septembre 30

De Galilée à Monod sous le regard de Paul (III)

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Partie III : Et l’Homme dans tout çà

Comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à Christ 

- 1 Corinthiens 15.22 -

introduction

  1. Dans les deux derniers messages on a rappelé que nous vivions dans un contexte culturel où la science et les développements technologiques subséquents tiennent une place majeure. Cette situation a son origine au milieu du XVII siècle et ses racines dans le christianisme. Avec le temps et les succès, dont les savants se sont presque systématiquement attribué les mérites, les racines chrétiennes ont été oubliées, effacées.

Au cœur de ce bouillonnement est apparue en plein XIX siècle une sorte de verrue, une théorie qui, se disant science sans en avoir les attributs au sens de l'exigence expérimentale, s'est imposée dans le paysage scientifique : la théorie de l'évolution. A proprement parler elle n'est pas le fruit unique du XVIII -ème et de Lamarck mais elle tire aussi sa source des temps hellénistiques (cf. Anaximandre).

Cette théorie a fait et continue à faire de formidables ravages car elle implique que les Écritures, à commencer par la Genèse, sont une juxtaposition de fables, un conte fantastique. Si Dieu en est l'auteur Il a donc cherché à nous laisser dans l'ignorance, et même à nous tromper.

Ainsi naquit la haute critique :

  • « Ce fut dans les universités allemandes que se posa pour la première fois la question de la critique biblique ; quelqu’un pouvait-il être chrétien, voire un bon chrétien, tout en doutant de la véracité de certaines parties de la Bible. Telle fut au XIXe siècle la question capitale posée au protestantisme, pour ne pas dire à l’ensemble de la chrétienté » (E. Britannica)

Comme on l'a dit plus haut, pour que la théorie de l'évolution passe du statut de théorie à celui de science il faudrait qu'elle puisse montrer comment franchir au moins les trois obstacles majeurs suivants :

  1. Comment passe-t-on du non vivant à la cellule vivante élémentaire (le problème de l'origine) ?
  2. Comment franchit-on concrètement les étapes qui mènent de la cellule élémentaire jusqu'à l'homme ?
  3. Comment dans un processus naturel qui mène de l'animal à l'homme, ce dernier peut-il acquérir une composante immatérielle, spirituelle, transcendantale ?

Laissons de côté le cas des deux premiers problèmes, de nature plus scientifique et dont les livres du biologiste M. Denton, « Evolution : a theory in crisis (1987) », et « Evolution : still a theory in Crisis (2016) », montrent qu'il y a peu chance qu’ils ne soient jamais franchis. C’est d’ailleurs ce que déclara Sir John Eccles prix Nobel de physiologie et de médecine en 1968,

  • « Les chances d'apparition spontanée de la vie sur la terre conduisant à des êtres intelligents sont de 1 sur 1040 (=10-40) On ne sait comment il a établi ce résultat, l'important est qu'il y ait adhéré, car il poursuit dans la même conférence : la survenue de la vie est donc fantastiquement improbable mais je crois néanmoins que les choses se sont passées ainsi. » …Tout ici est matière de foi.

Intéressons-nous donc au troisième obstacle mentionné plus haut :



Les matérialistes et l'esprit

Il est inexistant pour les matérialistes pour lesquels il n'y a pas d'esprit, et qui voient l'activité cérébrale se développer à partir « d'objet mentaux » qui se définissent comme les états de populations de neurones regardés comme des automates (au sens mathématique). Tout étant chimie et algorithmique (tout est matière selon Marx), il est très difficile aux matérialistes de dire l'humain libre, libre d'un déterminisme qu'impose nécessairement la conception matérialiste.

