janvier 28

Béat #2 Heureux les affligés, car ils seront consolés. Matt 5:4

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Béatitudes – Caractère du disciple de Christ – Matthieu 5 : 3-16

Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne ; et, après qu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui.

2 Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit :

3 Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux !

4 Heureux les affligés, car ils seront consolés !

5 Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre !

6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés !

7 Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !

8 Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !

9 Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu !

10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux !

11 Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi.

12 Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous.

- Matthieu 5 : 3 - 12 -

INTRODUCTION béatitude #2

En considérant les béatitudes (béatus en latin qui signifie béni ou heureux, bienheureux) il est important de noter que ce ne sont pas des informations qui décrivent un disciple de Christ ni des souhaits du Seigneur pour ceux qui l’aiment et le suivent. Le Seigneur ne dit pas : je vous souhaite tout le bonheur du monde – j’espère que vous serez bienheureux. Non ! Ce sont des affirmations : heureux (bienheureux) celui ou celle qui, par la transformation de l’être par ma puissance, suit la voie que j’ai tracé, qui agit conformément à ces principes énoncés, qui conforme sa pensée à celle de Dieu et non à celle du siècle présent. Les béatitudes décrivent le caractère d’un disciple de Christ, ces attitudes, postures du cœur et choix d'intention. Elles décrivent la discipline d’un disciple, un effort allant contre ce que notre chair nous propose avec laxisme. Les béatitudes décrivent également les qualités d’un disciple, reflétant une habitude acquise par la discipline. Et à ces huit démarches, Christ associe huit promesses.

 

Dans nos hôpitaux psychiatriques, il y a des malades qui souffrent de désordres mentaux appelés                            « hébéphrénie ». Ceux qui sont atteints d'hébéphrénie passent des heures et des heures pendant toute la journée à se réjouir et à rire bêtement. En apparence, il semblerait qu'ils soient heureux, mais il y a peu de situations qui soient plus tragiques, car les hébéphréniques guérissent rarement. Ils ont fui la réalité à l'extrême.

Le monde vertigineux de leur imagination les coupe des sombres problèmes qui les assaillent. Il peut sembler paradoxal qu'il y ait plus d'espoir pour le patient profondément dépressif. Dans la plupart des cas, sa dépression indique qu'il est en contact avec la réalité de sa vie. Sa profonde tristesse, en fait, n'est pas sans raison, et si elle amène repentance et confession, elle peut être un tremplin vers la route qui finit bien.

Il y a bien des gens hors des hôpitaux psychiatriques qui réagissent à leurs péchés comme les hébéphréniques. Ils essaient de les dissimuler. Ils cherchent à les oublier en les cachant sous un mince voile de gaîté superficielle, un artifice, une frénésie d’activités incessantes.

Jésus est venu, annonçant qu'il fallait se repentir et changer, se détourner du mal et se tourner vers Dieu et le bien. Ainsi, les affligés dont il parle dans la seconde béatitude au verset 4 sont ceux qui sont saisis par la profonde douleur de la repentance. Et la repentance, la vraie repentance, est une angoisse, une grande souffrance.

Il y a une relation entre la pauvreté en esprit et l'affliction dont Jésus parle ici. Qui sont les pauvres en esprit ? Ceux qui se savent pauvres en eux-mêmes, comme nous l'avons vu dans notre dernière étude. Ils se savent pauvres. Ils ont cessé de se défendre. Ils ne cherchent plus à se cacher à eux-mêmes. Quand ils agissent ainsi, ils se retrouvent face à face avec quoi ? Leurs péchés et leurs faiblesses. Une telle rencontre produit de la tristesse. Et cette affliction de cœur conduit à une confession repentante, au pardon et à la consolation.

Il est surprenant de voir combien de personnes aujourd'hui luttent en elles-mêmes à cause de quelque péché qui n'a pas été confessé.

Matthieu 5 : 4 « Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés ! Heureux les affligés, car ils seront consolés ».

