Introduction
Quelle est la première pensée qui vous vient à l’esprit en entendant le nom de Jonas ?
C'est effectivement par l'épisode du grand poisson que l'histoire de Jonas est bien connue. Le livre du prophète Jonas contient 48 versets. 3 versets sur 48 décrivent le grand poisson, alors que 31 versets sur 48 nous révèlent 22 facettes du caractère de Dieu. Certains se concentrent tellement sur le grand poisson qu’ils ne voient pas le grand Dieu.
De plus, beaucoup de personnes sont persuadés qu'il s'agit là d'une légende. Remarquez, beaucoup tenaient également Ninive pour une ville légendaire jusqu'à ce que les fouilles archéologiques à Mossoul prouvent qu'une fois de plus la véracité de la Bible.
ILLUSTRATION :
Jeune femme prenant le train lit sa Bible. Homme d’affaires agnostique vient s’asseoir en face et voyant cette femme plongée dans la lecture de la Bible, il ne peut s’empêcher avec un ton moqueur de lui poser une question :
« Croyez-vous en chaque parole de ce livre ? »
« Mais, certainement », répond la femme.
« Vous croyez donc que Jonas a été avalé par une baleine puis que cette baleine l’a vomi sur la terre ferme ? »
« Bien sûr que je le crois », répond la femme.
« Comment expliquez-vous cela ? » lui demande l’homme.
« Je ne sais pas vraiment l’expliquer, mais quand j’irai au ciel, je demanderai à Jonas de me l’expliquer ».
« Et s’il n’est pas là ? » rétorque l’homme sceptique.
« Alors, ce sera à vous de lui demander » répond la femme.
Le récit biblique ne dit pas que ce grand poisson était une baleine comme le représente l'image populaire. On connaît des cas réels de cachalots ayant avalé un homme entier qu'on a récupéré ensuite dans l'estomac du monstre. De plus, ce récit ne nous parle pas d'une histoire naturelle, mais d'une histoire surnaturelle où Dieu intervient spécialement. Si on admet que Dieu existe et que rien ne lui est impossible, il est inexcusable de tenir l'histoire de Jonas pour une légende.
De toute la grande bibliothèque de l’Ancien Testament, ce livre est le fin sourire de Dieu. C’est presque toujours quand la situation est très critique, insurmontable à vue humaine, quand on pense que tout est fini que survient ce fin sourire de Dieu qui nous interpelle : « qu’est-ce que vous croyez ? Rien n’est fini…tout est possible ! »
Tout ce livre baigne dans le surnaturel, le miraculeux, pas juste le grand poisson qui avale son homme et qui le garde à genou jusqu’à ce qu’il se repente. La tempête n’est pas normale, elle a une cause surnaturelle que les mariniers reconnaissent immédiatement. Le miracle que le grand poisson soit préparé bien à l’avance par Dieu pour sauver Jonas de la noyade. Et ce qu’il y a de plus surprenant c’est que Dieu parle à ce grand poisson, qui, frappé par le mal de mer, vomit le prophète sur la terre ferme. Mais le plus grand miracle c’est la repentance devant Dieu de tous les habitants de Ninive, du plus grand au plus petit.
Puis vient la croissance surnaturelle en une seule nuit du ricin (Hébreu qiqayon– kikajon) Une plante originaire de l’Afrique dotée de très grandes feuilles et qui atteint une hauteur de 2 ½ -3 m. Souffle ensuite un vent chaud de l’orient, alors que le vent chaud au moyen orient provient normalement du sud ou du sud-ouest. Et finalement Dieu prépare un ver qui tue le ricin en une nuit.
Mais au-delà du miraculeux, ce livre nous révèle la grâce et miséricorde de Dieu. D’abord envers les habitants de Ninive, ce qui provoque l’indifférence puis l’irritation du prophète Jonas. Puis Dieu montre sa grâce et miséricorde envers Jonas, bien que par son attitude il ne le méritait pas. Ensuite Dieu montre sa grâce envers les mariniers idolâtres en calmant la tempête meurtrière.
