Les Béatitudes – Le caractère du disciple de Christ – Matt 5: 3-16

Heureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice, car le royaume des cieux est à eux !
Heureux serez-vous, lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera et qu'on répandra sur vous toute sorte de mal, à cause de moi.
- Matthieu 5: 10-11 -
Introduction BéAT 8&9 Le caractère du disciple
Les béatitudes décrivent le caractère d’un disciple de Christ, ces attitudes, postures du cœur et choix d'intention. Elles décrivent la discipline d’un disciple, un effort allant contre ce que notre chair nous propose avec laxisme. Les béatitudes décrivent également les qualités d’un disciple, reflétant une habitude acquise par la discipline.
Et à ces huit démarches, Christ associe huit promesses ; Matthieu 5 : 2 - 9
Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux !
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés !
Heureux ceux qui sont doux, car ils hériteront la terre !
Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !
Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !
Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu !
Comme nous l’avons vu dans nos études précédentes, ces quelques phrases décrivent la personne qui est vraiment heureuse, qui est bénie, qui est dans un état de bien-être, qui connaît la joie profonde du cœur car elle vie selon ces principes.
Chaque personne qui est véritablement en Christ, née de nouveau, une nouvelle création, enfant du royaume des cieux a dû venir à Christ avec les attitudes décrites ici :
Avec un esprit brisé, en menant deuil sur son état de péché ; avec douceur et humilité devant le Dieu trois fois saint, avec une faim et une soif insatiable de justice, à la recherche de la miséricorde, la compassion et disposé à l’accorder aux autres ; avec le désir d’être pur de cœur et de connaître la paix avec Dieu et de la vivre. Toutes ces dispositions de cœur et attitudes étaient présentes en entrant dans le royaume spirituel. Désormais, ces choses doivent progresser et devenir des caractéristiques dominantes de nos vies dans le royaume auquel nous appartenons.
Et quand cette progression se produit, nous découvrons que la huitième béatitude se réalise.
Matthieu 5 : 10 -11
« Heureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice, car le royaume des cieux est à eux ! »
« Heureux serez-vous, lorsqu’on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on répandra sur vous toute sorte de mal, à cause de moi ».
Nous abordons la huitième et dernière béatitude. Elle est un peu différente des sept premières car elle n’ajoute rien au portrait de l’homme nouveau. Elle parle plutôt de ce qui arrive à ceux qui sont de nouvelles créatures en Christ… La promesse qui s’attache à cette béatitude est identique à celle de la première : “car le royaume des cieux est à eux”. L’important, c’est de faire partie du royaume de Jésus, de savoir de quel genre il est, ce royaume, comment y entrer et comment vivre selon les principes de ce royaume.
Et en vivant selon les principes établis par Christ, nous découvrons que cela implique également un processus de souffrance et de douleur. Nous serons des ouvriers de paix, certes, mais aussi de ceux qui dérangent, qui sèment le trouble, des agitateurs. Il y a cette ambivalence constante pour un disciple de Christ qui est, d’un côté de procurer, semer la paix, amener les hommes et les femmes à être réconciliés avec Dieu par le témoignage et la proclamation de l’Evangile ; et d’un autre côté de déranger et de susciter/provoquer une réaction virulente de la part de ceux qui sont opposés à Christ, à l’Evangile et à ceux qui le représentent. Cela conduit à la persécution.
Invariablement, la vie de la personne qui manifeste le caractère d’un disciple décrit dans les béatitudes produira une réaction soit positive ou négative. 2 Corinthiens 2 : 15-16 « Oui vraiment, nous sommes ce parfum du Christ » (ou, pour employer une autre image : cet encens offert par lui et qui monte comme une « agréable odeur » vers Dieu). « Nous le sommes à la fois pour ceux qui se laissent sauver et pour ceux qui continuent à courir sur le chemin de la perdition. Pour ceux-ci, c’est une odeur fatale qui vient de la mort et y conduit ; elle leur fait pressentir leur fin et le jugement. Pour les autres, c’est un parfum vivifiant qui mène à la vie » (nouvelle et éternelle).
