
Vous avez encore entendu qu’il a été dit aux anciens : Tu ne te parjureras pas mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de tes serments. Mais moi, je vous dis de ne pas jurer : ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu, ni par la terre, parce que c’est son marchepied, ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu. Que votre parole soit oui, oui ; non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin.
- Matthieu 5.33-37 -
INTRODUCTION - ETRE CREDIBLE ET AUTHENTIQUE - MATT 5:33-37
En repensant à mon enfance, je me souviens d’un très cher copain, un garçon très attachant avec qui j’avais fait les quatre cents coups, mais qui était un fabulateur invétéré. Chaque fois qu’il nous sortait une histoire abracadabrante, il nous répétait sans cesse : « Je te jure que c’est vrai. Je te le jure sur la tête de ma mère ! » Vous avez déjà entendu cela n’est-ce pas…et même peut-être l’avoir dit vous-mêmes.
Pierre Corneille a dit, et je cite : un menteur est toujours prodigue de serments.
Les hommes promettent des choses et désirent que les autres croient qu’ils disent la vérité, mais cela exige souvent que les dires soient accompagnés de serments parce que la vérité leur est étrangère. Jurer et prêter serment est un procédé humain fondé sur la duplicité de l’homme, car il a appris que l’on ne peut faire confiance à la parole donnée d’un autre. Parfois, ce sont des serments enfantins comme celui que j’ai partagé, mais parfois ils sont bien plus complexes et inquiétants.
Voici un serment qui vient d’un groupement de personnes que nous connaissons fort bien :
Moi, (nom et prénom) je jure et promets sur le Saint Evangile, en face du Dieu tout puissant, Grand Architecte de l'Univers, et devant cette respectable assemblée de Francs-Maçons, de ne jamais révéler par aucun écrit, gravure, imprimerie, ou parole dans quelque langue ou caractère que ce soit, et de ne pas donner occasion qu'il soit révélé par quelqu'un d’autre, aucun des mystères qui vont m'être confiés aujourd'hui, ou qui pourront l'être à l'avenir, concernant la Franc-Maçonnerie. Et si jamais je venais à manquer à mon présent engagement, je consens dès à présent d'avoir la tête coupée, le cœur arraché ainsi que la langue et les entrailles, mon corps brûlé, et mes cendres jetées au vent ; afin qu'il ne reste plus aucune mémoire de moi parmi les hommes, ni parmi les Francs-Maçons, ainsi que Dieu me soit en aide !
C’est à peine croyable, n’est-ce pas ? Un apprenti franc-maçon doit jurer devant Dieu de se tuer si jamais il viole son serment à la loge. Pourquoi ne pas juste lui demander : « Garderas-tu ta promesse en tant que franc maçon « et recevoir une simple réponse en retour : « Oui » ?
Parce qu’ils comprennent et reconnaissent que les hommes sont foncièrement menteurs. Toute personne dont le cœur n’est pas régénéré est un enfant de colère, sous l’emprise du prince de ce monde, le diable et selon les Paroles mêmes du Seigneur, il est le père du mensonge ! Ainsi les hommes font de grands efforts pour lier leur prochain à la vérité par des serments. Si le mensonge n’existait pas, il n’y aurait nul besoin de le conjurer en disant « je le jure ».
Et ce qu’il faut souligner, c’est que des serments ne changent pas la disposition de cœur. Au contraire, la personne qui jure avec véhémence qu’elle dit la vérité révèle maladroitement son manque de crédibilité. Un menteur est toujours prodigue de serments.
Cette question de serments et le fait de jurer faisait partie de la culture juive et, de toute évidence, puisque l’apôtre Jacques aborde le problème, cela était devenu problématique dans les Assemblées. Jacques chapitre 5 v. 12, nous trouvons cette déclaration directe et très simple Jacques 5 :12 « Avant tout, mes frères, ne jurez ni par le ciel, ni par la terre, ni par aucun autre serment. Mais que votre oui soit oui, et que votre non soit non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement.»
