janvier 6

MESSAGE 2 – SON SORT – Jonas 1 : 4-16

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  1. Jonas 1 : 3-4 « Alors Jonas se leva pour s’enfuir à Tarsis, loin de la face de l’Éternel. Il descendit à Jaffa et trouva un navire qui allait à Tarsis ; il paya le prix du transport et s’embarqua avec les gens pour aller à Tarsis, loin de la face de l’Éternel.Mais l’Éternel fit souffler un grand vent sur la mer, et il s’éleva sur la mer une grande tempête. Le navire menaçait de se briser. »

Jonas, malgré qu’il soit prophète de l’Eternel, ne savait pas ce qui l’attendait sur le chemin de la désobéissance, de sa fuite en avant. Sa fuite l’a rendu aveugle sur lui-même, mais aussi sur les moyens que Dieu peut avoir en réserve à l’égard de ceux qui fuient par orgueil et d’une manière résolu à Sa Parole.

L’entêtement sur le chemin de la désobéissance, prétendant avoir seul raison et vouloir démontrer que Dieu se trompe, ne pourra que nous attirer des ennuis, déclencher la discipline appropriée de Dieu à notre encontre, et nous amener à vivre des moments de souffrances, de larmes et d’échecs.

Vouloir résister à Dieu d’une manière impudente, ne fera pas de nous des gagnants, mais plutôt des perdants et nous y laisserons des plumes.

Psaume 139 : 7-10 « Où irais-je loin de ton Esprit et où fuirais-je loin de ta face ? Si je monte aux cieux, tu y es ; Si je me couche au séjour des morts, t’y voilà. Si je prends les ailes de l’aurore, et que j’aille demeurer au-delà de la mer, là aussi ta main me conduira, et ta droite me saisira. »

Le prophète en rupture de vocation s'imagine naïvement qu'en voguant dans la direction de Tarsis, il s'éloigne de la face, c'est-à-dire de la présence de Dieu. Moralement, oui, il s'éloigne et se sépare de son Dieu, mais son Dieu le suit et ne le quitte ni d'une seconde, ni d'un pas. Il est toujours là, tout près, veillant sur le rebelle, et lui préparant les expériences douloureuses, amères, qui le ramèneront à Lui. De même, si nous nous écartons de Dieu en suivant avec ou sans paroles, notre propre chemin, lui ne nous abandonne pas à nous-mêmes. Sa Providence veille sur nous et ourdit la trame des circonstances qui nous feront rentrer en nous-mêmes et nous ramèneront à ses pieds, brisés et soumis.

C’est ce que Jonas est sur le point de vivre. Et cela commence par une effroyable tempête qui assaille le vaisseau sur lequel il s’était embarqué.

Mais l’Éternel fit souffler un grand vent sur la mer, et il s’éleva sur la mer une grande tempête. Le navire menaçait de se briser. C’est Dieu qui provoque cette grande tempête soudaine. Pour commencer, il est important de comprendre qu’il y a une sacrée différence entre les tempêtes qui viennent dans nos vies en raison de notre désobéissance envers Dieu et les tempêtes qui touchent nos vies en raison de notre obéissance. Etre dans la volonté de Dieu ne nous épargne pas les tempêtes et épreuves.

1 Pierre 3 : 14 « Mieux vaut souffrir en faisant le bien, si telle est la volonté de Dieu, qu’en faisant le mal. »

Voilà les deux options sur lesquelles nous devons avoir une juste perspective.

Première option : nous pouvons souffrir en faisant le bien, si Dieu permet que nous soyons éprouvés, voir même persécutés en raison de notre foi et obéissance à sa Parole. Nous serons à jamais bénis, bienheureux dans cette souffrance qui nous prépare, pour l’éternité, une plénitude de gloire dépassant tout ce que nous pouvons imaginer.

Deuxième option : nous pouvons souffrir en faisant le mal – ne pas être zélés pour le bien, ne pas demeurer ferme dans l’épreuve mais de gémir et de nous plaindre, refuser de nous soumettre à la Seigneurie de Christ, tenter de se dérober à sa volonté pour nos vies et service pour lui, ne pas être fondés dans la Parole et ne pas maintenir une conscience pure. Le fin mot c’est que telle est la volonté de Dieu.