C'est pourquoi Kant l'avait rejetée comme cadre conceptuel pour le vivant (voir ci-dessus). Pour y parvenir Marx eut d'ailleurs recours dans sa thèse à une théorie de la chute des atomes dans le vide (Théorie des déviations aléatoires due à Épicure, Théorie du « clinamen » purement spéculative), permettant « d'expliquer » l'existence des corps et leur diversité, ainsi que la liberté de la volonté humaine dans un cadre matérialiste, et ce sans qu'il soit besoin d'invoquer une Intelligence créatrice ! Sur ces bases dont on ne saurait contester la solidité (!), les matérialistes peuvent affirmer :

  • « L'homme n'a dès lors plus rien à faire de l'Esprit, il lui suffit d'être un homme neuronal. » (JP Changeux – ou Épicure 25 siècles plus tôt !!).

Notons toutefois qu’est apparue dans les dernières années une voie nouvelle, une théorie (théorie du cerveau bayésien) traitant du fonctionnement du cerveau en desserrant l’étau du déterminisme strict : « l’esprit prédictif ». Il est difficile de décider aujourd’hui de sa pertinence.

Les non-matérialistes et le spirituel

Pour tous les autres il est quasi insoluble : faut-il imaginer un hominidé qui deviendrait homme en se saisissant de l'esprit sans assistance, comme le ferait un enfant d'un pompon sur un manège ? De plus qu'est-ce que l'esprit, d'où tire-t-il son essence ?

Le franchissement de ce troisième obstacle est redoutable. Impliquant l'esprit on ne peut l'aborder qu'à l'aide de textes qui en parlent, et pour les chrétiens il n'est que la Bible. Ainsi au lieu de se glisser dans un cheminement pseudo darwinien allant de « l'hominidé à l'homme », pour le critiquer, on préférera ici étudier ce que les Écritures nous disent de l'homme, et évaluer dans le contexte Biblique le défi posé par ce troisième obstacle.

critique biblique de la théorie de l'evolution appliquée à l'homme

La critique qui suit n'aborde qu'un aspect très particulier de la théorie de l'évolution, celui qui s’intéresse à l'homme et à ses origines, se restreignant à la seule considération d'arguments bibliques.

La complexion humaine selon la Genèse

1) Au sens de la création, l’homme est une création ex-nihilo - le mot « BARA » (Genèse chapitre 1) 

Il s'agit d'une création ex-nihilo. Bara est un verbe qui, lorsqu'il signifie créer, a Dieu pour unique sujet.

Il apparaît 3 fois dans le premier chapitre de la Genèse, la troisième étant triplée :

  • Genèse 1 :1 à mettre en parallèle avec Hébreux 11 :3 qui participe à la définition de bara

Genèse 1 : 1 « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. »

  •  Genèse 1 :21 qui couvre la création des poissons et des oiseaux. Cette création, qui nécessite la présence d'eau et de composants chimiques (Fer, etc   ) non (ou extrêmement peu) présents dans l'eau (sauf dans les régions qui la limitent et qui sont 2d ), implique l'emploi du mot bara (une seule fois dans ce verset 21) puisqu'il faut créer « en abondance» du fait des contraintes engendrées par la reproduction dans un milieu 3d. Je suppose ici que le texte suggère que les oiseaux sont eux aussi créés à partir de l'eau présente.

Genèse 1 :21 « Dieu créa les grands poissons et tous les animaux vivants qui se meuvent, et que les eaux produisirent en abondance selon leur espèce ; il créa aussi tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon. »

Ce n'est plus le cas pour les animaux du verset 24, que Dieu fit (et non pas créa) à partir de la terre dans laquelle regorgent les composants chimiques nécessaires. Subsiste le problème de l'eau, qu'on peut penser résolu par Genèse 2 :6, précédant le troisième jour (il y a 25% d'eau dans un sol de jardinier). On remarque bien sûr que la poussière, qui est le devenir du monde vivant, se distingue chimiquement fort peu de la terre !!