Donc : avant toutes choses, mes frères, ne jurez pas, abstenez-vous de faire des serments. Arrêtez de fonctionner selon ce système de valeurs, ce n’est pas nécessaire
C’est superflu. Votre langage devrait être honnête, vous devriez avoir une telle intégrité et crédibilité que tout ce que les autres attendent de votre part c’est un oui ou un non…et sans rien de plus parce car ils savent que vous tiendrez parole. Soyez donc différents, démarquez-vous de ceux qui vivent et profèrent le mensonge et qui ont recours à des serments pour tenter de convaincre qu’ils disent la vérité.
Il y a quatre éléments dans cet appel, ce commandement de Jacques 5/12 : la distinction, la restriction, l’instruction et la motivation.
LA DISTINCTION
Considérons en premier lieu cette distinction au sein de l’Eglise, le Corps de Christ Matthieu 5 :34 « Mais moi, je vous dis de ne pas jurer » Jacques 5 :12 « avant toutes choses, mes frères, ne jurez pas ». La formulation de cette phrase fait une distinction avec ce qui précède, introduisant donc un nouveau sujet, mais un sujet d’une grande signification.
Et cela ne devrait pas nous surprendre, car le sujet abordé à trait une nouvelle fois au langage, à la langue, comme dans les quatre chapitres précédents.
- Jacques 1 : 26 « Si quelqu’un pense être religieux, sans tenir sa langue en bride, mais en trompant son cœur, la religion de cet homme est vaine. » Le mot religion est un terme employé en rapport avec la forme extérieur liturgique et cérémonielle de la religion. Et ce verset déclare que l’on a beau observer toutes les pratiques religieuses, si la langue n’est pas contrôlée, c’est la preuve même d’un cœur non-régénéré.
- Jacques 2 :12 « Parlez et agissez en hommes qui doivent être jugés selon une loi de liberté ». Nous démontrons notre libération spirituelle en Christ à travers la manière dont nous parlons et agissons.
- Jacques 3 : 2 « Nous bronchons tous de plusieurs manières. Si quelqu’un ne bronche pas en paroles, c’est un homme parfait, capable de tenir tout son corps en bride ». Un véritable enfant de Dieu est reconnu par son langage. Il parle avec une langue bridée, domptée, contrôlée et manifeste ainsi qu’il marche dans l’obéissance à la Parole de Dieu. La condition du cœur est révélée par ce qui sort de notre bouche.
- Puis Jacques 4 : 11 « Ne médisez pas les uns des autres, frères. Celui qui médit d’un frère ou qui juge son frère, médit de la loi et juge la loi. Or, si tu juges la loi, tu n’en es pas l’observateur, mais le juge. » Si nous parlons en mal de notre frère ou de notre sœur en Christ, ce n’est pas l’amour et si ce n’est pas l’amour, alors c’est une transgression de la loi. C’est un dédain, un mépris total envers la loi divine, envers celui qui l’a donné. Et en transgressant la loi, on déclare en fait…je suis supérieur à la loi. C’est ce que tout pécheur affirme. C’est pourquoi chaque péché est un péché d’orgueil. Je sais ce que Dieu a dit, mais moi j’en ai décidé autrement, j’ai ma propre loi, je ne vais pas me soumettre à l’autorité de la loi de Dieu.
- Et dans Jacques 5 : 12 revient sur la question de la langue. Ainsi, nous ne devrions pas être surpris lorsqu’il est dit « avant toutes choses… » car le souci de Dieu c’est que notre langage manifeste, révèle ce qui est dans le cœur. C’est un nouveau test de la réalité de la foi. Et lorsque le L’Esprit de Dieu transforme, régénère le cœur de celui qui croît, la langue parlera avec honnêteté. Un véritable enfant de Dieu est testé par les paroles qui sortent de sa bouche. C’est le signe distinctif, le point vital de la réalité de la vie et de la condition spirituelle.
