsi qu'aux yeux de Dieu.





Il prial’Éternel et dit : Ah ! Éternel, n’est-ce pas ce que je disais quand j’étais encore dans mon pays ? C’est ce que je voulais prévenir en fuyant à Tarsis.
- Jonas 4.1 -
Il tentait de justifier sa propre désobéissance. Il déclare en fait : c'est la raison pourquoi j'avais refusé d'aller à Ninive, et de plus, j'avais raison.
L'application est simple. Lorsque les événements prennent une tournure autre que ce que nous désirons, nous cherchons à justifier notre position et désobéissance devant Dieu. Ce que nous devons apprendre est que nous ne sommes pas à la hauteur pour juger si le résultat est approprié ou non, et que, en plus, nous n'en sommes pas responsables. Notre responsabilité se limite à accomplir la volonté de Dieu.
Accuser Dieu
La deuxième chose que tente Jonas est plus difficile à expliquer, mais elle est facile à noter. Jonas tente d'accuser Dieu : de tourner Dieu contre Lui- même. Ou, pour être plus claire, Jonas a tenté de citer la Parole de Dieu dans son désir tordu de démontrer que lui, Jonas, avait raison, et que c'est Dieu qui s'était trompé !





Car je savais que tu es un Dieu qui fais grâce et qui es compatissant, lent à la colère et riche en bienveillance, et qui regrettes le mal.
- Jonas 4.2 -
Pensant probablement à Exode 34 : 6-7dans son argument « L’Éternel passa devant Moïse en proclamant : L’Éternel, l’Éternel, Dieu compatissant et qui fait grâce, lent à la colère, riche en bienveillance et en fidélité, qui conserve sa bienveillance jusqu’à mille générations, qui pardonne la faute, le crime et le péché, mais qui ne tient pas le coupable pour innocent, et qui punit la faute des pères sur les fils et sur les petits-fils jusqu’à la troisième et à la quatrième génération !
Maintenant Seigneur, n'est pas cela que tu as dit ? Et puisque tu l'as dit, pourquoi m'as-tu envoyé à Ninive avec un message dont tu n'avais nullement l'intention d'accomplir ? N'est-il pas vrai que moi, Jonas, je suis au moins intègre mais que toi, Seigneur, tu es rempli de duplicité ?
Je trouve cela effrayant ! Effrayant en lui-même, mais également effrayant en vue du parallèle qui peut être fait.
Quel est le plus flagrant des délits commis en tentant de tourner la parole de Dieu contre Dieu ?
C'est lorsque Satan tente Jésus dans le désert en citant lui-même les Écritures.
Jésus répond à la première tentation en citant les Écritures, mais Satan réplique en citant le Psaume 91 : 11« Car il donnera pour toi des ordres à ses anges Pour te garder dans toutes tes voies ; Ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre. »
Une citation des Écritures, mais utilisée dans un but maléfique : de justifier le mal et de démontrer que la voie tracée du Seigneur n'était pas la bonne voie. C'est ce que Jonas tente de faire également.
En cherchant à se justifier et de prouver à Dieu qu'Il se trompe, Jonas prend sa place en tant que progéniture spirituelle de Satan. Le danger pour le chrétien est le même. Lorsque nous lisons la Bible en cherchant de trouver des versets et passages qui justifient notre comportement, ou qui confortent notre supériorité d'opinion sur tel ou tel sujet ou litige, nous nous trompons nous mêmes et nous sommes en danger, sur une pente glissante.
Cependant, lorsque nous lisons la Bible et trouvons les passages qui exposent notre péché, nous aidant à nous rapprocher de Dieu pour être pardonné et purifié de toute iniquité, alors nous sommes sur la bonne voie.
Ce que la Parole de Dieu nous enseigne concernant nous-mêmes est que nous ne sommes pas justes, et que nous n'avons aucun moyen de nous justifier nous- mêmes, aucun argument valable devant Dieu, que nous n'avons aucun droit de condamner ou de juger les autres en nous croyant plus justes qu'eux, et que dans notre détresse extrême, seule un acte de compassion et de miséricorde divine peut nous sauver.
