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Matthieu 7: 1-6

Ne jugez pas, afin de ne pas être jugés. C’est du jugement dont vous jugez qu’on vous jugera, de la mesure dont vous mesurez qu’on vous mesurera. Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et ne remarques-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment dis-tu à ton frère : Laisse-moi ôter la paille de ton œil, alors que dans ton œil il y a une poutre ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors, tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu’ils ne les foulent aux pieds et ne se retournent pour vous déchirer.

- Matthieu 7.1-6 -

introduction

Dans son enseignement dispensé sur la montagne à ses disciples, le Seigneur Jésus aborde à tour de rôle tous les différents domaines de la vie d’un disciple de Christ, d’un enfant du Royaume de Dieu. Dans chaque élément de cet enseignement, c’est Christ, son caractère, ces attributs, ces actes qui sont exposés.

Tout commence avec la perspective de soi-même, le caractère d’un disciple de Christ décrit dans les béatitudes, suivi de notre perspective du monde autour de nous en tant que sel de la terre et lumière du monde. L’impact de nos vies et le rayonnement de ce que nous sommes en Christ.  Dans son enseignement, le Seigneur Jésus déclare tout simplement : « Etant devenus enfants du royaume des cieux, voici ce que vous êtes et ce que vous faites. »

Quelle est la première question/réaction que cette vérité-là suscite en nous ?

« J’ai lu et compris les Béatitudes, et ce n’est pas évident de ressembler à cela » !

« J’ai lu et compris ce que c’est que d’être sel de la terre et lumière du monde, et c’est encore moins évident de vivre de la sorte. »

Comment être et vivre comme cela ? La réponse à ces interrogations vient immédiatement après à partir du verset 17 du chapitre 5 jusqu’au verset 29 du chapitre 7 : pour être et vivre de la sorte, il est nécessaire de respecter les commandements de Dieu, d’obéir à la Parole de Dieu – d’avoir un engagement de cœur et pas simplement afficher une conformité aux lois et préceptes de Dieu.

Matthieu 5 :17-48 - LA CONDUITE DU CHRETIEN - Sa vie relationnelle/sociale

Aspects distincts et critiques dans les relations humaines : paix, pureté, authenticité, pardon et amour 

Matthieu 6 :1-34 -LA COMMUNION DU CHRETIEN-           Sa vie personnelle avec Dieu

Deux dangers/problèmes :   

1.Matthieu 6 : 2-6 "l'hypocrisie"- pratiques pieuses : prière, jeûne, aumône

2. Matthieu 6 : 7-32 "l'inquiétude" - attitude des non-chrétiens – argent et possessions

Puis à partir du verset 1er du chapitre 7, le Seigneur aborde la question de nos rapports avec le monde.

Matthieu 7 : 1-29 - LA CONFORMITE DU CHRETIEN           - Sa conformité à l'image de Christ

Une vie caractérisée non par des compromis avec le monde, mais une conformité aux principes de la vie avec Christ.

A. Attitudes à adopter :          Matthieu 7 : 1-12

                        1. "Ne jugez pas" Matthieu 7 : 1-5 (Matthieu 18 :15; Luc 17 :3; Galates 6 :1-2)

                        2. "Soyez vigilants" Matthieu 7 : 6 (Matthieu 13 :45; Matthieu 28 :19; Philippiens 3 :19)

                        3. "Priez" Matthieu 7 :7-11 (Luc 11 :13; Matthieu 28 :20)

                        4. "Agissez" Matthieu 7 : 12   (Ephésiens 4 :32)

B. Attitudes à éviter :             Matthieu 7 : 13-27

                        1. "Méfiez-vous de la facilité" Matthieu 7 : 13-14 (Jean 10 :10 ; Jean 14 :6)

                        2. "Méfiez-vous des personnes corrompues" Matthieu 7 : 15-20

                        3. "Méfiez-vous des faiseurs de miracles"     Matthieu 7 : 21-23 (Galates 5 :22-23)

                        4. "Méfiez-vous des personnes insensées"    Matthieu 7 : 24-27 (Luc 6 :46-49)

cessez de critiquer / juger

Quel sens derrière le mot "juger"