La restriction
De cette distinction, on passe à la restriction « Avant tout, mes frères, ne jurez ni par le ciel, ni par la terre, ni par aucun autre serment ». Il se focalise sur l’action de jurer, c’est la restriction. Ici, il ne s’agit pas des paroles malsaines, malhonnêtes, blessantes ou inconvenantes dont il est question en Ephésiens 4 : 29 « Qu’il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise, mais, s’il y a lieu, quelque bonne parole, qui serve à l’édification et communique une grâce à ceux qui l’entendent. » Dans Matthieu 5 et Jacques 5, il s’agit d’une forme de langage nommée jurer, qui est liée à des serments.
Le peuple juif avait développé un système très complexe pour jurer. Et ce système s’introduisait dans l’Eglise, d’où la nécessité de cette exhortation de Jacques 5 : 12. Quelle est l’origine dans la Parole de Dieu de cette pratique de jurer par le ciel et par la terre, de prêter serment ?
Le mot serment, en hébreu shebuah, signifie jurer. Les grecs utilisaient le mot horkos qui signifie lier, renforcer. En d’autres termes, on lie, on renforce notre parole en jurant par une plus haute autorité.
Un serment avait trois parties. Tester la vérité, prendre Dieu pour témoin, et invoquer le jugement de Dieu pour toute violation de la parole donnée. Dire : je le jure au nom de l’Eternel signifiait : je veux que tu saches que je dis la vérité, j’en prends l’Eternel comme témoin, et que l’Eternel me punisse si je mens. Le serment était la manière de lié la conscience à accomplir ce qui a été promis. Donc quelque chose de très sérieux : prendre Dieu pour témoin et invoquer son jugement en cas de défaillance à la parole donnée.
En lisant l’A.T., nous trouvons bon nombre d’hommes et de femmes de Dieu qui se sont liés par des serments vis-à-vis de Dieu. La Parole de Dieu ne nous dit pas que cela est mal, mais seulement lorsqu’on en abuse.
Dans Genèse 24 : 2-3, Abraham jure devant Dieu de garder sa parole. Dans Genèse 26/25, Isaac fait de même ainsi que Jacob en Genèse 31 :44. Dans 2 Samuel 19 :23, David le fait. Dans 2 Chroniques 15/14-15 et Néhémie 10/29 , le peuple d’Israël le fait. Paul lui-même le fait en 2 Corinthiens 11 : 31 « Dieu, qui est le Père du Seigneur Jésus et qui est béni éternellement, sait que je ne mens pas ! »
Ce ne sont que quelques illustrations d’un principe qui est souligné en Deutéronome 6 :13 « Tu craindras l’Éternel, ton Dieu, c’est à lui que tu rendras un culte et tu jureras par son nom. » Tous les serments légitimes de l’A.T. et du N.T. étaient prêtés à des moments solennels de la vie des hommes et femmes de Dieu, désirant confirmer leur parole à des personnes qui fondamentalement ne faisaient pas confiance aux autres. Ils invoquaient le nom de Dieu en tant que témoin de la véracité de leurs paroles ainsi que son jugement sur eux s’ils ne tenaient pas parole.
Dieu de vérité sait que tout homme est menteur ; Romains 3 : 4 «Que Dieu, au contraire, soit reconnu pour vrai, et tout homme pour menteur, selon qu’il est écrit : Afin que tu sois trouvé juste dans tes paroles, Et que tu triomphes lorsqu’on te juge. »
Jurer au Nom de Dieu : cas et conditions
Mais Dieu permettait dans ces situations particulières de jurer par son nom…tout en soulignant un commandement important : tu ne prendras point le nom de l’Eternel ton Dieu en vain. N’utilisez pas mon nom pour lier votre parole pour ensuite violer votre serment.
