La physique : du berceau à l’adolescence – Partie I – Romains 1 : 18-32

18 La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive,
19 car ce qu'on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant fait connaître.
20 En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l'œil, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables,
21 puisque ayant connu Dieu, ils ne l'ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres.
22 Se vantant d'être sages, ils sont devenus fous ;
23 et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en images représentant l'homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes, et des reptiles.
24 C'est pourquoi Dieu les a livrés à l'impureté, selon les convoitises de leurs cœurs ; en sorte qu'ils déshonorent eux-mêmes leurs propres corps ;
25 eux qui ont changé la vérité de Dieu en mensonge, et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur, qui est béni éternellement. Amen !
26 C'est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes : car leurs femmes ont changé l'usage naturel en celui qui est contre nature ;
27 et de même les hommes, abandonnant l'usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement.
28 Comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur sens réprouvé, pour commettre des choses indignes,
29 étant remplis de toute espèce d'injustice, de méchanceté, de cupidité, de malice ; pleins d'envie, de meurtre, de querelle, de ruse, de malignité ;
30 rapporteurs, médisants, impies, arrogants, hautains, fanfarons, ingénieux au mal, rebelles à leurs parents, dépourvus d'intelligence,
31 de loyauté, d'affection naturelle, de miséricorde.
32 Et, bien qu'ils connaissent le jugement de Dieu, déclarant dignes de mort ceux qui commettent de telles choses, non seulement ils les font, mais ils approuvent ceux qui les font.
- Romains 1.18-32 -
INTRODUCTION - PARTIE I - Plongee dans les tenebres
« Les Saintes Écritures ne peuvent ni mentir ni se tromper, et ce qu’elles déclarent est vrai de façon absolue et inviolable. Je dois néanmoins ajouter que si les Écritures ne peuvent pas se tromper, il n’en demeure pas moins que, parfois, ce peut être le cas de certains de ceux qui les exposent et les interprètent, et ce de diverses manières. »
« Interdire toute activité scientifique revient à rejeter des centaines de déclarations qui nous faites dans les Écritures Saintes, et qui nous montrent comment la gloire et la grandeur du Dieu Très Haut se révèlent magnifiquement à travers toute son œuvre, et comment par sa grâce divine elles sont lues dans le livre ouvert des cieux. »
Galilée (1564 – 1642)
« L'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'univers d'où il a émergé par hasard. Non plus que son destin son devoir n'est écrit nulle part. »
J. Monod (Prix Nobel 1965)
Ces messages qui s'intéressent à l'état moral de notre société se placent
- Dans le contexte du troisième des jugements mentionnés dans l'épître de Jude
Jude 1 : 5-7
« Je veux vous rappeler, à vous qui savez fort bien toutes ces choses, (1) que le Seigneur, après avoir sauvé le peuple et l'avoir tiré du pays d'Égypte, fit ensuite périr les incrédules ;
6 qu'il a réservé pour le jugement du grand jour, enchaînés éternellement par les ténèbres, les anges qui n'ont pas gardé leur dignité, mais qui ont abandonné leur propre demeure ;
7 (2) que Sodome et Gomorrhe et les villes voisines, qui se livrèrent comme eux à l'impudicité et à des vices contre nature, sont données en exemple, subissant la peine d'un feu éternel. »
dont on a un parallèle en 2 Pierre 2:6 , où l'emphase est mise sur l'exemple, ayant en vue l'avenir :
« S’il a condamné à la destruction et réduit en cendres les villes de Sodome et de Gomorrhe, les donnant comme exemple aux impies à venir »,
- Et dans les similitudes que l'on trouve dans deux “listes” de Paul :
L'une qui, dans le premier chapitre de l'épître aux Romains, vient conclure une impressionnante description du développement de l’impiété, et de ses conséquences, Romains 1 : 28-32.
L'autre qui nous décrit l'état d’esprit des hommes des derniers temps.
2 Timothée 3 : 1-5 : « Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. 2 Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, 3 insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, 4 traîtres, emportés, enflés d'orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, 5 ayant l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Eloigne toi de ces hommes là. »
Cet ensemble suggère que l'état moral d'une société se devrait d'être regardé comme un signe des temps potentiellement annonciateur des jugements qui viendront sur elle, et auxquels l'église doit se préparer.