La personne qui est affligée est réellement heureuse, déclare Jésus.

Devant le paradoxe de cette déclaration, il y a trois questions qui se posent à nous.

  • Dans quel sens cette déclaration « heureux les affligés » est-elle vraie ?
  • Que résulte-t-il que d’être pris deuil de pleurer, d’être affligé ?
  • Comment devenir un bienheureux qui mène deuil ?

Je vais tâcher d’apporter de manière concise des réponses à ces trois questions.

La déclaration "heureux les affliges" est-elle vraie?

« Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés ! ». Le contraste est frappant « heureux ceux qui pleurent... »  On associe rarement ces deux mots ensemble ! Pleurer et être heureux ne sont pas synonymes. Comment Jésus peut-il s'exprimer ainsi ? La réponse se trouve dans les raisons de pleurer et qui rendent la tristesse nécessaire et même... bienfaisante.  

Le monde trouve une affirmation pareille tout à fait ridicule : Heureux les affligés ! Car s'il y a une calamité que le monde cherche à éviter à tout prix, c'est l'affliction, la souffrance. Tout est organisé dans le but de l'éviter. Voici la philosophie du monde : "Oubliez vos difficultés et vos ennuis ; faites tout pour ne pas y penser. C'est déjà assez triste de voir l'état du monde actuel, donc essayons d'être aussi heureux que possible ! Toute la vie est arrangée de telle manière à faire oublier la souffrance ; alors on s'abandonne aux plaisirs de la vie, poussé par une véritable manie de les rechercher. Tout doit y contribuer, l'argent, notre énergie, nos ressources d'enthousiasme.

Mais Jésus dit : Heureux les affligés. En effet, ce sont les seuls qui sont vraiment heureux. Dans l'évangile de Luc, Jésus s'exprime d'une manière encore plus frappante Luc 6 :21 « Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie »! Le bonheur apparent du monde, son rire, sa jovialité, son insouciance, sont condamnés ici : ce bonheur-là est vide, le rire est creux, car après il ne reste plus rien...

Une fois de plus, il est évident que le sens est entièrement spirituel. Jésus ne voulait pas dire que ceux qui sont affligés par les problèmes, la maladie, l’oppression, la mort d'un être cher - un enfant, un conjoint - sont heureux. Lui-même n'a-t-il pas pleuré devant la mort de Lazare?

L'affliction dont Jésus parle dans cette deuxième béatitude n'a rien à voir avec notre vie naturelle dans ce monde, pas plus que la première béatitude avait un sens matériel. Il s'agit de ceux qui sont affligés en esprit. Ceux-ci, dit Jésus, sont des gens heureux.


Pourquoi pleurer ?

Selon le contexte qui précède, à cause du sentiment de péché ! Lorsque quelqu'un réalise qu'il est en faillite spirituelle, c'est bouleversant ! L'Écriture encourage ailleurs une telle tristesse.

Sentez votre misère. Reconnaissez votre misère. Prenez conscience de votre misère. Cela a trait aux sentiments qui surgissent en prenant toute la mesure de son état de péché devant Dieu. Des sentiments de honte de son propre péché. Ce passage de Jacques ne nie pas la joie dans la vie chrétienne, il dit simplement que la vie spirituelle, éternelle ne commence pas de cette manière. Toute la joie qui vient de Dieu qui emplit notre cœur émane de la grâce de Dieu qui nous est donné dans notre misère. Cela signifie donc d’avoir une prise de conscience de sa condition spirituelle, un esprit brisé et contrit que Dieu ne dédaigne pas. Cette disposition de cœur n’est autre que la volonté de se détourner du mal.

Que de personnes ne viennent pas à Dieu pour être sauvé parce qu’ils ne reconnaissent pas leur misère, leur condition misérable. Ceci est un appel aux personnes frivoles et orgueilleuses de sentir leur misère et leur état de rébellion contre Dieu.