La Parole de Dieu reconnaît que dans un monde rempli de menteurs, le serment, jurer au nom de Dieu est parfois nécessaire. En fait, Dieu lui-même adopte ce moyen pour convaincre le scepticisme des incrédules de sa propre vérité. Hébreux 6 :13-14 « En effet, comme Dieu, en faisant la promesse à Abraham, ne pouvait jurer par un plus grand que lui, il jura par lui–même en disant : Certainement, je te comblerai de bénédictions et je multiplierai ta descendance ». Il jura par lui-même. Et quelle est la phrase que Dieu utilise maintes et maintes fois ? Je suis vivant ! dit l’Eternel, Nombres 14 :28 « Dis–leur : Je suis vivant ! dit l’Eternel, je vous ferai ainsi que vous avez parlé à mes oreilles. »
Pourquoi Dieu jure-t-il par lui-même ? Pour qu’il soit lié par sa Parole ? Non. Mais parce qu’il à faire avec l’homme menteur et qu’il utilise un moyen que l’homme comprend pour lier sa vérité à leurs yeux afin qu’ils voient que Dieu est sérieux concernant ce qu’il dit. Dieu a prêté serment, non pas parce qu’il en avait besoin, mais parce qu’il sait que l’homme dépend sur cela. Dans sa grâce, il s’abaisse à l’homme pour lui donner un exemple d’intégrité.
Quelques exemples :
- il promet, par une alliance avec Noé de ne plus détruire la terre par l’eau (Genèse 9) ;
- Dans Luc 1, il promet d’envoyer un rédempteur.
- Dans le Psaume 16/10, il promet de le ressuscité d’entre les morts.
- Dans Esaïe 49/15-18, il a prêté serment de bénir et ne pas oublier Israël.
C’est merveilleux. Il n’a pas promis, juré par lui-même, parce qu’il avait besoin de quelque serment pour le lier à sa Parole, mais il voulait que les hommes comprennent ce que signifie un serment et de quelle manière il devait être gardé.
Revenons à notre texte. Avant tout, mes frères, ne jurez ni par le ciel, ni par la terre, ni par aucun autre serment. Et notons ce qui n’est pas dit. Jacques ne dit pas : ne jurez pas au nom de Dieu. Ce n’est pas interdit, proscrit. Il dit : ne jurez ni par le ciel, ni par la terre, ni par aucun autre serment. Qu’est ce qui est proscrit ? De quoi parle -t-il ?
« ne jurez ni par le ciel, ni par la terre, ni par aucun autre serment »
Pour bien saisir et comprendre cela, retournons dans Matthieu 5. Lors de son sermon sur la montagne, Jésus confronte les juifs avec leur état de péché. Il est en train de démanteler tout l’édifice de leur fausse spiritualité. Il démolit leur confiance en eux-mêmes et leur propre justice. Et ce faisant, une des choses qu’il attaque c’est la question de jurer et de prêter serment.
Matt 5 :33-37 « Vous avez encore entendu qu’il a été dit aux anciens » une formule pour la tradition et l’enseignement rabbinique « Tu ne te parjureras pas mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de tes serments ». En d’autres termes, votre tradition vous dit : Tu ne rompras pas ton serment ; ce que tu as promis avec serment devant le Seigneur, tu l’accompliras. » A première vue, cela semble et sonne bien, mais il y a quelque chose de caché dans cette formulation traditionnelle des rabbins. Ce que tu as promis avec serment devant le Seigneur, tu l’accompliras. » Et voilà le point que Jésus condamne. Si je fais un serment et que je jure par autre chose que le nom du Seigneur, je peux rompre ce serment-là.
Voyez-vous, c’est comme cela que raisonnent les menteurs. Si on veut mentir tout en convainquant les hommes que l’on dit la vérité, alors on jure par ou sur quelque chose. Les hommes religieux de l’époque de Jésus et bien avant, et bien après raisonnaient de la sorte : j’accomplirai ce que j’ai promis avec serment devant le Seigneur, pas de problème. Mais dans la vie courante et dans la conversation de tous les jours, ils juraient par le ciel, par la terre, sur la tête de ma mère ou sur la tête de mes enfants, je jure par Jérusalem, par le temple, par l’autel, par le voile. Des serments évasifs dans le but de cacher leur cœur rempli de mensonge et de duplicité.