Or nous disposons dans les Écritures d’au moins deux textes présentant une description des mécanismes qui amènent une société à l'état de déchéance évoqué dans Jude et dans Pierre. Il s’agit des versets 49 et 50 du livre d’Ézéchiel, chap. 16, et des versets 18-32 du livre de Romains, chap.1. Les premiers adressent les questions de l’orgueil, de l’abondance, de l’indifférence à la pauvreté et à la misère, les seconds les questions relatives à l’orgueil de la connaissance, l’orgueil du savoir, et à tout ce qui s’y rattache (cf. ci-dessous). Dans ces messages nous restreignons volontairement l’analyse à ce dernier aspect, sachant que notre civilisation occidentale actuelle tombe également sous ces deux jugements, avec l’orgueil en source première d’infamie !
la physique : du berceau a l'adolescence
LECTURE DE ROMAINS 1 : 18-22
Associant Jude 5-7 (et bien-sûr 2 Pierre 2 :6) avec Romains 1 :18-22, et considérant l'histoire de la pensée scientifique occidentale, Il semble maintenant intéressant d'évaluer dans quelle mesure l'apôtre présente un développement qui pourrait correspondre au nôtre, et d'en tirer les nécessaires conséquences.
La conclusion est dramatique :
A partir de la deuxième moitié du XVI -ème siècle (époque où la science cesse de balbutier et devient une activité majeure tout au moins en Europe) jusqu'à nos jours le canevas paulinien décrit exactement ce que fut le développement scientifique, accompagné de son habillage philosophique, imprégnant la
Culture (avec l'apparition d'un barbarisme nouveau “la pensée unique”) et conséquemment la Morale (avec l'émergence d'une immoralité devenue “de masse”).
Pour réaliser ce programme j'aurai besoin de parler un peu de science, et même un peu de philosophie.
XVII -ème siècle
L'étude du mouvement des planètes (l'astronomie) a de tout temps été une branche centrale de la « philosophie naturelle » (physique). Elle est à l'origine de modèles aux poids philosophiques lourds. Ainsi ceux, géométriques, d'Aristote puis au deuxième siècle de Ptolémée (tous deux géocentriques) regardant les planètes comme orbitant autour de la terre selon des trajectoires fort complexes (combinaisons de cercles pour Ptolémée), et plus tard en 1543 de Copernic (héliocentrique) regardant les planètes comme tournant circulairement (avec quelques nécessaires adaptations) autour du soleil, ainsi que sur elles-mêmes. Mais cette dernière description soulève une question : pourquoi le mouvement des objets sur terre ne ressent-il pas que cette dernière est en mouvement (~100.000 km/h autour du soleil) ?
Arrive Galilée (1564-1642), dont le christianisme ne saurait être contesté, qui pose le principe d'inertie (résolvant le problème ci-dessus par l’assertion « le mouvement est comme rien » ou plus précisément f=0 implique v=cste). D’où l’introduction des référentiels galiléens. Il s’agit ici d’une révolution considérable en ce qu’elle signifie que bien que la terre ne soit pas au centre de l’univers on peut quand même y écrire des lois qui auront « force de loi » dans l’univers.
Galilée montre aussi que la chute des corps se fait selon un mouvement uniformément accéléré (f=cste , v α t). Et il montre que la chute des corps est dans le vide insensible à leur masse…. Ce qui est vrai quand elle est seule à paramétrer ce mouvement, comme c’est le cas lorsqu’on considère un mouvement gravitationnel, mais cesse de l’être sinon.
Galilée a donc fait progresser de façon essentielle l’établissement de ce qu’on appellera plus tard les lois de Newton…et ce contre l’Église qui, par idéologie « biblique », voulait que la terre fût au centre de la création.