Dieu veut que, si nous faisons ce qui est bien, et que nous en souffrions en raison de l’hostilité du monde, c’est afin d’être fortifiés et que Lui soit glorifié. Dieu veut, que si nous faisons ce qui est mal, nous souffrions en raison de sa discipline pour nous corriger et nous redresser. Nous avons le choix et l’exhortation de ce texte c’est d’avoir une juste perspective sur nos options.

Dans le cas de Jonas, en dédaignant le plan de Dieu pour lui par sa désobéissance, les conséquences sont désastreuses pour lui et pour ses compagnons de croisière en route pour l’Espagne.

Cette grande tempête est une image frappante de la tempête dans le cœur de Jonas. Il ne peut y avoir de paix intérieure pour celui qui ne fait pas ce qu’il doit faire et qui ne veut pas aller là où Dieu veut qu’il aille.

Retenons trois mots dans ce Jonas 1 verset 4 : un grand vent, une grande tempête et une menace.

1. Un grand vent : après un départ calme de Jaffa et la jouissance de la navigation sans contrainte ni responsabilité, Dieu vient jeter un obstacle sur le chemin de Jonas…un vent impétueux, violent, indomptable. Mais le Seigneur ne lâche pas Jonas. On ne se rebelle pas contre le Dieu souverain si facilement que cela... et le Seigneur sort l'artillerie lourde : il déclenche une terrible tempête.

2. Une grande tempête : La tempête sur la mer, c’est quelque chose de pénible, d’angoissant et de terrifiant. Il y a quelques semaines, j’écoutais la radio en conduisant lorsqu’un reporter interroge un des participants à la course Vendée-Globe peu de temps avant le départ : sur un bateau, lorsque l’on se trouve en pleine tempête avec des creux de quatre à six mètres et que la nuit arrive et le jour baisse, il y a une angoisse qui vous saisit. Vous avez un sentiment de perdition.

Pour Jonas et pour tous ceux qui ont le « mal de vivre » et qui cherchent à fuir la volonté de Dieu, ils rencontrent la tempête.

3. Une menace : le danger réel d’une destruction imminente qui suscite l’affolement et la peur.

Une telle fuite qui peut durer toute la vie, mais dans sa grâce souveraine, le Seigneur veut nous arrêter dans notre folie. Comme à Jonas il nous envoie des vents impétueux et de grandes tempêtes. Chacun à sa propre expérience et je n'ai pas besoin d'énumérer ce que peuvent être ces tempêtes : au foyer où la vie familiale est menacée par la tempête, c’est-à-dire par un naufrage de la vie de couple ou des relations parents/enfants.

La tempête, c’est peut-être la maladie qui a touché votre mari, votre femme, votre enfant. La tempête, c’est peut-être sur votre lieu de travail, au sein de l’entreprise dans laquelle vous êtes, qui est face à un plan social, qui menace de s’écrouler. La tempête c’est peut-être la perte d'un être cher, perte de la santé, perte de ressources, perte du bien-être en un mot. Mais avant de céder à Dieu nous ne voulons pas considérer ces tempêtes comme des obstacles que son amour a placés sur la route de notre désobéissance.


  1. Jonas 1 : 5 « Les marins eurent peur, ils implorèrent chacun leur dieu et lancèrent dans la mer les objets qui étaient sur le navire pour s’en alléger. Jonas descendit au fond du bateau, se coucha et s’endormit profondément. »

Les marins chevronnés eux-mêmes paniquent, car la vie butte contre la mort certaine et effrayés n'ont d'autres issues que de se tourner chacun vers leur dieu, leur religion, d'invoquer leurs dieux pour qu'ils soient délivrés. C’est bien-là, la réaction humaine. Ni Dieu ni maître sauf quand survient le drame…alors on essaye tous les bouées de sauvetage, implorant je ne sais quel dieu.

Quelle est l’attitude et le comportement de Jonas ? Jonas, lui, descend au fond de la cale et s'endort d'un sommeil inconscient, d'un sommeil semblable à la mort, il veut oublier, et en plus il a payé pour cela. Combien cherchent l'oubli de leur angoisse, non peut-être dans le sommeil, mais dans le travail, dans les plaisirs, dans la nourriture, dans l'alcool, dans la drogue, dans la réussite ; les moyens sont divers mais la racine est la même : oublier que Dieu nous cherche, oublier qu'il a des droits sur nous puisqu'il nous a créés, oublier que nous sommes des fugitifs.