Toutes les qualités, vertus, traits de caractères des béatitudes réunis sont intolérables pour les hommes dont le cœur est tourné contre Dieu. Ils ne peuvent supporter une personne qui soit pauvre en esprit parce qu’eux-mêmes vivent dans un état d’orgueil, de valorisation de soi, d’égocentrisme. Ils ne peuvent supporter la personne qui manifeste un cœur contrit et brisé sur son péché parce qu’ils veulent complétement occulter toute notion du bien ou du mal. Ils ne peuvent tolérer la douceur et l’humilité d’un disciple de Christ parce que c’est l’orgueil qu’ils honorent, ce sont ceux qui s’imposent qu’on admire. Ils connaissent très peu de la miséricorde ; ils ne connaissent rien de la pureté et ils n’ont jamais appris à procurer la paix.
Lorsque ces traits de caractère, ces qualités se manifestent dans la vie d’un disciple de Christ, cela va à l’encontre des valeurs de ce monde et suscitent une réaction vive de la part de ceux dont le cœur est tourné contre le seul vrai Dieu : et cette réaction se traduit en persécution.
Heureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice,
1 Pierre 3 : 14 « D’ailleurs, quand vous souffririez pour la justice, heureux seriez-vous. Si même vous souffrez pour la justice, vous êtes bienheureux ».
Le mot bienheureux ne désigne pas la notion de bonheur mais celle d’un honneur, un privilège. Ceux qui sont bienheureux sont l’objet de la faveur, de la grâce et de la bonté de Dieu.
Pourquoi sommes-nous privilégiés, honorés, bienheureux…du fait que plus nous souffrons pour la justice, plus grande sera notre récompense dans la gloire.
Ainsi, notre rempart de défense, c’est d’accepter la souffrance infligée par un monde hostile comme étant dans le plan de Dieu pour nous.
Ceci est applicable à la vie de chaque enfant de Dieu. En passant par une quelconque épreuve, nous devons adopter l’attitude, considérer, regarder au-delà de l’épreuve à ce qui en sortira une fois l’épreuve passée et que nous avons été fortifiés dans notre foi. Ce n’est pas une joie partielle, mais une joie complète qui vient d’une conviction et détermination que nous allons faire face à l’épreuve avec l’attitude appropriée et approuvée par Dieu. Cette joie est la joie de la personne qui considère l’épreuve de sa foi comme un privilège car elle le rapproche du Seigneur.
Et le désir est si profond pour une relation d’intimité et de dépendance sur le Seigneur que l’épreuve est considérée comme un bienfait.
Faisons donc face à nos épreuves avec une attitude joyeuse car elles produisent une foi éprouvée, elles nous fortifient, elles nous poussent dans une étroite communion avec le Seigneur et nous identifient avec lui. Nos valeurs déterminent notre manière de voir les choses, de les évaluer. Si nous valorisons notre confort aux dépens de notre caractère, alors les épreuves nous froisseront.
Si nous valorisons les choses matérielles et physiques aux dépens des choses spirituelles, alors nous ne pourrons pas considérer les épreuves comme un sujet de joie complète.
Si nous vivons pour le temps présent seulement en oubliant l’avenir, alors les épreuves nous rendront amères, pas meilleurs. Si nous ne pouvons pas nous réjouir au sein de nos épreuves, alors nos valeurs sont faussées. Nous ne voyons pas, nous ne considérons pas que Dieu a un but, un objectif à atteindre.
Maintenant, en prononçant ces paroles, une pensée me vient à l’esprit et je prends conscience d’une chose : Roger, le Seigneur va probablement te faire vivre ce message dans les jours à venir…et cela ne me surprendra guère !
Jacques 1 : 12 « Heureux est l'homme qui demeure ferme dans l'épreuve ». Demeurer ferme, endurer signifie de patiemment et victorieusement surmonter. Ce n’est pas retenir son souffle et attendre que ça passe, serrer les poings et grincer des dents. Ce n’est pas quelque chose de passif. Il ne s’agit pas de survie, mais la signification du mot endurer (hupomone) verbe indicatif présent actif c’est de patiemment, triomphalement être vainqueur. Voici une déclaration de bénédiction pour celui qui endure, qui passe l’épreuve avec succès. La personne décrite est heureuse, remplie de joie. Maintenant, il ne s’agit pas d’une joie provenant du fait que nous sommes épargnés des épreuves, mais une joie qui vient de la victoire dans l’épreuve et sur l’épreuve. Donc, ne soyons pas surpris mais que notre attitude soit une attitude joyeuse parce que nous anticipons l’œuvre de perfectionnement que le Seigneur accomplira à travers elle. Nous réjouir non de la fournaise de l’épreuve, mais nous réjouir dans celle-ci parce que nous regardons bien au-delà de la souffrance du moment.