Mais Galilée soulève une nouvelle question : pourquoi la Lune, et les lunes de Jupiter qu'il vient de découvrir grâce à sa lunette, ne sont-elles pas « arrachées » de leur planète pour tourner autour du Soleil ? Question d'autant plus difficile à résoudre qu 'il refusait l'idée d'une force « agissant à distance ». En cela il s'opposait à son contemporain, Kepler qui en faisait, par la Lune, l'explication des marées.
Ce même Kepler (1571-1630) - d'origine luthérienne - utilisant les mesures de Tycho Brahé, découvre ses fameuses « lois de Kepler », dont la première dit que les planètes courent autour du Soleil selon des ellipses dont il est un des foyers. On venait de quitter la tyrannie aristotélicienne du cercle. Les deux autres lois (loi des aires et loi dite d'harmonie) sont à caractère algébrique. Mais il faut noter que ces travaux, bien que remarquables, furent ignorés ou peu connus des contemporains de leur auteur car enfouis dans une sorte de salmigondis ésotérique fruit d'un esprit mystique et torturé (Kepler semble avoir fleureté avec l'astrologie).
Ainsi entre-t-on dans le XVII -ème siècle, lequel est essentiellement dominé par quatre hommes qui fondent la science des siècles qui suivent :
- Newton (Angleterre) fonde, dans les « Principia » (« Principes mathématiques de la philosophie naturelle » 1687) la mécanique rationnelle et la gravitation (identifiant masses inertielle et gravitationnelle implicite chez Galilée) et en donne des formulations mathématiques, à partir desquelles il explique toutes les questions ci -dessus restées en suspens, et bien d'autres…; fonde le calcul integro-différentiel et le calcul des variations ; dévoile la physique de l'arc-en- ciel ; invente le télescope à miroirs….. C'est le plus grand des grands.
Ayant "circonscrit" tous les problèmes mécaniques de son temps (cf. la comète de Halley de période 75
ans) et, à l'exception de ceux qui incombent à l'électromagnétisme et de limites décrites par les sciences du XX -ème siècle, l'essentiel de ceux de l'heure actuelle, la mécanique Newtonienne est regardée, dès le début du XVIII -ème siècle, comme une clé de voûte (il y a plusieurs voûtes comme on vient de le suggérer !!). Dans sa formulation lagrangienne (XVIII -ème siècle) elle charpentera tous les développements ultérieurs de la physique. C'est l'évident aboutissement d'une révélation d'En-Haut.
- Leibniz (Allemagne), fonde le calcul intégro-différentiel (Newton et Liebniz l'ont simultanément fondé, selon une perspective physique pour l'un mathématique pour l'autre).
- Descartes (France), écrit un « Discours de la Méthode » (évolution plus que révolution du système de pensée déductif de l'Antiquité, cf. ci-dessous) qui le place premier des philosophes modernes, fonde la géométrie analytique, contribue à l'optique (mais Snell !)
- Pascal (France), révèle l'existence du vide (jusqu'alors controversée), construit le premier calculateur digital, fonde avec Fermat le calcul des probabilités (appliqué aux jeux), contribue à l'hydrostatique dans la suite d'Archimède...
Ils sont pétris de culture chrétienne, deux sont assurément chrétiens (Liebniz et Pascal). En ce qui concerne Newton (créationniste ayant laissé une œuvre théologique conséquente) son antitrinitarisme (qui exclut Christ de la divinité) rend la pureté de son christianisme problématique ; et pour Descartes son christianisme était à géométrie variable, selon qu'il l'ait pratiqué (catholique) ou qu'il en ait écrit (Dieu est démontrable). “il y a plein de duplicité en Descartes” disait Liebniz.
Newton et Pascal (mais aussi avant eux Galilée) ont du monde une approche expérimentale, ce qui les distingue profondément de Descartes qui base son approche sur le “Cogito”. Comme les principaux philosophes de l'antiquité il veut décrire le monde sur le fondement de la seule construction intellectuelle, sur une base « axiomatique » un peu à la manière des mathématiciens... et ce puisque c'est l'essence de Dieu....
« Mais le propre des lois et théories physiques est de procéder à la fois à la définition des concepts et à leur maniement » (Christian Magnan Collège de France).