Jacques 4 : 9 « soyez dans le deuil et dans les larmes. Menez deuil et pleurez ; que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse !» A nouveau, ce texte de Jacques nous renvoie à cette Béatitude dans Matthieu 5 :4 « Bienheureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés ! » ; Menez deuil au sujet de quoi ? De leur état de péché. C’est la réponse appropriée à la misère reconnue. Cela nous parle de l’esprit brisé et contrit…de ce deuil non-violent intérieur qui fait souffrir le cœur, qui pousse à des larmes de repentance, car la repentance c’est d’avoir honte, être confus au sujet de notre condition de péché et nos actes de péché. La misère est une reconnaissance des faits et de l’état du cœur. Le deuil c’est la manière dont l’esprit répond et les pleurs sont la manière dont le corps réagit.

La souffrance intérieure se manifeste extérieurement.  Que nous disent ces deux passages, sinon que d'être affligé doit nécessairement suivre l'état d'être pauvre en esprit ! Quand je contemple Dieu dans sa sainteté, et que je m'examine à la lumière de la vie que Dieu aimerait me voir mener, et qu’ensuite je constate mon impuissance à le faire, je suis affligé. Mes actions et mes paroles se révèlent insuffisantes. L'homme qui est affligé par le péché est vraiment heureux, dit Jésus. Il devient heureux dans un sens personnel, car il est mené à la repentance que le Saint-Esprit produit en lui, et de là à Jésus-Christ. Car seul l'homme qui s'écrie : Malheureux que je suis ! Qui me délivrera… ? pourra aussi s'écrier : “Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur. Tout comme le jour suit la nuit, la joie suit la tristesse pour le pécheur repentant. Par l'Esprit, il comprend que Christ est mort pour lui, à cause de son état de péché, et il est consolé. C'est cette tristesse positive qui mène au salut.

Or ceci n'est pas seulement vrai à la conversion ; cela continue pendant toute la vie de disciple de Christ. Quand, en tant qu’enfant de Dieu, j'ai péché, je me sens abattu et affligé ; mais dès que je l'ai confessé à Jésus-Christ, je suis consolé et la joie revient dans mon cœur. Notre vie entière est tissée sur cette toile de fond.


Essayons de résumer : L'affliction dont Jésus parle ici est l'antithèse exacte de l'attitude du monde. Le monde veut rire à tout prix. "Mangeons et buvons, amusons-nous pendant qu'on peut !" Il ne faut surtout pas penser aux choses négatives, car si l'on s'y arrête trop, on est troublé, on risque de s'affoler, de s'affliger, et même plus…de désespérer !

J'ai un voisin qui refuse de prendre tout à la légère, qui voit le désarroi, le chaos, l'impasse dans lesquels se trouve notre monde. Chaque phrase qu'il prononce est imbue d'amertume, de désenchantement, de désespoir. Ma prière c’est qu’il se tourne vers Jésus-Christ, dans la repentance et la foi, pour être consolé !

POURQUOI CE DEUIL, POURQUOI PLEURER ET ETRE AFFLIGE?

« Heureux les affligés, car ils seront consolés » !.

Notons le temps de ce verbe consoler (parakaleō en grec). Il est à la forme passive ce qui signifie que la personne prise de deuil, affligée, en pleurs à cause de son état de péché bénéficie de l’action de consolation intérieure d’un consolateur (paraclēte en grec).

Toute consolation vient de Dieu. 2 Corinthiens 1 : 3 « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation ».

Et qui était le premier paraclēte/consolateur ? Le Seigneur Jésus-Christ. Luc 4 : 18-21 « « L’Esprit du Seigneur repose sur moi. Il m’a choisi et consacré par son onction pour apporter la Bonne Nouvelle aux malheureux. Il m’a envoyé pour annoncer aux captifs qu’ils peuvent être libérés, et aux aveugles qu’ils verront de nouveau ; pour apporter la délivrance à ceux qui sont écrasés sous le poids de leurs fardeaux et proclamer l’année où le Seigneur accueille les hommes et leur témoigne sa faveur. » Il roula le livre, le rendit au servant et s’assit. Dans la synagogue, tous les yeux étaient braqués sur lui. « Aujourd’hui même, commença-t-il, pour vous qui en avez entendu la lecture, cette prophétie de l’Ecriture est devenue réalité ».