Dans Matthieu 23 : 16-22, Jésus met en pièces un tel raisonnement « Malheur à vous, conducteurs aveugles ! Qui dites : Si quelqu’un jure par le temple, cela ne compte pas ; mais si quelqu’un jure par l’or du temple, il est engagé. Insensés et aveugles ! Lequel est le plus grand, l’or, ou le temple qui sanctifie l’or ? Si quelqu’un, dites–vous encore, jure par l’autel, cela ne compte pas ; mais si quelqu’un jure par l’offrande qui est sur l’autel, il est engagé. Aveugles lequel est le plus grand, l’offrande, ou l’autel qui sanctifie l’offrande ? Celui qui jure par l’autel jure par l’autel et par tout ce qui est dessus ; celui qui jure par le temple jure par le temple et par celui qui l’habite, et celui qui jure par le ciel jure par le trône de Dieu et par celui qui y est assis ». Vaux mieux éviter de jurer par quoi que ce soit, parce que cela équivaut à jurer au nom de l’Eternel ! Mais, les chefs religieux, s’appuyant sur la tradition rabbinique, voulait que la personne qu’ils allaient frauder puisse les croire, donc ils juraient par le temple, l’or dans le temple, l’autel, Jérusalem, ou autre chose. C’est prêter serment, jurer de manière évasive, dans le but de couvrir son intention de ne pas tenir parole.
Matthieu 5 :33-37 Jésus poursuit sa dénonciation d’une telle pratique : Mais moi, je vous dis de ne pas jurer : ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu, ni par la terre, parce que c’est son marchepied, ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu. Que votre parole soit oui, oui ; non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin.
Quelle pensée pervertie : juste parce qu’on ne mentionne pas le nom de Dieu en prêtant serment par le ciel, par la terre, par Jérusalem, on n’est pas tenu d’accomplir le serment en question. Si le nom de Dieu n’est pas utilisé, alors Dieu n’a rien à voir là- dedans. Mais Jésus est pourtant claire : Dieu entre dans la transaction lorsque vous jurer par quelque chose qui touche son domaine. Le ciel est son trône. La terre son marchepied. Jérusalem est sa ville. La tête d’un homme lui appartient, et non à l’homme. Il n’y a rien dans ce monde que l’on puisse toucher qui ne lui appartienne pas.
Il y a parfois des moments où invoquer le nom de Dieu en prêtant serment est bon, mais cela est toujours restrictif, car on y est lié pour la vie. Un jour, il y de cela presque 43 ans je me suis tenu devant une Assemblée pour promettre fidélité, amour, tendresse et protection à l’égard de ma chère épouse Susan…et je me suis placé sous un juste jugement de la part de Dieu si je venais à rompre mes vœux, mon serment devant Dieu. Il y a 35 ans, j’ai prêté serment devant Dieu et une foule assemblée de plus de 400 personnes lors de ma consécration pastorale de prêcher avec fidélité la Parole de Dieu. C’était également une occasion solennelle et je suis également sous au juste jugement de Dieu si je venais de cesser de le faire. C’est donc là la restriction.
L'INSTRUCTION
Troisièmement, de la restriction émane l’instruction. C’est en fait l’envers du décor, le revers de la médaille. Jacques 5 :12 « Mais que votre oui soit oui, et que votre non soit non », Matthieu 5 : 37 « Que votre parole soit oui, oui ; non, non ; » Qu’est-ce que cela signifie ? Cette phrase ne se conforme pas nécessairement aux règles usuelles de la grammaire française. Que votre parole soit oui, oui, non, non… Prenez bien note du double ‘oui’ et du double ‘non’. Cette observation est importante, même si leur présence semble donner une phrase plutôt boiteuse. Pour en dégager la signification, il faut connaître la tradition rabbinique. Nous devons nous rappeler que Jésus s’adressait à un auditoire juif. Il enseignait en fonction de ce qu’un juif pouvait comprendre avec ce que la société juive lui avait inculqué. Or tout juif savait que lorsqu’on prononçait un double ‘oui’ et un double ‘non’, les rabbins enseignaient que c’est l’équivalent de prêter un serment. Si vous dites un simple ‘oui’, il n’est aucunement question de serment. Mais si vous dites ‘oui, oui’, un double ‘oui’, alors vous devez savoir que vous venez de vous engager dans une déclaration faite sous serment. En effet, les juifs reconnaissaient le double ‘oui’ et le double ‘non’ comme étant une affirmation solennelle faite sous serment.