Il apparaît que la méthode inductive (expérimentation-induction) est celle que Dieu réserve aux hommes dans leur recherche de Dieu :
- Actes 17 : 27 « Il a voulu qu’ils cherchent le Seigneur et qu’ils s’efforcent de le trouver en tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous ».
- Proverbe 25 : 2 « La gloire de Dieu, c'est de cacher les choses ; La gloire des rois, c'est de sonder les choses »
Il y a là, me semble-t-il, une image de la façon dont Il veut que l'homme aille à la découverte de l'univers physique, cherchant à extraire, par induction, les lois qui le fondent, lesquelles se présentent toujours comme “habillées”, jamais selon une expression pure (cf. anecdote ci-dessous, à laquelle on adjoint la découverte par Galilée de la loi de la chute des corps dans le vide à partir d’une expérience de pensée). Newton montre que c'est le mathématicien caché derrière le physicien qui est le plus à même d'extraire le diamant de sa gangue, tout en le concevant.
Ajoutons que l'existence de lois universelles, matrice de la pensée scientifique occidentale, est un présupposé profondément biblique :
- Job 38 : 33 « Connais-tu les lois du ciel ? Règles-tu son pouvoir sur la terre ? »
- Jérémie 33 : 25-26 « Ainsi parle l'Éternel : Si je n'ai pas fait mon alliance avec le jour et avec la nuit, Si je n'ai pas établi les lois des cieux et de la terre, Alors aussi je rejetterai la postérité de Jacob et de David, mon serviteur, Et je ne prendrai plus dans sa postérité ceux qui domineront Sur les descendants d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Car je ramènerai leurs captifs, et j'aurai pitié d'eux. »
- Jérémie 31 : 35-36 « Ainsi parle l'Éternel, qui a fait le soleil pour éclairer le jour, Qui a destiné la lune et les étoiles à éclairer la nuit, Qui soulève la mer et fait mugir ses flots, Lui dont le nom est l'Éternel des armées : 36 Si ces lois viennent à cesser devant moi, dit l'Éternel, La race d'Israël aussi cessera pour toujours d'être une nation devant moi. »
- Ps 119 : 91 « C'est d'après tes lois que tout subsiste aujourd'hui, Car toutes choses te sont assujetties. »
Il y a bien sûr d'autres grands noms dans ce XVII -ème siècle ;
- La dynastie calviniste des Bernoulli ;
- Fermat (principe de moindre action pour l'optique, qui se propage sous forme de principes variationnels dans toute la physique théorique ; théorie des probabilités avec Pascal ; Gd Th), homme de grande foi.
- Mais aussi Huyguens (théorie ondulatoire de la lumière, justification des lois de Snell…), créationniste opposé à toute forme d'évolution.
- En 1673, avec son jeune assistant Denis Papin (génial inventeur français de la machine à vapeur, calviniste alors en Hollande en anticipation de la Révocation de l’Edit de Nantes, par ailleurs ami de Leibnitz) il pose le principe du moteur à combustion interne, dont les conséquences sont innombrables…………
- Et il ne faudrait pas non plus oublier l'irlandais Boyle vrai découvreur de la « loi de Mariotte des gaz parfaits », précurseur de la théorie atomique de la matière, naturaliste très attaché à l'approche expérimentale. Sa foi chrétienne gouverna sa pensée ce qui a participé à le plonger dans l'oubli…sans parler de l'ombre portée de Newton ! Il légua de grosses sommes d’argent pour l'organisation de conférences, qui d'ailleurs existent toujours, en vue de « l’accomplissement de la foi chrétienne contre les incroyances notoires ».
- Mais il y a aussi Spinoza. Sa doctrine « axiomatique » repose sur une définition de Dieu, suivie d'une démonstration de son existence et de son unicité (!!), et propose une religion rationnelle qui rejette la transcendance divine et une révélation surnaturelle. Dieu est immanent chez Spinoza, ce qui lui valut le rejet de la communauté juive dont il était issu, mais aussi celui des chrétiens comme Leibniz. Il se distingue de Kant en ce que jamais ce dernier ne se risquera à « démontrer l'existence de Dieu ». L'un est dogmatique cartésien, l'autre agnostique…
Une anecdote :
Dans son fameux Philosophiae Naturalis Principia Mathematica Newton décrit le système solaire et arrive à la conclusion que les mouvements purs des objets célestes sont modifiés par leurs interactions, et qu'« au cours des siècles » ceci peut conduire à l'explosion ou à l'implosion du système solaire. En conséquence il pense que Dieu devra, comme aux jours de la Création, donner de temps à autres les corrections nécessaires pour que la pérennité du système solaire soit assurée.