Puis, juste quelques temps avant son ascension, le Seigneur Jésus déclare à ses disciples dans Jean 14 : 15-17 « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements, et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur qui soit éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure près de vous et qu’il sera en vous ».

Jésus était le premier consolateur, puisqu’il déclare qu’un autre consolateur sera envoyé après son départ. Dieu le Père est le Dieu de toute consolation, Christ, l’oint de l’Eternel, lorsqu’il était sur terre était le Consolateur des siens, le Saint-Esprit est l’Esprit de vérité donné par le Père est le Consolateur de ceux qui sont à Christ.

Et la consolation qui vient de l’Esprit de vérité ne peut être dissocié de la consolation qui nous vient de la Parole de vérité. Romains 15 : 4 « Or, tout ce qui a été écrit d’avance l’a été pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l’espérance ». La Parole de Dieu nous console car elle nous parle de l’amour de Dieu, de son pardon, de sa grâce, de son salut, de sa compassion, de sa bienveillance, de son secours, de sa justice, de sa présence et de l’espérance de la gloire qui s’attache à son appel. Quelle consolation pour les cœurs affligés de leur condition de pécheurs !

Mais cette consolation s’étend au sein du Corps de Christ, son Eglise. 2 Corinthiens 1 : 3-5 poursuit « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console à l’égard de toute notre affliction, afin que nous soyons capables de consoler ceux qui sont dans l’affliction, par la consolation dont nous sommes nous-mêmes consolés de Dieu ».

Et lorsque nous sommes ainsi consolés, nous sommes heureux, bienheureux ! Le véritable bonheur est celui qui résulte, le fruit de la réalité d’une relation d’amour avec le Dieu vivant et vrai.

Ce bonheur vient à ceux et celles qui sont pris de deuil, affligés à cause de leur péché, non pas parce qu’ils sont affligés, mais parce que leur affliction conduit à la consolation. Ce qui nous amène à la troisième question :

Comment devenir un bienheureux qui mene au deuil?

Premièrement, en éliminant tout ce qui entrave, qui bloque cette attitude d’affliction, de deuil, cette posture du cœur et choix d'intention vis-à-vis du péché

  • Première entrave à éliminer : l’amour du péché. Si nous aimons notre péché, notre cœur s’endurcira, se congèlera dans l’impénitence. Hébreux 3 :13 « Mais encouragez-vous les uns les autres, jour après jour, aussi longtemps qu’on peut dire aujourd’hui, afin qu’aucun d’entre vous ne se laisse tromper par le péché et ne s’endurcisse ».
  • Deuxième entrave : le désespoir. Vous savez ce que le désespoir nous conduit à dire ? Dieu ne peut me pardonner pour tout le mal que j’ai fait. Le désespoir sous-estime la puissance de Dieu, il minimise le sacrifice de Christ et son sang versé qui nous purifie de toute iniquité. Il déprécie la valeur de la grâce de Dieu. Le désespoir abaisse Dieu de la réalité de qui il est- le rédempteur tout-puissant.

Jérémie 18 : 12 « Ainsi parle l’Éternel : Revenez chacun de votre mauvaise voie, Réformez vos voies et vos agissements ! Mais ils disent : C’est sans espoir ! Car nous suivrons nos idées, Nous agirons chacun selon l’obstination de notre mauvais cœur ». En d’autres termes : de toute manière, c’est sans espoir. Fatalement, Dieu ne peut rien y changer alors poursuivons notre choix d’intention vis-à-vis du péché. C’est le langage du désespoir qui se réfugie derrière l’ignorance volontaire ou non, qui cache la grâce derrière le doute.