Ne jugez pas les autres. Ce commandement biblique ne vous est probablement pas étranger. Si vous avez déjà entendu parler du Sermon sur la montagne, vous connaissez sûrement cette phrase. Qu’est-ce que Jésus veut dire par ‘juger quelqu’un ?’ Le mot grec pour ‘juger,’ kreeno, comporte une grande diversité de significations. Dans son sens littéral, il décrit l’action de séparer, de mettre quelque chose en morceaux. Il est aussi utilisé pour exprimer une préférence ou une opinion. Dans le NT, il est plutôt employé comme un terme légal, avec toute la gamme des nuances que le monde juridique peut lui attribuer. C’est le contexte qui détermine la signification exacte de ce mot.

Dans le contexte de Matthieu 7, la phrase ‘Ne jugez pas’ pourrait avoir comme équivalent  ‘N’adoptez pas une attitude critique qui cherche l’erreur.’ Ne critiquez pas de manière irréfléchie. Ne posez pas un jugement sur un frère en le condamnant sans aucun fondement. Ceci est clairement exprimé en Romains 2 : 1, dans la traduction de la Bible du Semeur « Toi donc, qui que tu sois, qui condamnes ces comportements, tu n’as donc aucune excuse, car en jugeant les autres, tu te condamnes toi–même, puisque toi qui les juges, tu te conduis comme eux. » Il n’y a pas de doute ici que celui qui juge est celui qui ‘condamne le comportement’ des autres. Il porte un jugement sur autrui en condamnant ses actions.

Le Seigneur Jésus fait référence à l’attitude critique de la personne qui cherche constamment l’erreur dans le but de causer du tort à l’autre. Elle prend plaisir à souligner les fautes des autres et n’a aucune intention de leur venir en aide. Il s’agit d’une disposition qui n’apporte rien de positif dans ses relations avec autrui.

Il est à remarquer que le jugement dont il est question ici en Matthieu, cette attitude condamnatoire que nous venons de décrire, est exactement l’inverse de celle qui cherche à sauver. Jésus dit en Jean 12 : 47 « Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde point, ce n’est pas moi qui le juge ; car je suis venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde » ? Dans ce verset, ‘juger le monde’ et ‘sauver le monde’ sont des antonymes. Lorsque nous portons un jugement sur un frère par des propos médisants, il est clair que nous n’éprouvons aucune envie de le sauver, i.e., de lui prêter main-forte et de l’édifier.

Avant d’aller plus loin, je m’empresse d’ajouter cette précision. Il serait faux de penser que Jésus désapprouve toute forme de jugement. Ce commandement de ne pas juger notre prochain ne réclame pas l’abandon de notre esprit critique. Il s’agit d’une interdiction de juger dans un esprit qui cherche querelle et non pas d’une suspension de notre discernement. Il ne faudrait surtout pas que les chrétiens ferment les yeux sur le mal et se fassent accroire que tout va bien alors que péché est en train d’empoisonner la vie de l’église.

Faire preuve d'esprit critique avec humilité

L’enseignement biblique nous incite constamment à faire preuve d’esprit critique dans les situations où il faut distinguer la vérité du mensonge, ou le bien du mal. D’ailleurs ces paroles du Seigneur sur le jugement sont immédiatement suivies par deux autres commandements dont la pratique exige l’exercice de notre discernement. Au v. 6, Jésus nous demande de ne pas donner aux chiens ce qui est sacré ni de jeter nos perles aux pourceaux, et au v. 15, il nous met en garde contre les faux prophètes. Il y a dans ces instructions une obligation implicite à reconnaître ceux que Jésus appelle des chiens, des pourceaux et des faux prophètes. L’identification de ces personnes doit forcément passer par notre sens du discernement.

Il est bien connu que la nature humaine a une propension à critiquer à la légère. Il est toujours plus facile de chercher le blâme plutôt que de chercher à comprendre le pourquoi des choses. Pourquoi se compliquer la vie quand on peut accuser quelqu’un ?