Ce n'est pas le point de vue de Leibniz qui, se pensant dans le septième jour, dit à Newton que ses conclusions sont sûrement fausses, « C’est avoir des idées bien étroites de la sagesse et de la puissance de Dieu. »
Peu importe que l'un ait raison et l'autre tort, ce qui compte est qu'ils semblent l'un et l'autre à la recherche de la vérité, qu'ils savent soumise à Dieu. Sans aucun doute !
“les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle.........” sont une réalité pour ces “géants”.
le XVIII ème sciecle - les lumieres
Au XVIII -ème siècle les philosophes ayant réalisé, d'une part que la description des phénomènes physiques qui a pris son envol au XVII -ème siècle peut se faire sans référence à Dieu, et d'autre part que l'introduction de la doctrine religieuse dans l'activité scientifique peut s'avérer pernicieuse (cf. procès de Galilée), décident de s'affranchir de l'Un et de l'autre. La foi en Dieu devient la foi en la science.
l'Encyclopédie
Et Diderot, lance avec D’Alembert le projet encyclopédique (Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers) :
- La philosophie de Diderot, lequel pensait que les mathématiques n'étaient qu'un voile entre l'être humain et la nature (!!), se résume à un matérialisme athée : « le monde est un tout matériel quasi organique où, la vie procède du minéral, et la pensée de la vie, et ce continûment ».
- Il y a donc un « transformisme» de Diderot, qui anticipe sur les idées de Lamarck.
Note : conformément à l'idéologie scientifique du siècle, Diderot affirme (en accord avec Pascal, mais contrairement à Descartes) que la connaissance est essentiellement fille de l'expérience.
Noter que les contributeurs à l'Encyclopédie ne sont pas tous farouchement athées, ainsi en est-il de Montesquieu, Voltaire et D'Alembert, essentiellement déistes libres-penseurs. Quant à Rousseau, déiste lui aussi, c'est un point singulier :
- Réfutant la notion de péché originel, il dit l'homme « né naturellement bon » (!!!), puis corrompu par la vie sociale, par l'histoire.
« L'astronomie est née de la superstition ; l'éloquence, de l'ambition, de la haine, de la flatterie, du mensonge ; la géométrie de l'avarice ; la physique d'une vaine curiosité ; toutes, et la morale même, de l'orgueil humain. Les Sciences et les arts doivent donc leur naissance à nos vices ».Voltaire s'est plu à rappeler que ce « Newton de la morale » selon Kant, dont les écrits (principalement « le contrat social » et « l’Émile ») ont inspiré « la déclaration des droits de l'homme » et plusieurs des plus grands philosophes allemands, a confié ses cinq enfants, nés d'une modeste servante, à l'hospice des enfants trouvés !!!
Rédaction de l'Histoire Naturelle et création de la biologie moderne
Parallèlement à L'Encyclopédie, un de ses collaborateurs, Buffon, écrit une « Histoire Naturelle » (36 volumes) couvrant l'Histoire de la terre (qu’il dit très ancienne), celle de l'homme, et celle des animaux.
« Où étiez-vous, disait Dieu à Job, lorsque je jetais les fondements de la terre ? M. de Buffon semble nous dire sans s’émouvoir : J'étais là. » (Sainte-Beuve, critique littéraire, XIX ième)
- Buffon est un vulgarisateur de grand talent idolâtré de ses contemporains. Précurseur du transformisme (le sien est dégénérescent-réversible) il prépare le public au bouleversement que Lamarck amorcera, et qui sourd déjà.
- Notons qu'il se disait attaché à l’Église mais que celle-ci rejetait sa pensée et que la Sorbonne le condamna à deux reprises !!