Cependant on ne peut pas toujours fuir Dieu ni endormir toujours sa conscience. Notre péché finit par nous atteindre - Nombre 32 : 33 « sachez que votre péché vous trouvera/atteindra » et Dieu à ses moyens pour nous secouer de notre torpeur. Il fallait à Jonas ni plus ni moins qu'une tempête déchaînée par Celui qui fait des vents ses serviteurs et des flammes de feu ses ministres, tempête dans laquelle sombrent son orgueil et sa volonté propre. Tandis que les marins crient chacun à leur dieu, lui, devenu étranger au sien, dort profondément. Première humiliation, lorsque vient le réveil.


  1. Jonas 1 : 6 « Le chef d’équipage s’approcha de lui et lui dit : Pourquoi dors-tu ? Lève-toi, invoqueton Dieu ! Peut-être que ce Dieu se modérera à notre égard, et nous ne périrons pas. »

Qu’il est dangereux d’être endormi lorsqu’on est censé être sur le qui-vive. Et il faut noter que la rébellion de Jonas ne le met pas seulement en danger lui-même mais aussi ceux qui sont avec lui dans le bateau. 

Lève-toi : c’est le même ordre que Jonas avait reçu de la part de Dieu. Mais c’est un païen qui doit réveiller le prophète de Dieu et le sortir de sa torpeur.

Invoque ton Dieu :qu’est-ce que le chef d’équipage ne lui demande pas là ! Jonas ne veut pas parler à Dieu. Il veut simplement dormir pour oublier ce que Dieu lui a demandé et non s’entendre dire que la meilleure chose à faire c’est d’implorer son Dieu, de penser à lui, de le reconnaître comme tel devant des marins idolâtres.


  1. Jonas 1 : 7 « Ilsse dirent l’un à l’autre : Venez, et tirons au sort, pour connaître celui qui nous attire ce malheur. Ils tirèrent au sort, et le sort tomba sur Jonas. »

L'équipage se rend compte que cette tempête n'est pas normale. Elle a une cause surnaturelle. Quelqu'un attire le malheur sur le bateau. Les marins concluent que la tempête était un messager de la Justice Divine envoyé pour quelqu’un sur le bateau.

Alors ils tirent au sort... et le sort tombe sur Jonas ! Evidemment... 

Jonas ne se réveille complètement de sa torpeur physique et spirituelle que lorsque le sort le désigne, à la grande stupéfaction de tous, mais non à la sienne, comme le coupable.

Proverbes 16 :33 « On jette le sort dans le pan de la robe, Mais toute décision vient de l’Éternel. »

Proverbes 18 :18 « Pour arrêter des disputes et prendre des décisions entre des gens puissants, on tire au sort. »

Nous voyons par-là que Dieu peut se servir du sort pour donner des indications. Le hasard existe-t-il ? Non, il n’y a rien dans l’univers qui soit laissé au hasard. Dieu contrôle tout ce qui arrive, même lorsqu’il y a un tirage au sort.

Qu’arrive-t-il lorsque le sort tombe sur Jonas ? des questions !

  1. Jonas 1 : 8 « Alorsils lui dirent : Explique-nous qui nous attire ce malheur. Quelles sont tes affaires, et d’où viens-tu ? Quel est ton pays, et de quel peuple es-tu ? »

Déjà secoué et réprimandé par le capitaine : Que fais-tu dormeur ? Lève-toi ! Jonas est désormais pressé de questions. Notons l’ironie de la situation. Jonas se retrouve dans cette situation à cause de quoi ? De son refus d’aller annoncer la Parole de Dieu aux habitants de Ninive, des païens idolâtres. Le voilà désormais contraint de faire ce qu’il ne voulait pas faire : être amené à témoigner de son Dieu, le créateur, et par conséquent souverain Maître des éléments, et à confesser devant les hommes ce qu'il aurait dû faire spontanément depuis bien des heures devant Dieu. A confesser sa désobéissance et l'état d'interdit dans lequel il se trouve vis-à-vis de Celui auquel il était censé appartenir corps et âme.

Dieu nous montre par-là que ses plans et desseins seront toujours accomplis, même par l’intermédiaire d’un homme désobéissant et obstiné.