  • (x3) Genèse 1 :27 c'est la création de l'homme. Celle-ci est si particulière dans le cosmos (cf. ci-dessous) qu'elle ne peut être le résultat d'un “fit”, mais d'un “bara” (répété 3 fois) qui synthétise le “forma” et le “souffla” de Genèse 2 :7.

Dans les versets Genèse 1 :26-27 il est dit qu'il vient de la terre (Adam de adamah=terre), mais qu'il est créé (bara au sens d'une réalisation inédite dans le cosmos), ce qui -de facto- le distingue des animaux (du v. 25), dont il ne peut être issu.

Genèse 1 :26-27 « Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. 27 Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme. »

Les choses sont précisées en Genèse 2 :7. Et à nouveau le mot bara est répété 3 fois lorsqu' est reprise la création de l'homme en Genèse 5 :1-2. (voir aussi dans ce passage l'utilisation du mot faire cf. infra)

Genèse 5 : 1-2 « Voici le livre de la postérité d’Adam. Lorsque Dieu créa l’homme, il le fit à la ressemblance de Dieu. 2 Il créa l’homme et la femme, il les bénit, et il les appela du nom d’homme, lorsqu’ils furent créés. »

« Il les créa (bara) homme et femme », ce qui souligne une différence fondamentale avec le monde animal, puisqu' ici la femme vient de l'homme, de telle sorte que l'humanité entière procède d'un seul (cf. Romains chapitre 5)…de la même façon que l'église procède de Christ (Ephésiens 2:10).


2)Au sens de l'image, l'homme n'est pas « ex nihilo »,

Lorsque Dieu dit “faisons (au pluriel !! se référant à la pluralité d'Elohim utilisé partout dans le texte) l'homme à notre image”, le même « faire » que celui utilisé v. 25 pour les animaux, Il annonce le Souffle divin (Genèse 2:7), et affirme qu' au sens de l'image l'homme n'est pas « ex nihilo »,.

On peut rechercher en quoi nous sommes “à Son Image” dans ce qui précède (ou dans ce qui est dans le contexte immédiat de la création de l'homme.

Avec révérence on remarque alors que Dieu se dévoile comme : 

  • tri unitaire : suggéré en Genèse 1:2 (l'Esprit d'Elohim) associé à Jean 1:1-3 (cf. infra), et Ephésiens 4:4-6, vs I Thessaloniciens 5:23.
    • Genèse 1 : 2 « La terre était informe et vide ; il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. »
    • Jean 1 :1-3 « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. 2 Elle était au commencement avec Dieu. 3 Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. »
    • Ephésiens 4 : 4-6 « Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; 5 il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, 6 un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. »
    • I Thessaloniciens 5 :23 « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irréprochable, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ! 24 Celui qui vous a appelés est fidèle, et c’est lui qui le fera. »
  • Doué d'intelligence créatrice transformatrice et apte à l'anticipation (Genèse 1: 17-18), doué de parole associée à une volonté et à la décision (“Dieu dit”), doué de jugement appréciatif (au sens de l’évaluation “Dieu vit que c'était bon”), prompt à bénir et à combler (Genèse 1:22 ; Genèse 2:8 , la création du jardin est postérieure à celle de l'homme ; Genèse 2:18, 22), et tout cela dans un contexte de liberté.
    • Genèse 1 :17-18 « Dieu les plaça dans l’étendue du ciel, pour éclairer la terre, 18 pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d’avec les ténèbres. Dieu vit que cela était bon. »
    • Genèse 1 :22 « Dieu les bénit, en disant : Soyez féconds, multipliez, et remplissez les eaux des mers ; et que les oiseaux multiplient sur la terre. »
    • Genèse 2 :8 « Puis l’Eternel Dieu planta un jardin en Eden[d], du côté de l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé." 
    • Genèse 2 :18-22 « L’Eternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui… 22 L’Eternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme. »

Bien-sûr, même dans sa « ressemblance à Dieu », l'expression de l'homme n'est pas sans limites !!!; en particulier sa liberté (Genèse 2 : 17), dont l'acceptation ou le rejet fait sa réponse à Dieu (Genèse 3 :6).