Souhait de Mort : Jonah 4:3
Jonas, dans sa colère, commet une autre erreur ... et c'est presque comique : il demande la mort pour la deuxième fois ! Lorsque Dieu l'avait arrêté dans sa fuite par la grande tempête, Jonas pensait qu'il serait mieux pour lui de mourir plutôt que d'obéir.
Il avait donc demandé aux marins de le balancer par-dessus bord vers une mort certaine. Maintenant, ayant obéi, il est toujours mécontent et déclare une nouvelle fois qu'il préfère mourir en en finir une fois pour toutes.
C'est un avertissement pour nous : il nous est possible d'obéir à Dieu, mais avec un tel degré de mauvaise volonté et de colère que cela ne vaut pas mieux que la désobéissance.
Le problème de Jonas
A ce point du récit, il nous faut poser la question : mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi, Jonas ?
Il devrait être réjouit, mais il est malheureux. Il a été l'instrument essentiel dans les mains de Dieu pour que des millions de personnes viennent à Dieu dans la repentance et la foi, à la connaissance du Dieu véritable, à la naissance et la vie spirituelle éternelle, mais lui, il préfère la mort.
Il déclarait connaître le Dieu miséricordieux, en bénéficiant lui-même de la grâce de Dieu lors de sa mésaventure, mais il en veut à Dieu justement pour cela et aurait souhaité la colère et le jugement pour Ninive.
Manque de soumission
La première chose qu'il faut noter c’est que chez Jonas, il toujours beaucoup de mal à se soumettre à la volonté de Dieu. S'opposant à cette volonté divine, il avait fui. Dieu l'a arrêté dans sa fuite, l'amenant à se plier, contre son gré, à son plan pour lui.
Jonas avait même expérimenté les merveilles de la grâce de Dieu dans le ventre du poisson et s'était repenti de son péché. En dépit de cela, il s'avère que l'attitude de Jonas n'a pas changé.
Il rechignait à l'idée de voir les habitants de Ninive épargnés et en voulait à Dieu pour la miséricorde manifestée envers eux. Malheureusement, certains enfants de Dieu chrétiens vivent dans les mêmes dispositions que Jonas.
Même en ayant l'apparence d'obéir à Dieu, ils vivent comme bon leur semble, vivant d'une manière qu'ils estiment approprié pour un chrétien. Mais au fond du cœur, secrètement, il y a rancœur et colère envers Dieu à cause de ses exigences et de sa volonté.
Tout enfant de Dieu qui n’est pas soumis volontairement à la volonté de Dieu ...et bien, il devient dépressif, malheureux, et triste …et cela se voit et se ressent !
Oublieux de la Grace de Dieu
Deuxièmement, Jonas avait oublié la faveur de la grâce de Dieu envers lui.
Nous dirions peut-être : comment se fait-il que Jonas, lui, ait pu oublier aussi rapidement la grâce de Dieu à son égard ?
Jonas était celui qui aurait dû périr misérablement dans les profondeurs de la mer. Il avait rejeté la Seigneurie de Dieu. Il aurait été logique et équitable que Dieu le rejette. Mais Dieu a prouvé sa grande miséricorde envers lui en le conduisant à la repentance, le sauvant d'une mort certaine, et en lui confiant la mission une seconde fois.
Sa mémoire est de courte durée. Jonas avait oublié la miséricorde de Dieu, donc il était très peu disposé à apprécier la manifestation de la miséricorde de Dieu envers d'autres.
Nous devons nous souvenir de cette leçon. Lorsque nous nous trouvons à nous demander pourquoi Dieu ne juge pas telle ou telle personnes pour leur péché et méfait, nous oublions ce que nous étions autrefois et que nous ne serions pas où nous en sommes si la grâce de Dieu n'avait pas été si grande envers nous !
Méconnaissance de Dieu
La troisième raison pour laquellei Jonas était en colère c'est qu'il ne connaissait pas Dieu aussi bien qu'il le pensait ! Sans aucun doute, il était fier de sa connaissance de Dieu. Jonas 1 : 9 « Jesuis hébreu et je crains l’Éternel, le Dieu des cieux. »
Il était hébreu, et après tout, ce sont les hébreux, le peuple choisi par Dieu, qui a reçu une révélation précise de Dieu. Les hébreux détenaient la loi de Moise et le récit des tractations de Dieu avec les hommes. Et en plus Jonas était prophète, ayant étudié la Loi, et il était le porte-parole de Dieu.