Nous préférons cultiver une image de nous-mêmes qui nous favorise par rapport au reste de la société. Personne n’aime se retrouver au bas de l’échelle. Pour être francs, avouons que nous prenons un malin plaisir à critiquer les autres. Ne trouvez-vous pas ? Car le fait de condamner les autres a pour effet de rehausser, du moins en apparence, l’image qu’on a de soi. En parlant des malheurs d’autrui, on se donne l’impression d’être dans une meilleure posture, d’appartenir à une classe supérieure car bien sûr, nous ne commettons pas ce genre d’erreurs. Nous savons faire bien mieux que cela, du moins à nos propres yeux. 

La parole de Dieu enseigne une façon beaucoup plus constructive d’être en relation avec notre prochain. Les chrétiens doivent apprendre à se soumettre les uns aux autres. Dans le royaume de Dieu, il n’y a pas de place pour ceux qui veulent se donner des airs de supériorité. Le Seigneur Jésus a communiqué cette leçon à ses disciples en Jean 13 par un geste empreint d’humilité. En lavant leurs pieds, il dit, Jean 13 :14 « Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres » Le lavage des pieds était une responsabilité qui appartenait à l’esclave. Par son exemple, Jésus nous demande de nous mettre au service des autres. L’apôtre Paul revient sur ce point à deux reprises, en Philippiens 2.3 et Éphésiens 5.21. ‘Soyez soumis les uns aux autres,’ écrit-il. ‘Faites preuve d’humilité et ne vous considérez pas au-dessus des autres.’ Ne vous imposez pas en souverain devant votre prochain. Soyez plutôt son esclave.

Cette attitude d’esprit se développe au fur et à mesure que nous marchons avec Dieu. Nous apprenons à distinguer les choses qui comptent aux yeux du Seigneur. Jésus nous dit, ‘Ne considérez pas les gens avec la même échelle des valeurs que le monde. Les grands de ce monde n’ont pas nécessairement une position équivalente dans le royaume des cieux. Si vous voulez être tenus pour grands dans le royaume de Dieu, agissez dans l’esprit d’un petit de ce monde. Devenez l’esclave de votre prochain.’ Quel renversement des valeurs ! Dieu n’a pas du tout la même vision des choses que l’homme naturel. Plus vous nourrissez le sentiment de supériorité dans ce monde, plus cette attitude vous nuira dans le royaume de Dieu. 

La disposition à condamner les autres avec mépris et sans réflexion peut conduire une église à s’engouffrer dans une voie très meurtrière. En Galates 5 :15, Paul fait la mise en garde suivante « Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres. » L’expression ‘mordre et dévorer les uns les autres’ est une autre manière d’évoquer les critiques déplacées et blessantes que condamne Jésus. Cette façon de juger les autres ne peut qu’étouffer la vie de l’église. Si vous mordez et si vous dévorez, i.e., si vous critiquez en cherchant une querelle, alors vous allez finir par vous détruire les uns les autres. À la fin de tout cela, il ne restera rien de vous. Vous allez fatalement à votre perte commune.

Vous voulez éviter une fin aussi tragique ? Alors cessez de vous critiquer mutuellement. Cessez vos médisances. Si vous êtes en désaccord avec l’opinion d’un frère, allez le trouver et discutez de cela en privée. Vous n’avez pas de besoin de crier sur les toits votre divergence de vues et en faisant valoir vos opinions. Et même si vous aviez raison et qu’il avait tort, cela ne vous donne pas le droit de nuire à la réputation d’un frère.

Le pouvoir de juger est une prérogative qui relève du souverain. Le juge agit au nom de l’État pour représenter l’ordre judiciaire. Il a pour fonction de rendre la justice. À cet effet, il est investi d’une autorité juridictionnelle qui lui donne le pouvoir de faire appliquer la loi. Si vous avez enfreint la loi, ou s’il y a une discorde entre deux individus, le problème est présenté devant un juge qui statuera sur la question. Par son droit et son pouvoir de prononcer un jugement, le juge se trouve dans une position d’autorité. 