Parler avec vérité, comme si on prêtait serment
Mais ne trouvez-vous pas cela plutôt étrange ? Jésus commande, au v. 34, de ne pas jurer. Et maintenant, au v. 37, il semble nous demander de tout dire sous serment. Que votre parole soit oui, oui, non, non. Double ‘oui’, double ‘non’. Que tout ce que vous affirmez soit fait sous serment. À quoi Jésus veut-il en venir exactement ? Intriguant, n’est-ce pas ?
Nous avons vu précédemment qu’en disant, Ne jurez point du tout, Jésus ne formulait pas un commandement absolu. Il s’agit plutôt d’une règle générale. Maintenant, il va approfondir son enseignement. Il nous dit, ‘Ne jurez pas du tout, mais que tout ce que vous dites soit dit comme si l’auriez fait sous serment.’ En d’autres mots, que toute parole qui sort de votre bouche soit aussi vraie que si vous l’aviez prononcée sous serment. Nous touchons ici au cœur de l’enseignement de Jésus. Ce passage porte sur la véracité de la vie du disciple de Christ, que tout ce qu’il dit soit aussi fiable qu’une promesse faite sous serment. Lorsque le chrétien parle, il ne dit que la vérité, toute la vérité, et rien que la vérité. Chaque parole que vous dites doit être exprimée avec la même authenticité qu’une déclaration faite sous la foi d’un serment.
Il suffit de dire oui et il suffit de dire non. Une parole donnée est une parole donnée. Un langage direct, honnête suffit.
Ne rien rajouter à la vérité, car cela devient mensonge
Regardons maintenant la deuxième partie de Matthieu 5 : 37. « Tous les serments qu’on y ajoute, dit Jésus, viennent du diable ». Pourquoi dit-il cela ? Parce que le diable est le père du mensonge, la source même de la duplicité. Jésus l’a rendu très clair dans Jean 8 : 44 « Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne s’est pas tenu dans la vérité, parce que la vérité n’est pas en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, ses paroles viennent de lui–même car il est menteur et le père du mensonge. »
Le mensonge est diabolique, selon la sagesse de ce monde et les orgueilleux sont sous la domination du prince de ce monde. Le mensonge est conçu par Satan puis répandu dans le cœur de ceux qui sont sous son autorité qui à leur tour le profère, même s’il est recouvert de serments pieux.
Regardons maintenant la deuxième partie du v. 37. Le Seigneur Jésus affirme que tout ce nous ajoutons à la vérité vient du malin. Remarquez qu’il n’a pas dit, ‘Tout ce qui est contraire à la vérité vient du malin’, mais plutôt, ‘Tout ce qui s’ajoute à la vérité provient du diable.’ Voici ce que Jésus veut souligner. Un mensonge ne se présente pas toujours sous l’aspect d’une flagrante tromperie. Un mensonge peut certainement contenir des éléments de vérité. Le problème, c’est qu’on a ajouté certaines impuretés à la vérité. La vérité devient un mensonge lorsqu’elle est mélangée avec des demi-vérités. Commencez-vous à apprécier la perfection de l’enseignement de Jésus ? Il nous enseigne de ne rien ajouter à la vérité, car si vous cherchez à étirer la vérité, tout ce qui aura été dit deviendra par la force des choses un mensonge. Et il nous rappelle que cela ne provenir que du diable.