  • Genèse 2 :17 « mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement. »

  • Genèse 3 :6 « La femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea. »

En un mot l’homme se doit de craindre Dieu. De plus l’homme fabrique, façonne, quand Dieu crée – tout en façonnant (Genèse 2 :3), par Sa parole et ex nihilo, le concept et l’objet auquel il conduit.

  • Genèse 2 : 3 « Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu’en ce jour il se reposa de toute son œuvre qu’il avait créée en la faisant. »

Noter que ce n'est qu'après la chute qu'on verra s'exercer chez l’homme un jugement moral (Gen 3:7-8), etc..


3)L’Éternel façonna l'homme et lui insuffla son "neshama"

  • Genèse 2 : 7 « L’Eternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint une âme vivante. »

Il forma (façonna son corps comme un potier selon les deux principes masculin et féminin) Adam de la poussière de la terre (adamah), il souffla dans ses narines un souffle (neshamah) de vie (et) l’homme (tiré de la terre) devint un être (nephesh=âme, souffle, être...) vivant (chay).

Note : le Souffle divin (neshamah) est différent du souffle dont sont animés les animaux «respirants» :  nephesh (Genèse 1:30)

Ainsi l'homme acquiert, par le neshamah de vie, une « nature spirituelle », et devient « Fils de Dieu” (Luc 3 :38).

Noter que ce Souffle (neshamah) de l’Éternel (cf. Genèse 2 :7) ne doit pas être confondu avec l'Esprit de Dieu (ruwach Genèse 1 :2)

Noter que les mots (nephesh chay – âme vivante) sont aussi employés pour les animaux vivants de Genèse 1:24. Serait-ce parce que, bien que n’ayant pas bénéficié du neshamah de Dieu, ils sont de toute façon au bénéfice de Son ruwach « créateur » (Psaumes 104:29-30 ; Genèse 7 :15) ?

  • Psaumes 104 :29-30 « Tu caches ta face : ils sont tremblants ;
    Tu leur retires le souffle : ils expirent,
    Et retournent dans leur poussière.
    30 Tu envoies ton Esprit : ils sont créés,
    Et tu renouvelles la face de la terre. »

  • Genèse 7 :15 « Ils entrèrent dans l’arche auprès de Noé, deux à deux, de toute chair ayant souffle de vie. »

La distinction entre ces deux aspects de l’Esprit de Dieu semble apparaître en Job 33 :4 « L’esprit (ruwach) de Dieu m’a créé, Et le souffle (neshamah) du Tout-Puissant m’anime ». (Ce qui est une explicitation de Genèse 2 :7). Il faut toutefois être prudent, se garder de tout dogmatisme lexical.

Ainsi l'homme est un être vivant (nephesh chay) ressemblant aux animaux (Ec 3:19), mais seulement après que Dieu ait soufflé dans ses narines le souffle de vie (neshama chay).

Ceci peut suggérer qu'à la différence de celui des animaux, l'homme, juste façonné, reste impropre à la vie en l'absence du Souffle Divin. Est-ce une façon de dire que l'homme n'est pas issu d'un animal dans la narine duquel Dieu aurait soufflé ?

Étant Esprit, Dieu confère à l'homme, par Son Souffle, une essence spirituelle habitant dans son corps adamique qui lui donne des caractéristiques qui, pour certaines d'entre elles, sont propres à Dieu (“A Son Image”), en particulier l'aptitude à transcender le cosmos, à exister pour l'éternité (c’est l’Éternel qui souffle dans les narines de l’homme). Ce souffle divin faisant inévitablement penser au souffle naturel dont l'objet est d'alimenter en oxygène l'intégralité des cellules du corps, on peut être tenté de dire qu'il nourrit d'éternité chacune des cellules d'Adam.