Si quelqu'un connaissait Dieu, c’était bien son prophète.
Mais le connaissait-il vraiment ? Certes, il connaissait beaucoup au sujet de Dieu, il est vrai, mais pas assez pour être affligé au sujet du péché comme Dieu l'est, pas assez pour se réjouir de la repentance d'un pécheur comme Dieu le fait.
Illustration frappante : Image du frère ainé dans la parabole du fils prodigue qui boude dans son coin, fâché avec son père, peu soucieux de la repentance, le retour et le bien-être de son frère cadet.
trois questions
N'ayant pas compris la miséricorde de Dieu, le Seigneur s'emploie à le lui enseigner dans les derniers versets de ce récit.
Il le fait en forme de questions. Dieu aime poser des questions parce qu'elles nous aident, nous pêcheurs, à voir la condition réelle de nos cœurs
- Verset 4 « L’Éternel répondit : Fais-tu bien de te fâcher ? »
- Verset 9 « Dieu dit à Jonas : Fais-tu bien de te fâcher à cause du ricin ? »
- Verset 11 « Et moi, je n’aurais pas pitié de Ninive, la grande ville ? »
Fais-tu bien de t'irriter / te fâcher ?
Dieu avait justement châtié Jonas lors de sa première révolte. Néanmoins Il avait eu pitié de lui, Il l'avait délivré, en lui multipliant les témoignages de sa bonté. Mais Jonas à nouveau se révolte ! L'Eternel va-t-il le briser ? Il ne lui fait pas de reproche. Il lui parle avec amour, comme un tendre père le fait envers un enfant obstiné pour le ramener dans le droit chemin.
« Fais-tu bien de t'irriter ? », lui demande-t-il. Quelle bonté compatissante dans ce doux reproche !
Dieu a daigné prêter l'oreille à la « prière » de Jonas ; Il fait grâce à ce téméraire. Il ne le retire pas de ce monde, au moment où Jonas était si peu en état de le quitter ! Nous mesurons un peu la grandeur de la grâce qui a surabondé, là où l'offense abondait.
La bonté de Dieu est souveraine : Il choisit librement ceux qui vont en être les objets comme le Seigneur le dit à Moïse « Je crierai le Nom de l'Eternel devant toi ; je ferai grâce à qui je ferai grâce et j'aurai compassion de qui j'aurai compassion » (Exode 33 : 19). Toute la Bible contient des témoignages de cette souveraineté de Dieu.
Que signifie cette première question ?
C'est un défi lancé à Jonas afin qu’il discerne lequel des deux à raison : le prophète en colère ou bien le Dieu grand et saint. C'est comme si Dieu lui disait : "Jonas, nous regardons tous deux la même situation mais de deux manières différentes. Moi, la situation me plait. Toi, tu elle te déplait et tu es en colère. »
Lequel de nous deux possède une juste perspective sur la chose ?
Lorsque Dieu nous pose la même question dans une quelconque situation, nous devons reconnaitre que, en dépit de nos pensées ou sentiments, que c'est Dieu qui a toujours raison, pas nous ! Romains 3 : 4 déclare : "Que Dieu, au contraire, soit reconnu pour vrai, et tout homme pour menteur" !
Jonas ne voyait pas les choses sous cet angle. Il n'a pas confessé son erreur. Non...il se met encore plus en colère et quitte la ville.
Jonas 4 : 5 « Jonas sortit de la ville et s’assit à l’est de la ville. Là il se fit une hutte et s’assit dessous, à l’ombre. »
Il se rend donc sur les hauteurs surplombant la ville, se construire une petite cabane, et pour s'asseoir et attendre pour voir si Dieu n'allait pas, après tout, détruire la méchante ville, comme il l’avait annoncé. Pour lui, la promesse de Dieu de détruire Ninive lui semblait être d'une importance capitale.
Et c’est là qu’il commet trois erreurs :
- Il abandonne. Il abandonne sa mission à Ninive bien qu'il n'ait pas reçu l'ordre de le faire. Il aurait dû rester dans la ville pour leur enseigner tout le conseil de Dieu. Mais il a choisi de quitter la ville.