Lorsque nous jugeons une personne, c’est comme si nous prononcions une sentence contre cette personne. Par une telle attitude, nous nous plaçons au-dessus de celle-ci. Nous prétendons être dignes de cette position et nous nous donnons le droit d’être le juge de la vie d’un autre. Aucun individu n’a la permission de revendiquer un rôle et une responsabilité qui relèvent de Dieu seul. Car en prenant sur nous le droit de juger les pensées et les intentions des autres (ce que nous sommes tous tentés de faire quand ceux-ci ne partagent pas nos opinions), nous usurpons la place de Dieu. Depuis quand suis-je devenu son maître et qu’il est devenu mon serviteur ?

Depuis quand ai-je reçu le pouvoir de m’imposer comme juge devant mes semblables par les critiques que je formule à leur égard ?

Att : juger nous pose en maitre: ce n'est pas notre place

C’est la question que Paul pose aux chrétiens de Rome en Romains 14 :4 « Qui es-tu, toi qui juges un serviteur d’autrui ? S’il se tient debout, ou s’il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l’affermir. » Paul est en train de dire, ‘Chaque croyant est un serviteur de Jésus, notre Maître. Chacun de nous rend compte à notre Seigneur pour être approuvé ou désapprouvé. Nous n’avons pas le droit de juger un autre comme si nous étions son maître. Ce rôle appartient à Dieu. Nous devons savoir cependant qu’il est répréhensible de poser un jugement moral sur la destinée spirituelle d’une autre personne. Dieu seul peut exercer ce droit, ce qu’il fera d’ailleurs par Jésus Christ au jour du jugement.

Paul le comprenait fort bien. Il écrit en 1Corinthiens 4 :4-5 « Car je n’ai rien sur ma conscience ; mais par là je ne suis pas justifié ; mais celui qui me juge, c’est le Seigneur. Ainsi ne jugez rien avant le temps, jusqu’à ce que le Seigneur vienne, qui aussi mettra en lumière les choses cachées des ténèbres, et qui manifestera les conseils des cœurs ; et alors chacun recevra sa louange de la part de Dieu. » Par ces mots, Paul veut nous faire savoir que l’homme ne peut pas se donner le même pouvoir que seul Dieu possède. Aucun être humain n’a la compétence nécessaire pour juger un frère sur sa fidélité envers Dieu car nous ne pouvons pas lire dans la pensée des gens ni évaluer avec justesse leurs intentions. En outre, nous disposons rarement de tous les faits qui entourent une situation donnée. Avec tous ces manquements, on doit admettre que l’homme est incapable de se prononcer en toute connaissance de cause et en toute équité. La leçon est simple. Ne jugez pas. Ne jouez pas le rôle du Juge Divin. Ne vous prenez pas pour Dieu.

Celui qui juge sera lui aussi jugé

Il y a un grand danger auquel nous nous exposons lorsque nous commençons à juger les autres. Tôt ou tard, nous serons également jugés. Et la sévérité du jugement que nous subirons sera proportionnelle à la sévérité que nous avons exprimée quand nous avons osé condamner les autres. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. Le critiqueur sera jugé selon la loi de la réciprocité, que vous serez jugés en appliquant sur vous la même mesure dont vous vous êtes servis pour juger votre prochain. Cette relation réciproque présente le principe biblique selon lequel toute personne récolte ce qu’elle a semé. La parole de Dieu en fait mention à plusieurs endroits. En voici quelques exemples. 

  • Galates 6 :7. « …Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. »
  • 2 Corinthiens 9 :6. « Sachez-le, celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment. »
  • Matthieu 5 :7 « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ! »
  • Jacques 2 :13 « Car le jugement est sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde… «
  • Job 4 : 8 « Pour moi, je l’ai vu, ceux qui labourent l’iniquité et qui sèment l’injustice en moissonnent les fruits. »

Ce principe de réciprocité régit la vie de tout homme et il s’applique tant dans ses rapports avec Dieu qu’avec ses semblables. Il se rapporte tout autant à la manière dont les gens peuvent nous juger qu’à la mesure dont Dieu se servira pour juger. Une personne qui est portée à la critique invite les autres à faire de même à son égard. Si elle a l’habitude de tenir des propos méchants pour tout et pour rien, elle doit s’attendre à être payée de la même monnaie. De même, Dieu nous traitera de la même façon que nous agissons envers les hommes. Ceux qui jugent les autres se retrouveront dans une situation où ils seront jugés par Dieu.