Vous savez, la meilleure façon de dire un mensonge, c’est de ne rapporter qu’une partie de la vérité. Personne ne vous croira si la tromperie est trop évidente. Mais vous risquez d’avoir plus de succès avec un mensonge partiel puisqu’il contient des éléments de vérité que les gens reconnaîtront comme étant véridiques. C’est en jouant sur cet aspect que les hérésies ont parfois fait une certaine percée dans la pensée chrétienne. On vous montre une partie de la vérité pour tenter de vous convaincre, mais on prend soin de ne pas tout dire. Et le Seigneur Jésus nous dit que lorsque nous parlons, nous devons faire preuve d’une véracité absolue. Autrement, c’est comme si nous avions fait un pacte avec le diable
Voyez-vous, Jésus élève toute conversation au sein de son Corps, l’Eglise au niveau de ce qui est sacré. Tout ce qui sort de ma bouche devrait être une promesse de vérité inviolée. Un enfant de Dieu devrait avoir un tel témoignage d’intégrité qu’il suffise un simple oui ou un simple non à ceux qui l’entendent. Proférons-nous la vérité en toute circonstance ? C’est ce qui nous distingue des hommes sans foi ni loi, sans Dieu. Le système de ce monde est construit sur le mensonge. Il n’est est pas ainsi du royaume de Dieu, de son Eglise.
Ne pas prendre le nom de l’Eternel en vain : dans les mots et dans notre vie
Dans ce passage concernant le serment, Jésus commente ni plus ni moins le troisième commandement dans Exode 20/7 : Tu ne prendras pas le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain ; car l’Éternel ne tiendra pas pour innocent celui qui prendra son nom en vain. Ce commandement apporte une autre dimension à notre passage. Car voyez-vous, ce n’est pas seulement une affaire de jurer avec la bouche. C’est aussi une question de jurer avec la vie. Sachez qu’en s’identifiant comme étant un chrétien, vous avez, par le fait même, pris le nom de Dieu en l’appliquant sur votre vie. Et le Troisième Commandement dit, Tu ne prendras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain, de façon trompeuse, d’une façon qui soit indigne du nom de Dieu. Partout où vous aurez déclaré que vous êtes un disciple de Christ, on vous considérera comme étant un ambassadeur de Dieu. Vous prenez le nom de l’Éternel votre Dieu par tout ce que vous faites dans votre vie, et tout ce que vous dites avec votre bouche. Si votre conduite ou votre langage ne rend pas justice à la sainteté de Dieu, alors vous venez de prendre le nom de l’Éternel en vain. En d’autres mots, vous avez commis ce qu’on appelle un parjure.
C’est soit la vérité, soit le parjure. Si vous reniez Dieu par une conduite qui va à l’encontre de sa Parole, vous êtes alors coupables de parjure. Vous avez violé votre serment d’allégeance à Dieu car en faisant de Dieu votre Maître, vous vous êtes engagés à promouvoir la vérité. Par cet engagement, vous aviez l’obligation de vivre par la vérité, d’obéir à la vérité. Personne n’a le droit de prendre le nom de Christ s’il n’est pas disposé à obéir à la vérité. Ou bien vous établissez votre vie sur la vérité, ou alors ne prenez pas le nom de Dieu. Ne dites pas que vous êtes chrétiens.
Dieu ne demande pas à ce que nous soyons sans faute dans notre conduite. Une vie sans péché n’est pas à la portée de l’homme en ce moment. Mais Dieu s’attend à la perfection dans notre engagement à la vérité. Être parfaits dans notre authenticité. Cela signifie que nous démontrons une parfaite honnêteté envers Dieu, envers nos semblables et envers nous-mêmes. Au Psaume 51 :6, David dit à Dieu, « Tu prends plaisir à la vérité dans le fond du cœur : au plus secret de moi-même, fais-moi connaître la sagesse. »CONCLUSION
Les merveilles de la sagesse de Dieu se révèlent à ceux en qui Dieu trouve un cœur sincère, un cœur qui recherche constamment la vérité. J’espère que vous commencez à discerner le thème principal de ce passage. Tout tourne autour de la question de l’authenticité. Si vous voulez faire l’expérience de la puissance spirituelle et bénéficier des bénédictions divines, vous devez mettre en pratique ce principe biblique, être authentique dans tout ce vous dites et tout ce que vous faites. Si vous recherchez la perfection dans la vie chrétienne, vous ne commettrez pas d’erreur en cherchant à être parfait sur le plan de l’authenticité de votre personne.