Enfin, ce livre nous révèle surtout la volonté souveraine de Dieu en opposition à la volonté humaine. La question essentielle que pose ce livre n’est pas comment un poisson peut avaler un homme, mais la suivante : « Face à la volonté de Dieu de sauver les âmes perdues surgit la grande difficulté de trouver des hommes et des femmes qui se réjouissent avec Dieu dans la certitude qu’il y parviendra ».
Ce livre prophétique nous oriente vers Jésus-Christ, vers sa mort et sa résurrection – son œuvre de rédemption pour l’humanité. Matthieu 12 : 39-41 et Luc 11 : 29-32 Alors quelques-uns des scribes et des pharisiens prirent la parole, et dirent : Maître, nous voudrions te voir faire un miracle. Il leur répondit : Une génération méchante et adultère demande un miracle ; il ne lui sera donné d’autre miracle que celui du prophète Jonas. Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. De même que Jonas fut un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l’homme en sera un pour cette génération.
N’oublions pas que Jésus est le seul qui, sur notre terre, ait vraiment voulu se réjouir avec son Père du salut de tous.
Jonas, lui, est un personnage qui représente chaque enfant de Dieu – avec toutes nos réticences, nos révoltes, notre mauvaise volonté, nos mauvais sauts d’humeur…tous nos refus : « Non, Seigneur » ! Ainsi, ce qui importe n’est pas de savoir comment Jonas ai pu survivre dans le ventre d’un poisson, mais plutôt de savoir si l’esprit de Jonas (sa disposition de cœur) demeure en nous.
Dieu veut accomplir une œuvre qui nous époustouflera, ainsi que le monde qui nous entoure. C’est pour cette raison qu’il désir que nous abandonnions notre attitude rebelle, que nous cessions de nous efforcer d’accomplir son œuvre selon notre volonté.
Voici le défi :
C’est à chacun de nous de répondre à son appel en nous soumettant à sa Parole. C’est à nous de reconnaître la futilité de tenter de nous dérober de notre responsabilité en tant que porte-paroles de Dieu, de la futilité d’apaiser la colère de Dieu par notre sacrifice mais de simplement lui confesser notre indigence et incapacité, de le remercier pour sa délivrance et sa direction, de croire en sa grâce et sa miséricorde envers tous et de le proclamer haut et fort en tant que témoins vivants. Puis de nous réjouir de sa bonté, de sa compassion, de son amour pour toutes les âmes perdues.
LA VOLONTE REVELEE DE DIEU (Jonas 1 : 1-2)

La parole de l’Eternel fut adressée à Jonas, fils d’Amitthaï, en ces mots(…)
- Jonas 1.1 -
Jonas signifie : Colombe, qui nous parle de vérité, de pureté, de simplicité, d’humilité, de douceur.
Le père de Jonas s’appelait Amitthaï qui signifie : « véridique ».
Avec de telles significations, Jonas aurait dû être un homme d’une autre carrure spirituelle. Comme quoi, le nom peut avoir la plus belle signification spirituelle, si le cœur n’est pas changé, ce n’est pas le nom qui changera quelque chose.
Pour plusieurs, la signification spirituelle de leur nom a été une réalité, une véracité dont on parle encore aujourd’hui, et qui demeure une source de bénédiction, malgré qu’ils soient morts, parce que leurs cœurs étaient tout entier pour Dieu et qu’ils lui ont été fidèles jusqu’au bout.
Ainsi, la parole de Salomon reste et demeure d’actualité, quand il dit dans le livre des Proverbes : « La mémoire ou le souvenir du juste est en bénédiction, mais le nom des méchants tombe en pourriture ».
Psaume 112 : 6 : « Car il ne chancellera jamais ; le souvenir du juste dure toujours. » Mais il n'en est pas de même du méchant, sa mémoire disparaît à toujours.
A la lumière de la signification du nom, tant de Jonas, que de son père Amitthaï, nous pouvons voir ce que le Seigneur peut désirer de tous ceux qu’il appelle, qu’ils soient vrais, purs, simples (et non simplistes), qu’ils soient dans une attitude d’humilité et de douceur.