Si nous avons à souffrir après avoir bien agi et que nous l’endurons patiemment, nous sommes agréables à Dieu. Si malgré l’injustice, les mauvais traitements, les critiques, la persécution morale ou voir même les coups nous endurons avec patience, cela est une grâce devant Dieu car nous rendons témoignage à la puissance du salut dans notre vie d’enfant de Dieu. Ce que les autres voient c’est que nous restons inébranlables, que notre foi et confiance en Dieu sont fortes, que notre courage est grand et quoiqu’il puisse survenir dans l’environnement hostile, nous sommes gardés dans la paix de Dieu avec un esprit tranquille, une attitude de cœur patient, loyal, fidèle, désireux d’être les disciples que Dieu veut que nous soyons.
Ce qui est dit ici s’adresse à notre situation présente et à celle de nos enfants et petits-enfants. Bien que les flammes de la persécution, les sévices physiques, la souffrance morale de l’emprisonnement, la torture et la mort ne nous atteignent pas ici dans notre pays comme elles le font ailleurs pour nos frères et sœurs en Christ, nous qui vivons pour Christ, nous sommes une menace pour les penseurs et décideurs dans leur quête d’imposer leur idéologie amorale. De ce fait, ces hommes et femmes impies deviennent de plus en plus intolérants envers ceux qui s’attachent aux vraies valeurs et principes de vie bibliques.
Ephésiens 5 : 11 « N’ayez rien de commun avec les œuvres stériles des ténèbres, mais plutôt dénoncez-les ».
En obéissant à l’injonction de la Parole de Dieu et par amour pour la justice, ne soyons donc pas surpris de la fournaise de la persécution.
Dans Matthieu 5, Jésus nomme deux raisons pour la persécution qui ne sont pas difficiles à comprendre :
- A cause de la justice (v. 10)
- A cause de Lui (v. 11)
heureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice
Comprenons bien ce que le Seigneur enseigne ici. Il ne dit pas : “Heureux ceux qui sont persécutés”, comme s’il y avait un quelconque mérite à être persécuté. Ce qui est important ici c’est “à cause de la justice”. On estime qu’il y a plus de chrétiens persécutés aujourd’hui que pendant tous les siècles précédents. Certes il y a eu dans le passé des persécutions sauvages à différentes époques mais elles étaient plutôt localisées tandis que de nos jours la persécution a gagné des territoires immenses, comme la Chine, et personne n’est à l’abri, même pas les chrétiens d’Europe occidentale. Il est important de saisir la leçon de ce verset.
Ce que ce verset n’enseigne pas/Il n’est pas écrit : “Heureux ceux qui sont persécutés parce qu’ils sont désagréables”. Il n’est pas dit : “Heureux ceux qui souffrent parce qu’ils sont difficiles à vivre” ni “Heureux les chrétiens qui sont persécutés à cause de leur manque de sagesse, de leur manque de tact ou de leur manque de respect pour les autres quand ils témoignent”. Il arrive malheureusement que des enfants de Dieu s’attirent des ennuis par leur propre bêtise, à cause de leur façon d’être ou de faire.
Dans ces cas, même si la grâce de Dieu peut toujours leur venir en aide, notre béatitude ne s’applique pas ! Car elle précise bien “à cause de la justice”. Jésus n’enseigne pas : “Heureux ceux qui sont persécutés pour leur fanatisme”. Le fanatisme déclenche souvent la persécution. Le football a ses fanatiques, les religions aussi, mais Jésus-Christ n’en veut pas. Il cherche des disciples, c’est tout à fait différent.
Écoutez ce que dit l’apôtre Pierre dans 1 Pierre 4 :15 “Que nul de vous ne souffre comme meurtrier, comme voleur, comme malfaiteur ou comme se mêlant des affaires d’autrui !”. Soyons lucides ! Nous ne pouvons pas dire : “Je souffre, je suis chrétien, donc je suis persécuté à cause de la justice”. Demandons plutôt à Dieu la clairvoyance pour discerner la vraie source de nos ennuis. On peut dire de certaines souffrances, de certaines “persécutions”, que nous les avons cherchées. Ce n’est pas de celles-là que Jésus parle.