Cela veut dire que lorsque vous vous approchez de Dieu, vous le faites en toute honnêteté et sincérité. Vous parlez à Dieu avec franchise. N’essayez pas de lui donner l’impression que tout va bien quand, en réalité, vous êtes en colère, vous êtes déprimés, ou encore vous êtes confus. Il ne sera pas embarrassé ! Dieu est notre Père céleste. Il désire que nous partagions tout avec lui d’un cœur sincère. Prenez l’exemple des prophètes. Je pense à Habakuk par exemple. Le prophète Habakuk portait un lourd fardeau sur son cœur. Il était intrigué par ce qu’il observait autour de lui et il avait beaucoup de questions qu’il voulait poser à Dieu. Pourquoi les méchants sont-ils si prospères au milieu du peuple de Dieu ? Pourquoi les justes sont-ils soumis à tant de problèmes ? Pourquoi Dieu n’intervient-il pas devant toute cette violence et toute cette injustice ? Dieu ne tarda pas à répondre aux questions d’Habakuk car il apprécie l’honnêteté d’un homme.
Si nous désirons grandir dans la vie chrétienne, nous devons apprendre à faire preuve d’une authenticité absolue. Ceci est vrai tant dans notre relation avec Dieu que dans nos relations interpersonnelles. Nous devons savoir communiquer avec les autres en toute franchise. Vous savez, nous avons une tendance naturelle à nous cacher des autres. Nous avons souvent l’impression de ne pas avoir la possibilité d’exprimer la vérité. Et chacun a ses raisons personnelles. Alors nous commençons à jouer au jeu de la politique avec nos semblables. Nous prenons soin de garder nos distances pour éviter qu’on nous fasse du mal.
Dieu ne peut pas agir en nous lorsque nous affichons une telle attitude. Les prétextes ne peuvent faire autrement que de détruire les relations. Si Dieu est pour transformer son église, l’authenticité doit caractériser la communication entre les membres de la communauté chrétienne. Car lorsque nous partageons la vérité, lorsque nous exprimons avec amour et sincérité nos pensées et nos sentiments, nous permettons aux gens de s’approcher de nous. Et à mesure que nous grandissons ensemble, en maturité et en unité d’esprit, la vérité va inévitablement être partagée entre nous.
Cela ne veut pas dire que nous avons le loisir de dire n’importe quoi, à n’importe qui et n’importe quand. L’idée principale n’est pas d’exprimer tout ce qui nous passe par la tête. Paul écrit en Colossiens 4 :6 « Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun. » Nos propos doivent être tout à fait véridiques, remplis de grâce, et appropriée à la personne à qui nous nous adressons. C’est de cette façon que nous pourrons grandir ensemble dans l’intimité.
Je prie pour que notre Assemblée soit caractérisée par la crédibilité des propos et l’authenticité des relations entre les frères et les sœurs. Savez-vous ce qui risque d’arriver avec une telle condition ? Lorsque la vérité constitue une priorité dans la vie de l’église, alors cette église dégagera une influence déterminante que le monde ne pourra ignorer. Une personne intègre, tant dans son comportement que dans son langage, passe rarement inaperçu. Notre société remarque de tels individus parce qu’ils ne sont pas comme les autres.
On les remarque non pas parce qu’ils sont constamment en train de parler de Dieu ou de prêcher la Bible. On les remarque surtout par la sincérité et de la vie qu’il mène. C’est une vie qui porte la marque de Dieu. Lorsque la vérité est en nous, nous devenons une lumière dans le monde. Et lorsque le monde voit cette lumière briller dans notre vie, les gens voudront s’approcher de cette lumière. Alors ils feront connaissance avec Dieu parce qu’ils se rendront compte que la source de cette lumière provient de Dieu.