De la même manière, nombreux sont les enfants de Dieu qui abandonnent l'œuvre que Dieu leur a confié parce que Dieu n'agit pas selon leurs attentes ou selon leur agenda.
Nous avons été sauvés pour servir, atteindre un monde perdu avec la Bonne Nouvelle, de nous édifier dans la foi et d'affermir les frères et sœurs en Christ.
Mais voilà, parce que cela demande des sacrifices et que c'est parfois difficile, on préfère s'atteler à d'autres tâches - construire notre petite cabane, songer à notre petit confort personnel...tout en abandonnant l'œuvre que Dieu nous a confié. Nous n'en avons pas le droit !
- Il se fait une cabane. Il se créé son petit domaine à l'ombre ou il serait en paix selon ses dires et souhaits. Il lance un mouvement "séparatiste", proclamant son indépendance parce qu'il n'aime pas les Ninivites.
- La troisième erreur de Jonas c'est qu'il devient "spectateur : verset 5 « afin de voir ce qui arriverait dans la ville. »
Jonas n'était pas appelé par Dieu pour être un spectateur, pas plus que le chrétien n’est appelé pour être un spectateur des maux et mauvaises fortunes du monde aujourd'hui.
Jonas, et nous-mêmes, avons été appelés pour nous identifier avec ceux de notre génération et de les aider à trouver Dieu, sa grâce, sa miséricorde, son pardon, sa paix, son amour !
Jonas ne voyait toujours pas les choses selon la perspective de Dieu, mais le Seigneur n'abandonne pas ses efforts de changer Jonas. Dieu a une seconde question pour lui, mais avant de la lui poser, il accompli quelque chose pour préparer le cœur de Jonas pour recevoir le message.
Jonas 5 : 6 « L’Éternel Dieu fit intervenir un ricin, qui s’éleva au-dessus de Jonas, pour donner de l’ombre sur sa tête et pour lui ôter sa mauvaise humeur. »
La position de Jonas est devenue intenable. Dieu le voit et Il fait croître et monter au-dessus de la cabane du prophète un ricin pour l'ombrager et le délivrer de sa misère. Jonas en conçoit une vive joie. Il vient de dire que Dieu est « grand en bonté » (verset 2), et maintenant il en reçoit une nouvelle manifestation (verset 6).
Kikajon: c'est le mot de l'original hébreu. De quelle plante s'agit-il ? C'était apparemment une plante légère, au feuillage abondant, propre à donner un frais ombrage après s'être élevé rapidement à la hauteur d'un petit arbre.
L'Eternel fait donc germer en une nuit cet arbuste bienfaisant destiné à soulager le prophète.Jonas 5 :6« Jonas éprouva une grande joie à cause de ce ricin. »
N'est-ce pas remarquable ? Jonas éprouve une grande joie. Pour la première fois dans ce livre, Jonas est heureux pour quelque chose ! Il n'a pas aimé la mission qui lui a été confié ; il n'a pas bien accueilli la tempête. Il n'a pas apprécié le séjour dans le ventre du poisson. Il n'a pas été très réjoui avec la seconde mission, pas du tout heureux avec la tournure des événements à Ninive : la repentance de toute la ville.
Rien ne lui plaisait, mais soudainement, "Il éprouva une grande joie" !
Pourquoi donc ? La réponse est somme toute assez simple : Jonas était heureux parce que, après toute la grande compassion et miséricorde de Dieu envers les autres (lui-même inclus), Dieu accomplissait finalement quelque chose rien que pour lui. Égoïste ? Certainement. Une trivialité ?
Bien sûr, car un ricin n'est rien en comparaison de la conversion de toute la population d’une grande ville.
Mais que fait Dieu ensuite ?Jonas 4 : 7-8 « Au lever du soleil, Dieu fit intervenir un vent d’est étouffant, et le soleil s’attaqua à la tête de Jonas, au point qu’il tomba en défaillance. Il demanda la mort et dit : La mort m’est préférable à la vie. Dieu dit à Jonas : Fais-tu bien de te fâcher à cause du ricin ? »
Fais tu bien de te fâcher à cause du Ricin ?