Ce que ce verset enseigne : Être juste, pratiquer la justice, c’est ressembler à Jésus-Christ. Heureux ceux qui sont persécutés parce qu’ils ressemblent à Jésus ! Je vous rappelle ce que Jésus lui-même a dit :
- Jean 15 :18-20 : “Si le monde a de la haine pour vous, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui, mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela, le monde a de la haine pour vous. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi”. C’est on ne peut plus clair !
Le Seigneur ne nous appelle pas à chercher la persécution. Nous avons simplement à lui ressembler, à laisser paraître sa vie en nous. La persécution suivra. Philippiens 1 :29 “Car il vous a été fait la grâce non seulement de croire en Christ, mais encore de souffrir pour lui.” Nous lisons au sujet des apôtres qui avaient été battus à cause de leur foi Actes 5 :41 “Ceux-ci se retirèrent de devant le sanhédrin, joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus”. “Heureux… car le royaume des cieux est à eux.”
Le bonheur de Dieu défie la logique parce qu’il prend en compte le visible et l’invisible, le temps et l’éternité. Mais il est le vrai bonheur, celui qui vient sans qu’on le cherche, celui qui dure contre toute attente, celui qui résiste aux misères de la vie. Ne cherchez pas le bonheur, “Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus.”
Persécution à cause de la justice et aussi à cause de son nom
2 Timothée 3 : 12 « En fait, tous ceux qui sont décidés à vivre dans l’attachement à Dieu par leur union avec Jésus–Christ connaîtront la persécution ».
Les justes ont toujours souffert pour leur foi d’une manière ou d’une autre.
Jean 15 : 21 « Mais tout cela, ils vous le feront à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé ».
Jésus-Christ est venu dans ce monde pour révéler et faire connaître le nom de Dieu. Jean 17 : 6 « J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés; et ils ont gardé ta parole ».
Parce que le monde n’a pas connu Dieu, ils n’ont pas reconnu son fils. L’ignorance engendre la suspicion et la suspicion engendre la crainte. Et lorsqu’une personne est saisie de crainte, elle attaque. Cela explique pourquoi les hommes pécheurs ont mis à mort le fils de Dieu et tentent de détruire ceux qui croient en son nom.
La persécution fait partie intégrante d’une vie consacrée à Christ. Notre amour pour le Seigneur et le thermostat de notre vie de chrétien. La persécution est le thermomètre de notre vie car cela nous aide à mesurer notre ressemblance à Christ.
1 Pierre 4 : 14 « Si vous êtes outragés pour le nom de Christ, vous êtes heureux, car l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu repose sur vous ! » Non seulement nous devons nous attendre à la persécution, mais nous devons nous en réjouir. Cette joie spirituelle n’est pas quelque chose que nous pouvons concocter : c’est un don car l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu repose sur vous !
En tant qu’enfant de Dieu, nous devons répondre à la persécution et non réagir à la persécution. Nous avons besoin d’être dans un état d’esprit approprié. 1 Pierre 4 : 1 « Ainsi donc, puisque Christ a souffert dans la chair, vous aussi armez–vous de la même pensée… »
Cette pensée appropriée est une arme spirituelle dans le conflit qui nous oppose à Satan. Nous ne devons pas réagir, nous laisser aller au ressentiment et aux représailles. C’est de cette manière que les hommes sans foi agissent lorsque l’opposition survient. Mais ceux qui sont heureux, bénis, les enfants du royaume répondent à la persécution d’une manière positive, non pas parce que nous recherchons la persécution, mais parce qu’on s’y attend.
le Seigneur souligne 3 réponses appropriées à la persecution
Notre première réponse à la persécution est de régner
v. 10 : nous régnons « Car le royaume des cieux est à eux ! » signifie simplement que l’enfant de Dieu règne dans cette vie au beau milieu de la persécution. Il agit comme un roi, non pas comme un esclave.
Exemple de David : plus Saül le persécutait, plus David a régné à travers sa foi en Dieu. Il savait qu’il était le roi légitime choisi par Dieu et il a agi de la sorte. Il aurait pu tuer Saül à plusieurs reprises, mettant fin à la persécution, mais il a agi avec maîtrise de soi et le laissant partir libre. David aurait pu éliminer Chimeï pour ses insultes et lancer de pierres contre lui et ses hommes vaillants, mais il l’a ignoré, laissant la chose entre les mains de Dieu.