Et le destin de l’homme est, en Christ, de devenir un « esprit vivifiant – dispensateur de vie » (I Corinthiens 15:44-49). Et donc ce Souffle de vie donne la « vie » au corps, en achève la construction lui permettant d'être opérationnel.

Finalement, un corps matériel, une composante immatérielle (Dualité), mais le tout comme on le verra en trois parties !!

Toutefois après la chute, comme les animaux, le corps de l'homme retournera en poussière (Genèse 3:19) ; mais provisoirement !!

C'est dans cette ressemblance que la théorie de l'évolution, qui nous voit comme issus de l'animal, s'est dramatiquement fourvoyée.

La complexion humaine dans la perspective néotestamentaire

Le Nouveau Testament permet de compléter grandement ce que les premières pages de la Bible ont suggéré.

Nous sommes ainsi composés :

1) D’un corps

            1/ le corps terrestre (dans lequel sont les fonctions dites vitales – végétatives - destinées à disparaître, I Corinthiens 6 :13 et Marc 12:25)

            2/ le « cerveau associé au système nerveux » qui coordonne les capteurs qui l'instruisent sur son environnement (yeux, oreilles...), gère les expressions du corps et reçoit la formulation de ses appétits, en lequel réside la mémoire ; qui de plus est capable de “calculs” ou raisonnements logiques (à partir des données stockées), innés pour certains d'entre-eux, acquis pour d'autres. Je suggère qu'habite là la partie matérielle de l'âme, laquelle peut-être assez proche de ce que l'on peut rencontrer chez l'animal.

Ensuite reprenant ce qui est dit plus haut, lorsque Dieu “souffle “dans les narines de l'homme, Il transmue sa complexion naturelle (de type animal cf. Genèse 1 :25, sans toutefois être identique) créant en lui une nature spirituelle ; l'ensemble étant décrit dans le Nouveau Testament, en particulier par I Thessaloniciens 5 :23, selon l'image triunitaire de Dieu.

Ainsi sont engendrées en plus du corps (éternel cf. infra) deux composantes de sa complexion de nature immatérielle, l'esprit et l'âme, que le Nouveau Testament décrit de façon, me semble-t-il, non ambiguë (cf. I Thessaloniciens 5 :23, Hébreux 4 :12) ; bien qu'il subsiste des ambiguïtés lexicales (cf. infra). De plus en cette occasion, sont inscrits en son cœur (en son âme et son esprit ?) des principes moraux d'essence divine (Romains 2 :15).


2) D’un esprit et d’une âme      

           1/ l'esprit, siège de la conscience ( I Corinthiens 2:10-11, le neshamah de l’homme Proverbes 20:27) est, pour le chrétien, la seule partie de lui-même à pouvoir entrer en contact avec Dieu (cf. Romains 8:16, et aussi I Corinthiens 14:2, I Corinthiens 14 :15 (mon esprit vs mon intelligence), mais aussi Galates 6:18 et II Timothée 4:22), et à pouvoir discerner pour en avoir conscience ce qui vient de Dieu (l' « homme spirituel » de I Corinthiens 14 : 15, est celui dont l'esprit est vivant Romains 8:10)......ce qui n'est pas sans incidence dans la vie ordinaire !!!!

Pour le chrétien l'esprit est vie à cause de la justice (Romains 8 :10).

Notez que I Corinthiens 14 :2 et I Corinthiens 14 :15 semble montrer clairement une séparation âme/esprit (cf. Hébreux 4 :12 et Jean 11 :33 et Jean 13 :21 et Actes 17 :16 vs Jean 12:27 et Matthieu 26:38-39).