  1. Jonas 1 : 9 « Il leur répondit : Je suis hébreu et je crains l’Éternel, le Dieu des cieux qui a fait la mer et la terre ferme. »

Remarquez le témoignage que rend Jonas au seul vrai Dieu. Il est pour lui le Dieu transcendant des cieux, Créateur et Souverain de la mer et de la terre. Et quel témoignage approprié pour la circonstance. De quoi est-ce que les marins avaient le plus besoin à ce moment précis, face à la menace de mort qui pesait sur eux ? Ils avaient besoin du Dieu qui a fait la mer et qui a fait venir cette grande tempête et ils avaient besoin du Dieu qui a fait la terre – l’endroit où les marins auraient préféré se trouver à cet instant précis. Jonas, lui, malgré le fait qu’il cherchait à fuir ses responsabilités, ne peut pas changer son cœur en tant que porte-parole de Dieu. De ce fait, il oriente les marins vers le seul vrai Dieu et sa souveraineté. : Jonas expose ce qu’est son affaire : craindre et servir l’Eternel. Nous pouvons espérer qu’il l’ait fait avec douleur et honte, justifiant Dieu, se condamnant lui-même et expliquant aux marins que l’Éternel est un grand Dieu.

Ce verset ne contient qu’une partie de la réponse de Jonas. La suite au verset 10 prouve qu’il leur avait confessé toute sa faute.


  1. Jonas 1 : 10 « Ces hommes furent saisis d’une grande crainte et lui dirent : Qu’as-tu fait là ! Car ces hommes savaient qu’il fuyait loin de la face de l’Éternel, parce qu’il le leur avait expliqué. »

Quelle est la réaction des marins à ce qu’ils entendent de la bouche de Jonas ? Ils sont saisis d’une grande crainte, d’une grande frayeur. Le verset 5 nous dit que les marins avaient eu peur. Le verset 16 nous dit que les marins sont saisis d’une grande crainte de l’Éternel.

Mais pour quelle raison étaient-ils saisi d’une grande frayeur ? Ils sont effrayés à la vue de la témérité d’un homme qui avait osé se révolter si ouvertement contre son Dieu en tentant de fuir loin de sa présence.

Ils lui demandent donc :pourquoi as-tu fait cela ? Si tu crains le Dieu des cieux qui a fait la mer et la terre, pourquoi as-tu été aussi fou de penser que tu pourrais résister à sa volonté ?

Posons-nous également la même question : Comment pouvons-nous résister à sa volonté pour notre vie ? Il nous a créés, il nous a appelé à Lui, il nous a choisi, dans son grand amour il nous a sauvés par sa grâce à travers son sacrifice à la croix, faisant de nous ses enfants, ses témoins et porte-parole en nous demandant d’accomplir une œuvre précise : allez donc dans le monde entier, faites des disciples parmi tous les peuples.

Ecoutons-donc attentivement la question : pourquoi as-tu fais cela ? Un moment d’introspection : Est-ce que c’est Dieu qui a provoqué ta fuite de devant sa face ? Est-ce qu’il t’a durement et injustement traité, ne te laissant aucune autre alternative ? Es-tu fatigué de ton Dieu ? N’est-il plus digne de ta confiance et de ton amour ? Es-tu arrivé au terme de ton contrat d’obéissance avec lui ? Sa protection, ses soins et son soutien t’ont-ils fait défaut ? As-tu trouvé une meilleure occupation que la méditation de sa Parole ? est-ce que Dieu s’est montré infidèle, ne gardant plus ses promesses ? Trouves-tu qu’il s’emploie à charger et décourager ses enfants ? Peut-on dire que le plus que l’on apprendre de Lui, le moins que nous pensons à Lui ?

Pour Jonas, à nos yeux et à ceux des marins, ça en a tout à fait l’apparence.

Lorsque nous désobéissons à Dieu, nous pêchons. Si au lieu d’avoir l’esprit clair, de réfléchir attentivement à nos voies et attitudes en nous repentant de notre orgueil et péchés, notre cœur s’endurcira, tournant le dos à Dieu et plongeant dans une plus grande aliénation de Dieu.