De même que Jésus pouvait déclarer qu’il était doux et humble de cœur, de même le Seigneur attend de nous que nous exercions notre service ou le ministère de la Parole, avec douceur, humilité et vérité.
Le prophète Jonas vivait à l'époque du Premier Temple. Sa première mission, confiée par Elie, le plus célèbre des prophètes de l’époque (en l’an 705 avant notre ère), fut d’aller oindre Jéhu roi d’Israël. C’était une époque troublée. Le peuple juif vivait un déclin spirituel qui entraina la conquête des Assyriens et l’expulsion des 10 tribus. En l’an 607 avant notre ère, Jérusalem fut détruite, et ce fut le début de 70 années d'exil.
En tant que prophète, Jonas connaissait mieux que quiconque l’issue inévitable de cette décadence, si aucun changement drastique n’était opéré. Après l'échec de sa deuxième mission, qui était de réprimander Jéroboam II, successeur de Jéhu, une troisième et dernière mission lui est confiée.






Lève-toi, va à Ninive, la grande ville et crie contre elle !
- Jonas 1.2 -
« Lève-toi » : un appel précis suivie d’une tâche bien définie. Lorsque Dieu ordonne, il fait appel à un acte de volonté de notre part de nous mobiliser pour l’action immédiate qu’il exige. Voici désormais Jonas délégué pour venir au secours des ennemis jurés d'Israël et cela ne le réjouit aucunement !
Cette mission, bien que divine, lui parait inacceptable : Dieu lui demandait de se rendre à Ninive, capitale de l'Assyrie, pour exhorter la population non juive à se repentir. Quelle étrange mission ! Son propre peuple était en décadence, se dirigeait tout droit vers un abîme sans fin, et voici qu’il était envoyé pour venir au secours d’étrangers qui, de surcroît, étaient les ennemis jurés d'Israël !
Jonas redoutait davantage le succès de cette mission qu’il n’en redoutait l’échec. Comment pourrait-il supporter de voir, d’un côté, des Assyriens revenir vers Dieu par l’effet de ses remontrances, et de l’autre, des Juifs obstinés, refusant l’opportunité de remonter spirituellement la pente. Incapable de confronter cette douloureuse contradiction, Jonas va tenter d'échapper à son destin. S’étant volontairement déconnecté de Dieu, il n’avait plus rien à Lui demander.
Jonas est un homme sympathique, seulement je crois qu’il représente un type de maladie à virus. Beaucoup de gens sont aujourd’hui atteints par la « jonasite chronique » : c’est la maladie de Jonas. C’est la maladie du mal être, le mal du siècle. Il existe des hommes qui ont le mal de vivre et Jonas, dans le chapitre 1, nous montre ce qu’est un homme qui a le mal de vivre. C’est plus terrible que le mal de mer, ça n’a rien à voir avec le mal de l’air et pourtant chers amis, c’est quelque chose d’affreux et de pénible que d’être atteint de ce mal là.
Jonas a entendu que sa place à lui, était réservée à Ninive. Ninive, c’est un coupe-gorge. A l’époque, on appelait ses habitants « les grands pécheurs de l’Eternel ».
Aujourd’hui, on dirait, « les grands évolués ». C’est le coin où on risque de faire de mauvaises rencontres, et je comprends que Jonas ait dit à Dieu : « Ah ! non, jamais là-dedans, Seigneur ! » N’avons-nous pas parfois le sentiment que nous sommes venus sur la terre, et que Dieu nous impose une vie que nous ne voulons pas, et que d’ailleurs nous refusons. Nous avons l’impression de vivre un peu tous les jours dans un Ninive, une ville qui est faite de jungle, de violence, de haine, de colère, de douleurs, de chagrins, de larmes et on pense au fond de notre cœur que nous ne sommes pas faits pour cette vie-là. Et effectivement, nous ne sommes pas faits pour une vie de jungle. Ni vous ni moi, n’avons été créés par Dieu physiquement, psychiquement, psychologiquement et spirituellement pour subir la vie de Ninive.






Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle ! car sa méchanceté est montée jusqu’à moi.
- Jonas 1.2 -
L'actualité attire régulièrement nos regards vers les pays bibliques, des pays qui autrefois occupaient le premier rang de la scène du monde et qui maintenant, après des millénaires, sont de nouveau au centre des préoccupations.
L'Irak, c'est l'ancienne Assyrie dont il et si souvent question dans la Bible. Avant Bagdad sa capitale était la fameuse Babylone, dont on peut visiter aujourd'hui les ruines à quelques dizaines de kilomètres seulement de la ville. Encore plus en arrière dans le temps, avant Babylone, la première ville d'Assyrie était Ninive, la ville dont il est question dans l'histoire de Jonas. Ninive (la ville de Mossoul actuelle) se situait sur le fleuve Tigre, à peu près à 500 km au nord-ouest de l'actuelle Bagdad. C'était une ville exceptionnelle, d'une part par sa taille : la Bible l'appelle "la grande ville." Il fallait trois jours de marche pour la parcourir, ses hauts remparts n'entouraient pas que des maisons, mais aussi des champs, des jardins, des étables, tout ce qu'il lui fallait pour vivre de manière indépendante du reste du monde.
Cette description fait paraître Ninive une ville d'une telle importance que Voltaire, qui se moquait de tout et surtout de la Bible, a prétendu que Ninive n'avait jamais existé. Selon lui il était impossible qu'une ville si immense puisse disparaître sans laisser de traces. Vers le milieu du 19ème siècle, un anglais a retrouvé le site de Ninive et à partir de là les fouilles archéologiques ont entièrement confirmé la Bible. Elles ont montré notamment que Ninive s'étendait sur une centaine de kilomètres, ce qui correspond bien à trois jours de marche. Un détail seulement pour donner une idée du développement auquel était parvenu Ninive : on y a retrouvé une prodigieuse bibliothèque constituée de milliers de tablettes d'argile couvertes d'écriture cunéiforme. Dans cette bibliothèque on a également retrouvé de grosses boules de verre qui servaient de loupes pour lire sans fatigue des micro-tablettes. Une technique comparable à celles de nos microfilms pour faciliter les problèmes de documentation !
Mais Ninive était également une ville exceptionnelle par sa méchanceté. Dans le livre du prophète Nahum Ninive est appelée "la ville sanguinaire, pleine de mensonge, pleine de violence. " Ninive était perpétuellement en guerre avec les villes et les pays voisins dans le but de s'enrichir, d'accumuler des trésors à l'intérieur de ses murailles. Ici encore l'archéologie a confirmé pleinement l'épithète de ville sanguinaire que lui donne la Bible. Les nombreux prisonniers qu'elles capturaient pendant ses expéditions avaient les mains et les pieds tranchés, les yeux crevés, leurs têtes ensuite étaient entassées en pyramides, comme cela est arrivé au Cambodge dans notre génération.
De cette évocation de Ninive, la grande ville, ce qui doit nous frapper c'est précisément cette ressemblance avec la situation générale du monde moderne 3000 ans après. Les deux traits principaux de Ninive s'y retrouvent à une échelle mondiale. Un développement extraordinaire, une technique prodigieuse, mais en même temps une cruauté sans mesure, des guerres sans fin, une cupidité que rien ne peut satisfaire. Ninive est une image du monde, d'un monde qui vit sans se soucier de Dieu, livré à ses passions et ses péchés.
Dieu laisse faire pour un temps ; le moment qu'il a choisi pour intervenir ouvertement n'est pas encore venu, mais en attendant, il ne reste pas indifférent envers ce monde. Il ne l'était pas envers Ninive car il va y envoyer le prophète Jonas.
Par sa méchanceté Ninive s'était accumulé un trésor de colère, elle était au bord du jugement et de la perdition. Jonas a été la solution préparée longtemps à l'avance par Dieu, le messager qu'il lui fallait absolument écouter si elle voulait éviter une fin subite. Dieu se soucie de la condition spirituelle de chaque être humain. Il aime tout homme, tout peuple et il juge le péché et toute méchanceté. Pour ceux qui se repentent, il répand sa grâce et son pardon. Ainsi, Dieu désir et cherche des témoins disposés à dénoncer le péché et proclamer sa Parole.