            2/ l'âme humaine (plus précisément la partie immatérielle de l'âme humaine), siège des sentiments (Jean 12 :27), de l'intelligence (I Corinthiens 14 :15), de la volonté de la personnalité…Elle ressent les attentes qui viennent de l'esprit (cf. Psaumes 42 :6 où l'esprit qui est au bénéfice de la Grâce de Dieu (Galates 6 :18) s'adresse à l'âme, voir aussi Psaumes 103 :1,2,22 ; 104:1...), et organise une réponse à celles qui viennent du corps.

Note 1 : La terminologie du Nouveau Testament en relation avec l’être humain se compose des mots : esprit, âme, corps, cœur, chair (au sens paulinien). Hébreux 4 :12 suggère que le « cœur » peut être vu comme l'union de l'âme et l'esprit. En effet on a d’un part Hébreux 8 :10 ; Hébreux 10 :16 (+) Galates 4 :6 (+) Romains 2 :15 et Marc 7 :21-22. Et puisqu’il est inconcevable que le St-Esprit côtoie chez le croyant les turpitudes du cœur, et que nous savons que « l’esprit est vie à cause de la justice » (Romains 8 :10), il semble licite de penser qu’il existe dans le cœur la partition proposée. De plus on peut risquer que la « chair » (au sens paulinien) est l'union psychosomatique du corps et de l'âme.

Je suggère ici (cf. ci-dessus) que l’âme est composée d’une composante matérielle, en relation avec le corps, et d’une composante immatérielle, en relation avec l’esprit…...ainsi la réalisation de l’homme en trois composantes (« que tout votre être, corps et âme et esprit » I Thessaloniciens 5 :23) « à l’image de Dieu ».

Note 2 :

Le corps du chrétien devient « le temple du St-Esprit » (I Corinthiens 6 :19),

Lequel réside dans son cœur (Galates 4 :6).

Son désir est de prendre le contrôle total de l'âme du chrétien siège de sa volonté. « Ce n’est plus moi (volonté-âme) qui vis, c’est Christ qui vit en moi (par le St-Esprit) » (Galates 2 :20, voir aussi Ephésiens 5 :18b) ; il faut se garder de L'attrister (Ephésiens 4:30) ou de L'éteindre (I Thessaloniciens 5:19)………..

Note 3 : Exemple d'ambiguïtés lexicales : psyche est aussi traduit par « vie » dans le Nouveau Testament (cf. les versions KJV, ASV pour Actes 20 :10), comme nephesh dans l'Ancien Testament, qui prend aussi fréquemment le sens générique de « quelqu’un ! De plus pneuma est parfois traduit par souffle, mais aussi par âme …

Mais on notera la cohérence de Matthieu 27 :50, Luc 23 :46 et Jean 19 :30.

Le destin éternel du corps est annoncé en Jean 5 :28-29 et Actes 24 :15...Apocalypse 20 :11-15. En ce qui concerne le croyant il est explicité en Romains 8 :11, I Thessaloniciens 4 :16-17, associés à I Corinthiens 15 :42-49 et Luc 24 :36-39 ; et il faut rappeler I Corinthiens 6 :13.

Ainsi se structure la nature de l’homme, être tripartite « à l'image de Dieu », éternelle !!

CONCLUSION

Il y a donc dans cette création de l'homme « à l'image de Dieu » au moins trois choses à retenir :

  1. L'architecture en trois composantes, corps, âme et esprit (cette architecture devient dualité lorsque l’on considère les natures matérielle ou immatérielle qui la constituent)
  2. L'éternité attachée aux trois composantes
  3. Les « performances » humaines (parole, action fabricatrice, liberté, conscience morale, etc.…) qui, à l'image de Dieu, n'en sont pas moins soumises aux limites imposées par le Créateur (Hébreux 2 :7).

En ce qui la concerne la théorie de l'évolution dit que l'homme est un animal évolué, descendant d'animal, mais animal.

Son intelligence est de même nature que celle des animaux, ce sont les performances qui changent.

La théorie de l'évolution (au regard des origines) lie l'homme à ce cosmos (Monod) et nie l'esprit (Changeux).