Lorsque on sait que l’on est roi, s’abaisser en représailles n’est pas digne de son rang car cela nous rend comme les autres
La seconde c’est de nous réjouir
Matthieu 5 : 12 « Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous . »
Quoi ? Mais c’est impossible ?
Actes 5 : 41 « Ceux–ci se retirèrent de devant le sanhédrin, joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le Nom du Seigneur ».
Des années plus tard, Pierre déclare dans 1 Pierre 4 : 14 « Si vous êtes outragés pour le nom de Christ, vous êtes heureux, car l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu repose sur vous ! »
Comment est-il possible de nous réjouir devant la persécution, d’être outragés pour le nom de Christ ? Tout d’abord en considérant cela comme un privilège. La persécution est la preuve que nous vivons pour Lui et que nos vies le glorifient. C’est cela qui fait que nous pouvons nous réjouir : la communion de ces souffrances et la communion la plus intime qui soit. Dans la fournaise ardente, le Seigneur est présent avec nous.
Mais il a autre chose qui nous fait réjouir : ce sont les nouvelles opportunités de témoigner pour Christ.
Le mot martyr, du grec martur signifie témoin. Etienne a souffert la persécution jusqu’à la mort physique et Dieu a utilisé son supplice pour amener Saul de Tarse à lui. La persécution nous accorde l’opportunité de croître. Si le monde nous applaudit, nous sommes en danger. Si le monde nous haït et nous persécute, nous pouvons être confiants que nous vivons pour Christ et que nous lui ressemblons.
Ce bonheur intérieur vient de notre amour pour Christ et notre confiance en Lui. 1 Pierre 1 : 8 « Vous l’aimez sans l’avoir vu. Sans le voir encore, vous croyez en lui et vous tressaillez d’une allégresse indicible et glorieuse ».
La troisième réponse est d’aimer
Matthieu 5 : 44-45 Nous répondons à la persécution en régnant, en nous réjouissant et en aimant « Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent. Alors vous serez fils de votre Père qui est dans les cieux »
C’est le résultat de régner et de se réjouir. L’amour agapé n’est pas un sentiment superficiel, c’est un état d’esprit, une attitude de cœur et de pensée qui conduit à une action décidée, un acte de volonté.
L’amour de Dieu en moi signifie que je traite la personne en face de moi comme Christ me traite. C’est pour cette raison que Jésus ajoute cette phrase à son commandement d’aimer nos ennemis : Alors vous serez fils de votre Père qui est dans les cieux.
Lorsque nous étions autrefois étrangers et ennemis par nos pensées et par nos œuvres mauvaises Dieu a envoyé son Fils pour mourir pour nous (Colossiens 1 ; 21). Nous devons traiter nos ennemis, ceux qui cherchent à nous nuire, comme Dieu nous a traité – avec patience, pardon, prêts à nous sacrifier pour leur bien, quoiqu’ils ne le méritent pas.
Nos motivations et notre ministère/service/témoignage pour Dieu peuvent être rejetés, mais au nom de Christ, nous devons leur rendre le bien pour le mal si toutefois nous désirons que nos persécuteurs et détracteurs vont eux-mêmes expérimenter la grâce de Dieu et devenir à leur tour enfants du royaume. Et même s’ils ne le deviennent pas, nous devenons de meilleurs disciples pour avoir accompli la volonté de Dieu.
Il y a également des récompenses pour ceux qui souffrent la persécution pour avoir accompli la volonté de Dieu. Après tout, les récompenses que nous recevons, loin d’être notre motivation pour obéir, ne font qu’apporter une plus grande gloire à celui qui les décerne, présentement et dans l’éternité.
les récompenses
Une récompense présente est d’abord soulignée Matthieu 5 : 10 « …car le royaume des cieux est à eux ! » Il ne s’agit pas d’une entrée dans le royaume mais de la jouissance de ce royaume. En exerçant la maîtrise de soi au sein de la persécution, en priant pour ceux qui nous haïssent et en rendant le bien pour le mal, nous sommes au bénéfice des richesses de la gloire du royaume, les richesses spirituelles de notre règne avec Christ dans cette vie. Vivre comme des rois !
Une autre récompense est notre identification avec Christ et les prophètes. Matthieu 5 : 12 « votre récompense sera grande dans les cieux, car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés ».