Sommes-nous prêts et disposés à le faire, ou préférons-nous rester dans notre zone de confort ou bien résister à la volonté de Dieu pour notre vie ?
Jonas, lui, n’a pas du tout l’intention d’aller là où Dieu l’envoie. Il n’accepte pas les plans de Dieu pour lui. Il s’oppose à ce que Dieu désire pour lui : Cela le rend malade, et que voyons-nous ? Nous voyons Jonas fuir. On a l’impression que tout accable cet homme.
Peut-être Jonas veut il fuir à cause de la fatigue ? Il veut partir là où il le désire. Tout l’accable, tout l’agite, tout pèse sur lui : Dieu l’accable, la religion, les autres et les circonstances l’accablent. Au lieu de lui donner la force de vivre, la religion lui donne le goût de mourir. C’est incroyable, et c’est pourtant vrai !
La rebellion de JOnas (jonas 1.3)






Alors Jonas se leva pour s’enfuir à Tarsis, loin de la face de l’Éternel.
- Jonas 1.3 -
La parole du Seigneur est parvenue à son prophète... Mais dès le verset 3 tout bascule. Alors qu'habituellement le prophète se lève, obéissant, et accomplit la mission que lui confie le Seigneur, Jonas, lui, se lève, certes... mais pour s'enfuir ! Le Seigneur lui demande d'aller à l'est, il cherche un bateau pour aller à l'ouest, le plus loin possible...de Ninive.
Pourquoi moi ? Dès que l’on commence à évoquer le témoignage, ce sont toujours les mêmes arguments qui sortent : « Moi je me méfie du prosélytisme ! Je préfère témoigner par l’exemple et le silence. » « Tout le monde n’est pas fait pour annoncer l’Evangile ! Il faut laisser cela aux spécialistes. » « Ma foi est trop faible - je n’oserai jamais parler de Dieu aux autres. » Bref, nous fuyons.
Les raisons de la fuite de Jonas ne sont pas exprimées ici. La suite du récit nous l'apprendra. Mais il est clair que le prophète ne veut pas aller à Ninive, capitale de l'Assyrie, empire dominant et redoutable.
Mais Jonas connaît le Seigneur, il ne s'imagine pas une seconde, pouvoir échapper au Seigneur ! Il sait parfaitement que ce n'est pas en fuyant de l'autre côté de la grande Mer qu'il échappera à Dieu.
Psaume 139 : 6-10 « Où irais-je loin de ton Esprit Et où fuirais-je loin de ta face ? Si je monte aux cieux, tu y es ; Si je me couche au séjour des morts, t’y voilà. Si je prends les ailes de l’aurore, Et que j’aille demeurer au-delà de la mer, Là aussi ta main me conduira, Et ta droite me saisira. »
En réalité, sa fuite est un acte de rébellion ouvert. Une façon de montrer au Seigneur qu'il ne veut pas lui obéir. Que le Seigneur trouve quelqu'un d'autre ! Il y a bien d'autres prophètes...sa seule action est de s’éloigner le plus possible de Ninive, rendant impossible son déplacement à Ninive, alors peut être que Dieu le laisserait tranquille et qu’il trouvera un autre prophète pour remplir cette mission.
Sans aller jusqu'à la rébellion, n'avons-nous jamais dit au Seigneur : « trouve quelqu'un d'autre ! » ? Pour différentes raisons : parce qu'on se sent incapable, parce qu'on n'en a pas envie, parce qu'on pense que d'autres le feront bien mieux que nous, parce qu'on a d'autres projets...
Mais si le Seigneur nous demande quelque chose, ce n'est pas parce qu'on est meilleur que les autres ou parfaitement équipé pour le faire. C'est parce qu'Il veut le faire en nous et à travers nous. C'est sa grâce qui appelle...