Lamarck, crée la biologie moderne, science du vivant qui vient compléter, et se greffer dans, celle de l'inanimé qui prospère.
Lamarck considère que les êtres vivants les plus simples apparaissent par génération spontanée comme le produit naturel des lois physiques. Leur source est le monde minéral.
À partir de ces êtres très simples, se forment des êtres un peu plus complexes. À partir d’eux s’en forment d’autres encore plus complexes, et ainsi de suite, jusqu’à ce que soient formés des êtres vivants aussi aboutis que les mammifères et l’homme. De plus le milieu est ici acteur dans le processus (cf. le cou des girafes s'adaptant à la hauteur des arbres !), les mutations induites se transmettant de générations en générations.
Le transformisme (ascendant), annonciateur (la pression environnementale étant le précurseur de la sélection naturelle) de la théorie de l'évolution était né. Cette dernière est la matrice diabolique des siècles qui suivront.
A cette même époque, en Suède, von Linné, naturaliste fixiste pour qui les espèces vivantes ont été créées par Dieu lors de la Genèse et n’ont pas varié depuis, fonde un système de nomenclature afin de désigner en les triant toutes les espèces animales végétales et minérales ; et ce dans le but de montrer la grandeur de la création divine. Ce système taxonomique a été essentiel dans le développement des sciences naturelles, et reste la base des classifications utilisées aujourd'hui.
Suite de l'anecdote :
A la fin du siècle Laplace (mathématicien et physicien français, parmi les plus grands) présente à Bonaparte (premier consul) la première édition d'un mémoire construit à partir d'une approche lagrangienne de la mécanique de Newton, et concernant le système solaire (« Exposition du Système du monde »).
Et celui-ci (Napoléon) l'interroge : « Newton a parlé de Dieu dans son livre. J'ai déjà parcouru le vôtre et je n'y ai pas trouvé ce nom une seule fois. »
A quoi Laplace aurait répondu : « Citoyen premier Consul, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse. »
Pour « atténuer le choc », beaucoup de commentateurs disent, qu'ayant montré dans ce mémoire la stabilité du système solaire, il n'avait pas besoin des interventions divines suggérées par Newton !!
Il reste que la remarque de Bonaparte est exacte, le nom de Dieu ne figurait pas dans cette première édition !! C'est d'autant plus frappant le nom de « Dieu » apparaît dans les éditions suivantes !!!
Et qu'à la fin de sa vie Laplace écrit à son fils : « Je prie Dieu qu'il veille sur tes jours. Aie-Le toujours présent à ta pensée, ....... ainsi que ton père et ta mère. »
Newton ayant dit « Cet admirable arrangement du soleil, des planètes et des comètes ne peut être que l'ouvrage d'un être intelligent et tout-puissant. »
Laplace, comme pour le soutenir, aura ce mot final « Mes travaux, s'ils avaient été connus de Newton, à savoir que les conditions de l'arrangement des planètes et des satellites, sont précisément celles qui en assurent la stabilité, auraient confirmé son assurance en une Création ouvrage d'un Créateur tout puissant. »
Note : Ce n'est pas la fin de l'affaire car la solution de Laplace donnait une stabilité du système solaire à l'horizon de quelques milliers d'années. Poincaré ayant fait évoluer les mathématiques dans ce contexte d'interactions complexes, les derniers résultats (1992) donnent une stabilité assurée pour 200 millions d'années !!!!!
Ainsi à la fin du XVIII -ème siècle, « l'anecdote » a pris un tour différent :
- Romains 1 : 18 « En effet, la colère de Dieu se révèle du haut du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui tiennent la vérité captive dans l’injustice ; car ce qu’on peut connaître de Dieu est pour eux manifeste : Dieu en effet le leur a manifesté. »
Dans la première édition de son ouvrage Laplace illustre ce verset. Il s'est repris. Ceux qui lui succéderont n'auront pas cette honnêteté.
Il va falloir un philosophe pour « théoriser » l'esprit du siècle. Ce sera Kant. Sa pensée continue à structurer celle du siècle actuel.