La seconde question est posée. La première était destinée à bien démontrer qui avait raison, Dieu, et qui avait tort,Jonas. La deuxième question expose la mesquinerie de Jonas, car sa colère s'était enflammée d'abord envers Dieu, mais maintenant il s'en prend à un petit ver.
C'est ce qu'il nous arrive aussi par moment ! Nous commençons à nous mettre en colère à cause de choses importantes, pour ensuite sombrer dans la colère pour des petites choses de rien du tout ! Nous sommes d'abord en colère contre Dieu.
Ensuite nous exprimons cette colère face aux grandes circonstances de la vie, puis envers les petites circonstances déplaisantes, les irritations mesquines du moment. Finalement, un matin, on explose de colère lorsqu'on casse un simple petit lacet de chaussure.
Dieu dit à Jonas : Regardes bien où cela te mène ! Est-ce bien de faire cela Jonas ? Est-ce là la meilleure façon de vivre ? Passeras-tu ta vie à te mettre en colère pour des babioles (une plante desséchée) juste parce que cela vient nuire à ton confort ?
Et Moi, je n'aurais pas pitié ?





Et l’Éternel dit : Toi tu as pitié du ricin qui ne t’a coûté aucune peine et que tu n’as pas fait grandir, qui est né dans une nuit et qui a péri dans une nuit. Et moi, je n’aurais pas pitié de Ninive, la grande ville, dans laquelle se trouvent plus de cent vingt mille êtres humains qui ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche, et des bêtes en grand nombre !
- Jonas 4.10 -
C'est sur cette dernière question du Seigneur que s'achève le récit de ce livre. Jonas aurait voulu que ce faible arbuste survive - cette plante chétive, qu'une nuit avait vu naître, et la nuit suivante s'évanouir. Dieu ne devait-Il pas épargner cette vaste métropole où tant d'hommes vivaient ? Le Créateur n'aurait-il pas compassion de tant d'âmes immortelles dont une seule valait bien plus que tous les ricins. Tous les gains dans ce monde ne compenseraient pas la perte d'une seule de ces âmes !
Jonas avait été attristé pour la mort du ricin. Dieu ne lui parle pas de la population adulte de la grande ville de Ninive, qui méritait le jugement pour leur péché et méchanceté que Jonas voulait à tout prix voir tomber sur eux. Dieu évoque le bétail innocent, et les plus petits enfants – 120 000 - désignés comme ceux qui ne peuvent pas encore discerner entre leur main droite et celle de gauche.
Ne suis-je pas juste de montrer ma miséricorde envers eux au moins, sinon pour la population entière ?
conclusion
Le récit s'achève sur cette question à laquelle il n'y a pas de réponse donnée. Ce n'est pas une erreur ni un oubli. C'est voulu afin que chacun de nous, nous nous posions les mêmes questions :
Dieu n'est-il pas juste ? N'a-t-il pas raison ?
N'est-il pas grand justement à cause du fait qu'il manifeste sa miséricorde ?
Les leçons de ce livre sont multiples. Il y a les leçons concernant Jonas - nous qui fuyons souvent devant nos responsabilités et que Dieu doit ramener dans sa voie par la discipline.
Il y a les leçons qui concernent Ninive et la vraie signification de la repentance.
Puis il y a les leçons concernant la souveraineté de Dieu sur les hommes et la nature. Mais la plus grande de toutes les leçons est celle de la grandeur de la miséricorde de Dieu. Quelle en est sa largeur ? La vraie mesure de la largeur de la miséricorde de Dieu est celle des bras étendus de notre Sauveur Jésus- Christ sur la croix où il est mort pour nos péchés. C'est là l'étendue, la largeur, la grandeur de la miséricorde de Dieu. C'est jusqu'à là que s'étend l'amour de Dieu.
Comment pouvons-nous donc, nous qui sommes au bénéfice de cette miséricorde, être moins miséricordieux envers nos semblables ? Comment pouvons-nous faire moins que de les aimer et de leur apporter le message d'espérance de pardon et de réconciliation de la part de Dieu avec toute notre ardeur, zèle et courage ?