Dire non à Dieu, de façon courageuse et brutale ou de manière doucereuse et tiède, c’est de tenter de s’enfuir vers Tarsis, - loin de la face de l’Eternel. Fuir Dieu,c’est oublié son omniscience, à savoir que sa présence remplie le ciel et la terre et que son regard est perceptible partout.






Il descendit à Jaffa et trouva un navire qui allait à Tarsis ; il paya le prix du transport et s’embarqua avec les gens pour aller à Tarsis, loin de la face de l’Éternel.
- Jonas 1.3-
Notons l’obstination de Jonas, sa désobéissance bornée, de ne pas faire ce à quoi Dieu l’appelait.
Il descendit.La fuite devant la volonté de Dieu pour nos vies est toujours une pente descendante, glissante et raide.
Notons bien la progression pour Jonas : il se lève de son lit. De sa maison, il descend au port. Du port il monte dans le navire, puis il descend dans la cale pour dormir. De la cale il est remonté pour être jeté dans la mer. Là il est avalé par un grand poisson qui lui descend dans les profondeurs de la mer.
La fuite loin de la face de Dieu, ne peut que conduire à descendre et à s’enfoncer bien bas, jusqu’à toucher le fond de l’abîme, comme l’a expérimenté Jonas, Jonas 2 : 6« Je suis descendu jusqu’aux ancrages des montagnes, Les verrous de la terre m’enfermaient pour toujours ; »
Dieu a permis que certains descendent bien bas, pour mieux être restauré après, parce que le cœur a été labouré, travaillé dans cette période de descente irréversible pour l’homme, mais non pour Dieu.
Ceux qui fuient Dieu ont l’impression que tout s’ouvre devant eux, que c’est la liberté, qu’ils vont enfin pouvoir respirer, faire ce dont ils ont envie, qu’il n’y aura plus de contrainte.
Cet état de fait n’est qu’une illusion du moment, mais la réalité sera toute autre, parce que quand on fuit Dieu on entre dans la voie de la rébellion, de la désobéissance, de la désapprobation divine et de la mort.
C’est malheureusement ce que le fils prodigue a vécu à travers sa fuite loin de la maison de son père, au bout du compte, après avoir imaginé vivre ce qu'il désirait de tout temps, il s’est retrouvé en train de garder des pourceaux. Et c’est ce que vivent, tôt ou tard, tous ceux et toutes celles qui ont voulu sortir de la tutelle de Dieu pour vivre seul ou pour ne pas faire ce à quoi le Seigneur les avait appelés.
Il trouva un navire :Si nous dédaignons la volonté de Dieu pour nos vies, Satan, lui, fournira toujours l’échappatoire, le moyen de fuir.
Il paya le prix du transport :On aura toujours les moyens pour satisfaire la désobéissance. Jonas trouve même l’argent nécessaire pour fuir loin de la face de Dieu.Il paya le prix du transport, litt. : « Il donna son prix ».
Et il s’embarqua avec les gens : il se confie aux marins païens de le conduire au lieu de rester sur la terre ferme pour accomplir la volonté de Dieu.
conclusion
Fuir Dieu, c’est se séduire, se persuader que l’on va arriver à ses fins, que c’est notre volonté qui aura le dernier mot. C’est bien souvent le contraire qui se passe, parce que les plans des hommes sont déjoués par Dieu.La fuite loin de sa face, c’est se bercer d’illusions, se tromper sur soi-même.On ne peut ni fuir ni se dérober, ni se soustraire au regard de Dieu, en cherchant refuge auprès des autres.Il saura toujours nous retrouver, ou nous attendre là où on s’y attendait le moins ; même si on va jusqu’aux extrémités de la terre.
Nous allons découvrir dans ce récit de Jonas que la fuite en avant, pour ne pas faire ce que le Seigneur a demandé, ne sera jamais à l’avantage du serviteur désobéissant, bien au contraire.
La fuite loin de la face de Dieu, toute tentative de se soustraire de la mission confiée, ne fera pas de nous des gagnants, mais des perdants.