D'autres anecdotes - Euler et Lagrange (pères des équations E-L) : rencontres avec l'esprit des lumières et celui des ténèbres « Rencontre avec les « lumières »
Parmi tous les grands noms de ce XVIII -ème siècle il en est un qui doit être nommé, Euler, immense mathématicien suisse, homme pieux attaché aux écritures en cela hors du courant dominant, une sorte d'anti-Diderot.
On raconte qu'il rencontra Diderot chez « Catherine la Grande ». C'était une époque où nos philosophes se baladaient beaucoup, invités qu'ils étaient par les grands de ce monde (cf. Voltaire chez Frédéric II…) ; plus tard ce furent nos armées qui voyagèrent avec Napoléon, cette fois sans invitation ! Or donc, l'impératrice trouvant Diderot encombrant (un peu trop athée à son goût) demanda à Euler, lui aussi à Saint-Pétersbourg, de le rencontrer, ce qu'il s'empressa de faire en lui présentant une équation (bidon !) disant qu'elle prouvait l'existence de Dieu. « Qu'avez-vous à répondre ? » demanda Euler. Vexé d'avoir été ainsi traité, Diderot décida qu'il n'avait rien de mieux à faire qu'à quitter l'Ermitage et à retourner en France, ce qui enchanta Catherine !
Rencontre avec les « ténèbres »
Un autre nom à signaler en ce siècle où tout bascule est celui de Lavoisier (sûrement athée), qui fit passer l'occident de l'alchimie à la chimie, et ce en introduisant l'analyse mathématique comme composante nécessaire de cette nouvelle science. Il finira guillotiné en 1794 pour avoir été fermier général sous l'ancien régime, et avoir proposé une fiscalité « qui n'eut pas l'heur de plaire à l'assemblée législative » !!
- « La République n'a pas besoin de savants ni de chimistes ; le cours de la justice ne peut être suspendu » dira le président du tribunal révolutionnaire.
« Il ne leur a fallu qu'un moment pour faire tomber cette tête et cent années, peut-être, ne suffiront pas pour en reproduire une semblable » commentera Lagrange.
Les lumières s'étaient éteintes !!!!!
Une dernière anecdote :
Hume, philosophe anglais du XVIII (empirique - sceptique) prétend qu'il n'y a pas de loi, il nie le principe de causalité : ainsi, qu'un jour succède à la nuit n'est qu'une coïncidence qui nous est familière. Notre appréhension du monde n'est que subjective !!
Il s'agit ici des premiers effets de la colère de Dieu qui plonge le cœur des hommes dans les ténèbres, en effet il est écrit :
- Jérémie 33 : 25-26 « Ainsi parle l'Éternel : Si je n'ai pas fait mon alliance avec le jour et avec la nuit, Si je n'ai pas établi les lois des cieux et de la terre, Alors aussi je rejetterai la postérité de Jacob et de David, ... »
- Jérémie 31 : 35-36 « Ainsi parle l'Éternel, qui a fait le soleil pour éclairer le jour, Qui a destiné la lune et les étoiles à éclairer la nuit, Qui soulève la mer et fait mugir ses flots, Lui dont le nom est l'Éternel des armées : 36 Si ces lois viennent à cesser devant moi, dit l'Éternel, La race d'Israël aussi cessera pour toujours d'être une nation devant moi. »
- Ps 119 : 91 « C'est d'après tes lois que tout subsiste aujourd'hui, Car toutes choses te sont assujetties. »
En la fin de ce siècle des lumières, tout se met en place. Le Seigneur, dont les attributs divins charpentaient la culture du XVII -ème, dont, en ce même siècle, la toute-puissance était vue comme un fondement de l'activité scientifique, se trouve progressivement « exfiltré » de la pensée du XVIII -ème.
On comprend donc pourquoi « la colère de Dieu se révèle » Romains 1 (v18), avec pour conséquence que le cœur des hommes, ivres de leur propre sagesse (v22), est plongé dans les ténèbres (v21) et qu'ils sont livrés,
à l'impureté (v24),
à des passions infâmes (v26),
à leurs sens réprouvés (v28),
…à eux-mêmes