La première question posée au verset 10 par les marins est suivie d’une seconde question au v. 11 « Ils lui dirent : Que te ferons-nous, pour que la mer se calme envers nous ? Car la mer était de plus en plus démontée. »

La tempête, le résultat du tirage au sort, les explications de Jonas confirmant dans le cœur des marins qu’ils ont affaire avec l’Eternel et ils comprennent que son représentant seul peut les renseigner sur la volonté de l’Éternel. Elle est bien touchante la confiance que témoigne l'équipage à ce rebelle, en le consultant comme il le fait. Cela montre bien qu'il restait en lui des traces visibles de son contact avec Dieu.

Dis-nous ce que tu veux que l’on fasse pour sortir de ce pétrin…nous ferons ce que tu dis ? Consulté sur ce qu'il y a à faire pour que la mer, qui redouble de fureur, s'apaise, que répond le prophète de l’Eternel ?

Repentez-vous avec moi devant l’Eternel ? Changeons de cap et retournons à Jaffa car nous ne serons en sécurité que lorsque j’aurais accompli ce que Dieu veut ? Non !


  1. Jonas 1 :12 « Il leur répondit : Prenez-moi, jetez-moi dans la mer et la mer se calmera envers vous ;car je sais que c’est moi qui attire sur vous cette grande tempête. »

Nous pourrions voir là une détermination de la part de Jonas de résister à l’appel de Dieu et de se laisser envoyer à une mort certaine plutôt que d’obéir.

Pourtant tout l’incident nous donne une image de Jonas qui n’est pas du tout celle d’un lâche. Il est relativement calme et maître de lui. Il confesse sa foi et sa culpabilité de propos délibéré, et tout aussi délibérément il choisit d’être noyé plutôt que de laisser d’autres périr par sa faute. Sans nul doute il considère sa mort imminente comme le jugement de l’Éternel. Il déclare que pour que le navire soit sauvé, lui doit être rejeté. Il devient donc son propre juge et est appelé à prononcer sa propre sentence motivée

« car je sais que c'est à cause de moi que cette grande tempête est venue sur vous. »Troisième humiliation, plus volontaire, et aussi plus complète, que les deux autres. Elle en est le couronnement.

Quel avertissement pour nous dans cette parole du prophète ! Un seul homme de Dieu, infidèle à son mandat, peut devenir la cause de grands malheurs atteignant ceux au milieu desquels il vit. « Aucun de nous ne vit pour soi-même. » Tout ce que nous sommes, tout ce que nous faisons et disons, influe sur ceux qui nous entourent. Une solidarité étroite nous unit à eux, et à l'humanité tout entière, qui se ressent nécessairement de notre attitude et de notre conduite. Insensé celui qui dit : si j'agis ainsi, cela ne regarde que moi. Cela regarde tout le monde, et tout particulièrement ceux qui nous touchent de plus près. Quelle portée et quelle valeur cela ne donne-t-il pas à toutes nos résolutions, à toutes nos démarches et à toutes nos actions ! Et quelle sérieuse responsabilité ce fait ne crée-t-il pas pour nous ! Pensons-y ! Nous sommes malédiction ou bénédiction suivant que nous sommes dans la voie de la désobéissance à Dieu ou dans celle de la soumission.


  1. Jonas 1 :13 « Ces hommes ramaient pour gagner la terre ferme, mais ils ne le purent, parce que la mer était toujours plus démontée contre eux. »

La description du navire en détresse est pittoresque et réaliste ; la violente tempête, la panique des marins leur répugnance à accomplir l’acte désespéré que Jonas conseille, leurs efforts forcenés pour ramer et gagner la terre ferme. La révélation d’un sacrifice dont ils seraient responsables et qui peut éloigner à toujours le jugement, répugne à leur cœur naturel. Ils préféreraient de beaucoup « ramer pour gagner la terre ferme ». Ces hommes hésitent à exécuter l’ordre du prophète et épuisent tous les moyens avant d’y obéir, mais ils ne peuvent réussir, car«la mer était toujours plus démontée contre eux.Pour qu’ils soient sauvés, il faut une victime, sinon le jugement les engloutirait.

Un pécheur balloté par les flots de sa conscience peut chercher désespérément à se sauver soi-même. Cependant, les efforts de la chair doivent tous tomber, faire défaut car autrement la détresse ne ferait qu’augmenter le sentiment de perdition. Le seul moyen de salut ne peut être trouvé que par le sacrifice d’un substitut à notre place ; c’est ce que Dieu a pourvu en Jésus-Christ pour tous les hommes. Ce livre prophétique nous oriente vers Jésus-Christ, vers sa mort et sa résurrection, son œuvre de rédemption pour l’humanité.