Quelle compagnie ! Nous sommes identifiés à ceux qui Hébreux 11 : 37-38 « furent lapidés, mis à l’épreuve, sciés, ils furent tués par l’épée, ils allèrent çà et là, vêtus de peaux de brebis et de peaux de chèvres, dénués de tout, opprimés, maltraités –– eux dont le monde n’était pas digne ! »
Oui, aujourd’hui, nous entrons dans les richesses du royaume et la communion des martyrs, mais il y a également une récompense future. 5/12 : votre récompense sera grande dans les cieux ;
Jésus nous encourage aujourd’hui avec une promesse de récompenses célestes. 2 Timothée 2 : 12 « si nous souffrons, nous régnerons aussi avec lui ».
Il est parfois facile pour nous, les saints et bien-aimés de Dieu, de ne pas attacher trop d’importance aux récompenses promises, mais une fois plongé dans la fournaise ardente, tout change.
C’est la dernière des béatitudes, mais l’apogée de toutes les autres. Il est difficile de comprendre que les hommes cherchent à persécuter ceux qui sont doux et humbles d’esprit, qui aiment la justice, qui sont miséricordieux, des artisans de paix, mais c’est une réalité. La consécration des enfants du royaume ne fait qu’amplifier la dépravation des fils de la rébellion.
D’une certaine façon, la dernière béatitude est la mesure de toutes les autres. Si nous progressons dans notre vie spirituelle, Dieu développant en nous le caractère de Christ, nous essuierons davantage d’opposition et de conflits. L’un ne va pas sans l’autre.
Comment alors faire face à la souffrance et aux mauvais traitements, comment y répondre ? De la même manière dont Jésus l’a fait. En cherchant la voie de Dieu au lieu de suivre notre propre voie.
- 1 Pierre 2 : 23 « lui qui, insulté, ne rendait pas l’insulte ; souffrant, ne faisait pas de menaces, mais s’en remettait à Celui qui juge justement » ;
Voici comment l’Apôtre Pierre décrit la manière dont Jésus a enduré le mauvais traitement : il s’en remettait à Celui qui juge justement. C’est la clé ! Pas d’indignation ou de révolte, pas de paroles déplacées, pas de récriminations ou de menaces à l’encontre de ses ennemis et bourreaux… simplement il remettait sa cause, sa souffrance et les circonstances entre les mains du juste Juge, il a mis sa confiance en Dieu qui juge avec justice.
Le Seigneur Jésus que la gloire l’attendait. Il savait que Dieu distille une parfaite justice. De même, il traitera avec ceux qui infligent la souffrance à ses bien-aimés et il honorera ses enfants qui fidèlement endurent la souffrance.
Voici un poème d’un frère en Christ qui a souffert aux mains des autorités chinoises en raison de sa foi, de son amour pour Christ et attachement à la justice de Dieu. Souffrant de l’isolement en prison, de la faim, de la torture, il occupait sa pensée de son Créateur en composant des poèmes qui s’inspirait des Psaumes. J’ai pris le soin de le traduire du mieux possible : Fais luire ta face sur moi, Seigneur. Que la certitude de ta présence ne faiblisse pas. Que le souvenir de ta Parole brule au dedans de moi. Ne permet pas, ô mon Dieu, que mon esprit ne s’engourdisse en raison de mes craintes et de ma solitude. Que mon cœur ne doute point et préserve mes yeux des larmes de douleur. Que les ténèbres ne puissent pas m’envelopper et que ta paix garde mon cœur et mes pensées. Que l’oppression et la colère de mes adversaires ne puissent éteindre mon amour pour toi et que la lassitude et le malheur ne puissent éclipser ta victoire. Car, ô Seigneur, ta joie est ma force et ma joie, mon espérance, et je sais que ton royaume dure à jamais !
Est-ce là votre confiance aujourd’hui ? Est-ce que vous vous en remettez à Celui qui juge justement ?
Peu importe combien on est critiqué, mal aimé, méprisé, incompris et maltraité par ceux qui nous entourent, même par ceux qui sont de notre propre famille. Malgré l’ampleur de la souffrance, la paix et la sérénité complète rempliront notre pensée, notre cœur si nous nous remettons avec confiance à celui qui ne peut commettre une erreur et qui rendra à chacun ce qui lui est dû. C’est lui qui fera justice, qui rétablira toutes choses…et nous serons nous mêmes justifiés. Suivons donc la voie que Christ a tracé pour nous, marchons dans ses pas, suivons ses traces, car c’est le chemin vers la gloire.