Ce que Christ interdit ici, c'est le sport favori des scribes et des Pharisiens : le jugement selon l'apparence (6.1ss). Le classement des hommes entre les bons et les mauvais sur une base artificielle, souvent faite d'orgueil. C'est se soucier toujours des fautes des autres, lorsqu'on est soi-même rempli de fautes. C'est croire que si l'on maîtrise une tentation, ceux qui ne l'ont pas maîtrisée sont des nuls, et ne pas voir que l'on est tombé dans l'orgueil.

Je suis sûr qu'il vous est déjà arrivé de vivre la même chose. De se sentir fort à un moment donné, et d'être dur envers un frère, une sœur qui est tombé, sans réaliser que l'arrogance est toute aussi grave que le péché du frère ou de la sœur …

Vous le savez, Dieu nous appelle à venir à Lui tel que nous sommes. Avec seulement nos cœurs et notre foi, et notre désir de Lui. On n'attend pas d'être quelqu'un de bien pour venir à lui. C'est lui, Jésus Christ, qui nous transforme en quelqu'un de bien.

Il existe plusieurs moyens de cesser de critiquer. Ce qui est difficile, tant la critique est attachée à notre habitude humaine. Je vous propose trois moyens d'inverser la vapeur.

  • Remplacer la critique par la prière. Chaque fois que vous entendez une critique, priez pour la personne en cause, afin que votre cœur ne s'endurcisse pas contre elle. Dès que vous souhaitez critiquer, priez, pour que votre cœur se remplisse de bienveillance.
  • Cultiver une vertu opposée. Chaque fois que la critique surgit, je vais chercher à la remplacer une attitude d'amour… par une attitude d'espérance… de patience… de service…
  • Utiliser nos observations pour chercher à grandir soi-même. C'est le point suivant.

EXPL : comment faire cesser les critiques

Le Seigneur Jésus poursuit Matthieu 7 :3 « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? » Il y a une teinte d’humour dans cette question que Jésus pose. ‘Comment se fait-il que tu sois si habile à discerner un grain de sciure dans l’œil de l’autre alors que tu ne vois même pas la grosse poutre qui est dans le tien ? Quelle aberration !’ Jésus utilise souvent un style hyperbolique pour mettre en relief les points essentiels de son enseignement. La paille et la poutre représentent les défauts personnels qui nécessitent une correction. Et l’absurdité de la situation se perçoit aisément dans la question suivante : Pourquoi le critiqueur est-il si préoccupé par les petites imperfections des autres quand il a de graves problèmes personnels à régler ?

Pourquoi sommes-nous autant capables d'observer le mal chez autrui, et si peu enclins à le voir chez nous ?

L'orgueil. Quand on voit les fautes d'un autre, on se sent meilleur, saint, puissant, supérieur. C'est " formidable " pour notre chair de savoir qu'un autre est pire ! On se sent plus grand quand on regarde d'en-haut.

La ‘fainéantise.' Elle me permet de fermer les yeux sur mes propres péchés, que je juge inférieurs en gravité. Tant que je pense que d'autres sont pires, je n'ai à m'inquiéter de ma vie spirituelle, n'est-ce pas ? Ceci cultive une tendance naturelle à la paresse spirituelle…

Notre conscience. Nous savons plus ou moins intuitivement que certains traits de caractère sont à développer en nous. La frustration de les voir si faibles nous rend sensibles à leur absence chez d'autres. On remarque plus facilement chez les autres ce qui précisément nous manque.

Plusieurs similitudes unissent la " paille " et la " poutre. "

Toutes les deux empêchent de voir. S'il est vrai que la seconde laisse des dommages permanents, la première provoque une gêne identique quant à la vue.

Lorsque vous avez ne serait-ce qu'une poussière dans l'œil, il est quasiment impossible de faire un travail manuel précis — encore moins un travail de chirurgien.

L'idée du Christ, c'est que le péché aveugle ou rétrécit notre vision. Il nous rend incompétent.