Voulant libérer l'homme de Dieu, elle le rend prisonnier du cosmos

De plus devenant une machine plongée dans une autre machine (cosmos), l'homme se trouve contraint à un fonctionnement mécanique (Changeux), éventuellement probabiliste (bayésien ou autre cf. Epicure et notes de bas de page 19 et 20), fou, rendant fou !

Malheureusement pour les hommes ordinaires qui se confient en eux, “Le cœur de ces savants a été plongé dans les ténèbres” car ayant connu Dieu, ils ne l’ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans leurs pensées.

                                         

notes additionnelles

l'Esprit

1 Corinthiens 2 :11 « Qui donc entre les hommes sait ce qui concerne l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, nul ne connaît ce qui concerne Dieu, sinon l’Esprit de Dieu »

  • L'Esprit vs l'âme

Matthieu 12 :18 « Voici mon serviteur que j’ai choisi, Mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, Et il annoncera la justice aux nations. »

  • L'esprit vs l'âme

Hébreux 4 :12 « Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. »

Jean 11 :33 « Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému. »

Jean 12 :27 « Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je ? … Père, délivre-moi de cette heure ? … Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure. »

Matthieu 26 :38 « Il leur dit alors : Mon âme est triste jusqu’à la mort ; restez ici, et veillez avec moi.Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta sur sa face, et pria ainsi : Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. »

1 Thessaloniciens 5 :23 « Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie totalement, et que votre être entier, l’esprit, et l’âme et le corps, soit gardé sans reproche à l’Avènement… »

1 Corinthiens 14 :2 « Car celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu ; personne en effet ne comprend : il dit en esprit des choses mystérieuses. »

1 Corinthiens 14 :14 « Car, si je prie en langue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence n’en retire aucun fruit. »

  • L'esprit et la prière d'adoration

1 Corinthiens 14 :15-17 « Que faire donc ? Je prierai avec l’esprit, mais je prierai aussi avec l’intelligence (de façon intelligible cf. v. 19). Je dirai un hymne avec l’esprit, mais je le dirai aussi avec l’intelligence (de façon intelligible cf. v. 19). Autrement, si tu ne bénis qu’en esprit, comment celui qui a rang de non-initié répondra-t-il « Amen ! » à ton action de grâces, puisqu’il ne sait pas ce que tu dis ? Tu rends, il est vrai, d’excellentes actions de grâces, mais l’autre n’est pas édifié. »

Jean 4 :23 « Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. »

  • L'esprit reçoit l'encouragement divin

Romains 8 :16 « L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. »

2 Timothée 4 :22 « Que le Seigneur soit avec ton esprit ! La grâce soit avec vous ! »

Galates 6 :18 « Frères, la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit ! Amen. »

  • L'esprit et le salut

1 Corinthiens 6 :17 « Celui qui s’unit au Seigneur, au contraire, n’est avec lui qu’un seul esprit. »

Romains 8 :10 « Et si Christ est en vous, le corps, il est vrai, est mort à cause du péché, mais l’Esprit est vie à cause de la justice. »

1 Corinthiens 5 :5 « il faut que nous livrions cet individu à Satan pour la perte de sa chair, afin que l’esprit soit sauvé au Jour du Seigneur. »

Romains 8 :11 « et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ d’entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. »

I Corinthiens 6 :19 « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? »

  • Sanctification – Purification - de l'esprit

II Corinthiens 7 :1 « Ayant donc de telles promesses, bien-aimés, purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit, en achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu. »

1 Thessaloniciens 5 :23 « Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie totalement, et que votre être entier, l’esprit, et l’âme et le corps, soit gardé sans reproche lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ !»