  1. Jonas 1 : 14 « Alors ils invoquèrent l’Éternel et dirent : Éternel, nous t’en prions, que nous ne périssions pas à cause de la vie de cet homme, et ne nous charge pas d’un sang innocent ! Car toi, Éternel, tu as agi comme tu l’as voulu. »

Les marins ne peuvent méconnaître qu’en précipitant le serviteur de l’Éternel dans les flots, ils sont chargés « du sang innocent ». Ils sont donc coupables, mais Dieu leur enseigne que, malgré leur part dans le sacrifice, ce dernier est pour eux le seul moyen de salut.

C'est pour cela aussi qu'après tous les efforts humainement possibles, mais vains, ils suivent les instructions de Jonas en exécutant sur lui la sentence qu'il vient de prononcer. Toutefois ces pauvres gens, dont le cœur est à la bonne place, reconnaissent que l'acte qu'ils vont accomplir comme d'une nécessité qui leur est imposée par le Dieu de Jonas lui-même. Il faut obéir, quoi qu'il leur en coûte, et ils obéissent, en implorant la grâce de l'Éternel sur cet acte nécessaire. Ils invoquent le Dieu de Jonas sous son auguste nom de Yahvé, ils implorent sa clémence, ils s’en remettent à sa suprême volonté, et ils jettent à la mer le prophète prévaricateur.


  1. Jonas 1 : 15 « Puis ils prirent Jonas et le jetèrent dans la mer, et la fureur de la mer s’arrêta. »

« Et la fureur de la mer s'apaisa ». C'était donc bien le remède qu'il fallait à la situation. Il fallait, en effet, que la désobéissance de l'homme de Dieu soit traitée d'une manière éclatante et publique. Cela a été pour tout l’équipage une prédication puissante et inoubliable de la sainteté et de la justice de Dieu. Ils ont ainsi appris qu'on ne se joue pas de Dieu. Et cela était d'autant plus nécessaire qu'il s'agissait d'un de ses prophètes. Le jugement de Dieu commence par sa propre maison, par les siens, vis-à-vis desquels il doit être sévère à cause même des grâces et des privilèges qu'ils ont reçus, et auxquels il ne veut et ne doit rien laisser passer, soit dans leur propre intérêt spirituel et éternel, soit dans celui du monde, qui les considère de près et juge du Maître par les serviteurs.


  1. Jonas 1 : 16 « Ceshommes furent saisis d’une grande crainte de l’Éternel. Ils offrirent un sacrifice à l’Éternel et firent des vœux. »

Frappés de cette merveille, le premier pas des marins dans le chemin de la sagesse est d’être saisi d’une grande crainte de l’Eternel (un amour respectueux de sa personne), lui accordant la place qu’il lui revient dans leurs cœurs. Ensuite, ils prennent devant Dieu l’attitude d’adorateurs en lui offrant un sacrifice ce qui veux dire qu’ils n’avaient pas du tout jeter par-dessus bord quelques instants auparavant. « Ils font des vœux ». Un vœu est le libre dévouement à Dieu, pour le servir sans restriction. Deutéronome 23 : 21 « Si tu fais un vœu à l’Éternel, ton Dieu, tu ne tarderas pas à l’accomplir ; car l’Éternel, ton Dieu, t’en demanderait compte ».

Par la bonté de Dieu, l’infidélité de son serviteur est le moyen même qu’il emploie pour amener ces pauvres marins idolâtres à sa connaissance.

Nous trouvons donc ici tout un ensemble d’hommes sauvés, amenés à Dieu, devenus témoins de sa grâce, des adorateurs et des serviteurs qui Lui sont consacrés. Dans ce vaisseau se trouvent désormais des sauvés, tandis que Jonas, lui est sauvé de la noyade, de la mort.

Un gigantesque poisson, préparé par Dieu, avale Jonas, mais il survit miraculeusement. Dans les entrailles sombres et fétides de l’animal, il finit par reconnaître ce qu’il refusait de voir, même dans les moments les plus exaltants de sa prophétie : que Dieu connaît intimement, et chérit profondément, tout être vivant à chaque instant de son existence. Pour lui prophète, la bienveillance de Dieu n’était pas une nouveauté, mais il avait cette fois l’occasion d’en découvrir la profondeur. 


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