Un aveugle ne peut conduire un autre aveugle sans risquer la catastrophe. Il devient ainsi aberrant de vouloir aider quelqu'un. 

Par cette illustration, Christ rappelle combien la base d'un ministère, d’un service pour Lui envers les autres, c'est le caractère. C'est ce que l'on est qui nous donne le droit de parler à quelqu'un, ou de l'enseigner.

Ainsi, le désir de juger (une saine préoccupation parfois) doit être simplement réorienté : vers soi-même. C'est comme si nous avions un outil constant d'évaluation, un radar toujours en éveil. On peut le faire travailler sur différentes zones, le Christ voudrait que nous le fassions fonctionner sur nous-mêmes, pour aspirer à la croissance. Le désir de critique, c'est un peu comme le faisceau d'une lampe de poche. Il n'éclaire qu'une zone à la fois. Si vous éclairez un endroit, vous ne pourrez en éclairer un autre. Christ dit : éclaire donc tes propres pas.

Au lieu de regarder les autres, le Seigneur Jésus nous demande d’être juges de nos propres actions. Ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. Examinez vos propres fautes avant d’aller critiquer celles des autres. N’essayez pas de résoudre les problèmes des autres sans avoir mis de l’ordre dans votre propre vie. 

Il ne faudrait pas interpréter cette instruction comme une interdiction d’aider ceux qui se trouvent aux prises avec des difficultés. Jésus nous encourage certainement à venir en aide à ceux qui en ont de besoin, mais pas avant d’avoir pris soin de s’occuper de nos propres problèmes. Ceci est facile à comprendre. Si vous avez pris la peine de vous pencher sur vos défauts, il est fort probable que vous allez rendre service aux autres avec tact. Celui qui a su s’examiner et résoudre ses problèmes est capable de voir clairement. Il sera en mesure d’enlever comme il se doit la poussière dans l’œil de son frère. Nous pouvons également expliquer les paroles de Jésus sous l’angle suivant : les personnes qui ont acquis la maturité nécessaire pour assister adéquatement les autres sont ceux qui ont appris de leurs fautes.

En conclusion, le commandement de ne pas juger autrui n’en est pas un qui nous demande de fermer nos yeux et d’agir en aveugles. Bien au contraire. Jésus veut que nous ayons les yeux grands ouverts, non pas sur les autres, mais d’abord et avant tout sur notre propre personne. Au lieu de juger les autres, commençons par nous juger nous-mêmes.

SOYEZ VIGILENTS

Matthieu 7 :6 « Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu'ils ne les foulent aux pieds et ne se retournent pour vous déchirer. »

Si dans la première exhortation Jésus s'attache à un problème entre frères, il est évident que dans cette seconde exhortation, l'orientation est différente. Ce n'est pas de frères qu'il est question dans Matthieu 7 :6, mais de « chiens » et de « pourceaux ». Pour les Juifs, ces deux termes représentaient tout ce qui est impur et honteux.

Les chiens et les porcs n'ont pas bonne presse dans la Bible !

Les chiens de la Bible ne ressemblent pas aux caniches des maisons françaises. Ils étaient plutôt les ennemis des hommes. Ils rodaient en bandes, étaient souvent malades, et constituaient une menace pour la santé, pour les enfants et pour ceux qui voyageaient seuls.

Quant aux pourceaux, c'étaient des animaux impurs selon la loi de Moïse. Ils étaient répugnants pour la population de l'époque. Leur élevage ou leur consommation étaient interdits.

Ces deux animaux sont utilisés dans la Bible comme illustration d'hommes mauvais, ou rusés pour le mal, et dont il faut se protéger. Philippiens 3 : 2 " prenez garde aux chiens, prenez gardes aux mauvais ouvriers, prenez garde aux faux circoncis. "

Par leur saleté constante ou par leur comportement, ces animaux illustrent leur condition.

Jésus était réaliste. Sa vision élevée de ce que pourrait être l'homme avec l'aide de Dieu ne lui cachait pas la réalité de ce qu'est l'homme. Il voyait bien que les disciples n'auraient pas seulement à combattre des problèmes entre eux, à l'intérieur du cercle des disciples, mais qu'ils auraient aussi à faire face à des situations difficiles dans leurs relations avec les « chiens » et les « pourceaux ».