  • L'âme de Dieu

Matthieu 12 :18 « Voici mon serviteur que j’ai choisi, Mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, Et il annoncera la justice aux nations. »

Hébreux 10 :38 « Et mon juste vivra par la foi ; mais, s’il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui. »

  • L'âme du vivant

Actes 20:10 « Mais Paul, étant descendu, se pencha sur lui et le prit dans ses bras, en disant : Ne vous troublez pas, car son âme est en lui. »

  • L'âme et le salut

Hébreux 10 :38-39 « Et mon juste vivra par la foi ; mais, s’il se retire, mon âme (psyche) ne prend pas plaisir en lui. Quant à nous, nous ne faisons pas partie de ceux qui reviennent en arrière pour leur perte, mais de ceux qui ont la foi pour le salut de leur âme (psyche). »

Apocalypse 6 :9 « Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu’ils avaient rendu. (et Jean distingue dans son évangile âme et esprit cf. ci-dessus) »

Notre destin

Les fonctions vitales du corps adamique sont appelées à disparaître (I Corinthiens 6 :13), tandis que le corps n'est destiné à retourner en poussière que provisoirement. Notre destin se développant dans l'éternité, notre personnalité « transcendantale » est ainsi conçue, “à l'image de Dieu”, pour survivre au cosmos, après que le premier ciel et la première terre auront disparus (on ressuscite d'une façon ou d'une autre selon que l'on est croyant ou non, cf. Apocalypse 20). Pour le chrétien, le corps sera changé (Romains 8 :11), l'âme et l'esprit seront sauvés (Hébreux 10 :38-39 ; 1 Corinthiens 5 :5)

Une illustration de cette nature vivifiée serait de la voir sous la forme de deux natures, l'une terrestre (adamique) l'autre spirituelle, en interaction si étroite qu'on ne peut les dissocier (cf. Deutérium=p-n).

Et ce « corps adamique vivifié par le souffle de Dieu » construit son activité créatrice entre la partie cognitive de son corps naturel et celle de son être spirituel.

Ceci permet de comprendre pourquoi nous pouvons étudier notre cerveau adamique (“tiré de la terre” comme celui des animaux) avec un succès croissant, mettant à leur comble les fiertés humaines (cf. JP Changeux). Ce serait impossible si nous n'étions qu'adamiques. En effet une machine de complexité donnée ne peut “comprendre, décrire pour l'imiter” qu'une machine de complexité inférieure (Théorème de logique formelle) !

Autres questions

Adam peut-il être un nom générique (comme c'est le cas des animaux (nephesh chay au singulier) du Genèse 1 :24) ?

Cela semble peu probable au regard des développements ultérieurs (Genèse chap.3), dont le poids théologique est tel qu'on ne peut les passer sous silence !!

L'aspect générique d'Adam est plutôt à chercher dans Genèse 3 :20, où il est clair qu'Adam porte l'humanité “dans ses reins”

Par ailleurs il est impossible de sous-entendre un nom générique lorsqu'il est « comparé » à Christ (cf. Romains 5 14-21, v15 et 17), qui fonde le salut en Sa Seule Personne. Voir aussi I Corinthiens 15 :21-22, 45-47, et Actes 17 :26.

La doctrine du péché-salut est, dans le christianisme, ancrée en deux hommes, Adam et Christ. Ce qui d'ailleurs justifie que Eve ait dû être tirée d'Adam !

Genèse 9: 5-6 “A l'image de Dieu”

Ce n'est pas pour sécuriser la société qu'il est interdit d'assassiner ! Tuer un homme exprime, de façon consciente ou inconsciente, une révolte contre Dieu (à travers Son Image), cf. Caïn. Notons que tuer un homme peut avoir une conséquence catastrophique sur son destin dans l'éternité. En effet puisque sa vie est un « test », l'interrompre ferme la porte à d'éventuelles subséquentes repentances.

Par ailleurs puisque l'homme peut tuer l'animal pour s'en nourrir (Genèse 9 :3), Dieu montre ici encore la différence fondamentale qu'Il met entre l'humain et l'animal.

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