Ceux-ci sont des hommes et des femmes qui ont perdu tout jugement moral et spirituel, S'étant corrompus eux-mêmes, ils n'ont aucun scrupule à corrompre d'autres personnes.

Leur Dieu, c'est leur ventre - c'est ce qu'écrit Paul à leur sujet dans Philippiens 3 : 19 « Leur fin sera la perdition ; ils ont pour dieu leur ventre, ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte, ils ne pensent qu’aux choses de la terre. »

Cette deuxième exhortation traite donc des relations des disciples avec de telles personnes. Les « perles » dont il est question ici, sont, les enseignements donnés par Jésus sur la Montagne – chapitre 5 & 6. La question que présuppose cette exhortation touche donc à notre utilisation des enseignements de Jésus face à des étrangers hostiles.

Quel rôle doivent jouer ces « perles » de sagesse dans mes relations avec les hommes mauvais à l'extérieur de la communauté des disciples ?

La réponse est la prudence. Il est dangereux d'essayer d'apporter ces enseignements dans une vie qui ne leur est pas ouverte. Une telle stratégie missionnaire causera plus de mal que de bien. L'enseignement économique de Jésus, par exemple, sera vu comme du fanatisme par ceux dont le cœur est prisonnier de l'accumulation des biens. L'homme impur sera rendu furieux par ce qu'il considère comme le puritanisme ridicule des conseils de Jésus au sujet de la sexualité. Tout essai pour faire pénétrer cet enseignement dans sa vie ne fera que susciter une tempête de moquerie. Pour l'homme athée, la prière telle que Jésus l'enseigne est une manière de se tromper soi-même.

Jésus recommande de ne pas exposer ces enseignements devant ceux qui ne leur sont pas ouverts.

Cela ne veut pas dire, bien sûr, que nous ne devons pas avoir de relations avec de telles personnes ni de ne pas leur annoncé l’Evangile.

Cela ne signifie pas la fin de toute responsabilité. Dans les dernières lignes de l'Evangile de Matthieu nous trouvons un ordre, donné par Jésus à ses apôtres, d'aller et de faire de toutes les nations des disciples (Matthieu 28/19). Jésus est venu chercher et sauver les perdus ; et qui est davantage perdu que les « chiens » et les « pourceaux » dont il parle ici ?

Cependant, nous ne les gagnerons pas en jetant devant eux les beautés du Sermon sur la montagne.

Le Sermon sur- la montagne, comme nous l'avons plusieurs fois laissé entendre, est pour les disciples. Il est pour ceux qui ont déjà ouvert leur vie à Jésus et à la volonté de Dieu, révélée par lui. Le fait de condamner le monde à la lumière du Sermon sur la montagne ne l'amènera pas à Jésus-Christ. Cela ne fera que susciter la haine et discréditer l'enseignement du Seigneur.

Ainsi donc, nous ne devons en aucun cas exhorter sur la base de ces enseignements des personnes hostiles et extérieures à la communauté chrétienne. Ce n'est que lorsque nous aurons soigneusement examiné et purifié notre vie des fautes qu'elle contient que nous serons capables d'aider quelqu'un dans cette voie ; et même à ce moment-là, les seuls qui pourront être aidés seront ceux qui acceptent de l'être. Si nous voulons gagner le monde au Christ du Sermon sur la montagne, vivons la vie qu'il nous a enseignée.

Attachons-nous à ces paroles de Jésus jusqu'à ce qu'elles deviennent tellement partie intégrante de notre vie, que sa voie nous soit naturelle. Alors le monde verra ce que signifie « être chrétien ». Ce ne sont pas nos paroles jetées devant eux, mais notre vie vécue librement et spontanément au milieu d'eux qui portera le message.

Matthieu 5 :13-16 « C’est vous qui êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade avec quoi le salera-t-on ? Il n’est plus bon qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les hommes. C’est vous qui êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière brille ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos œuvres bonnes, et glorifient votre Père qui est dans les cieux. »


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