Quoique l’on puisse adopter comme attitude ou raisonnement, la grâce de Dieu n’est pas limitée. Elle peut nous atteindre dans les profondeurs de notre perdition, nous arracher de notre condition, nous sauver et nous purifier. 1 Jean 1 : 9 « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice ».

  • Troisième entrave : la suffisance de soi. Cette attitude de cœur vaniteuse qui estime que : après tout, je ne suis pas si mal que ça. Vous ne me connaissez pas si vous pensez que je devrais être pris de deuil de ce que je suis. En fait, je suis assez bien. Ce diagnostic-là est comparable à un médecin insensé qui cherche à traiter un cancer dangereux comme si c’était un rhume de saison. Si Jésus-Christ a donné sa vie en versant son sang à la croix pour nos péchés, alors nous sommes mauvais, vraiment mauvais. Pour ceux et celles qui estiment ne pas être mauvais, ils sont pires que les autres parce que c’est justement là un des pires péchés : mépriser et rejeter l’œuvre de grâce du Sauveur des hommes.
  • Quatrième entrave : la présomption audacieuse. Cette intention du cœur qui considère la grâce de Dieu comme étant à bon marché. J’ai accepté Christ dans ma vie, je me suis fait baptisé, je suis devenu membre de mon église, je donne la dîme. Je n’ai plus à m’en faire. Je peux continuer à vivre comme bon il me semble. Quelle présomption fallacieuse de croire qu’on peut juste prendre Jésus sans changer de comportement, de manière de vivre. C’est confondre la liberté en Christ avec la licence. On ne peut galvauder la grâce de Dieu avec une telle attitude présomptueuse. Jacques 4 : 16 « Mais maintenant vous vous glorifiez dans votre présomption. Toute gloriole de ce genre est mauvaise ».

Esaïe 55 : 7 déclare « Que le méchant abandonne sa voie, Et l’homme de rien ses pensées ; Qu’il retourne à l’Éternel, Qui aura compassion de lui, A notre Dieu, Qui pardonne abondamment ». Et si une personne n’abandonne pas sa voie de péché, alors il n’y a aucune raison de croire qu’elle est pardonnée.

  • Cinquième entrave : l’atermoiement – remettre à plus tard ce que l’on doit faire maintenant. C’est l’attitude de cœur qui se dit : je dois vraiment m’y mettre…un jour. Un de ces jours, je vais devoir vraiment considérer mon état de péché et mettre les choses en ordre dans ma vie. Vous savez quoi ? Il se peut que demain soit trop tard. Jacques 4 : 14 « Vous qui ne savez pas ce que votre vie sera demain ! Vous êtes une vapeur qui paraît pour un peu de temps, et qui ensuite disparaît. Vous devriez dire au contraire : Si le Seigneur le veut, nous vivrons et nous ferons ceci ou cela. Si quelqu’un sait faire le bien et ne le fait pas, il commet un péché ».

Avant de parler du lendemain, il faut réaliser qu’il n’y aura peut-être pas de lendemain. Plus vit le mal est traité, plus tôt viendra la consolation de Dieu et avec elle la bénédiction du véritable bonheur.

  • Sixième entrave : le rire. Alors peut-être que vous pensez : mais que veux-tu dire par là, Roger ? Je m’explique. Il y a ceux, qui, comme je l’ai souligné plus tôt, réagissent à leurs péchés comme les hébéphréniques. Ils essaient de les dissimuler. Ils cherchent à les oublier en les cachant sous un mince voile de gaîté superficielle, un artifice, une frénésie d’activités distrayantes. On veut rire continuellement, faire la fête afin de ne pas se confronter au problème réel.

Amos 6 : 4-6 « Vous êtes allongés sur des lits décorés d’ivoire, étendus sur vos divans pour déguster de l’agneau et manger du veau gras. Vous chantez à tue-tête au son de la harpe. Pour imiter David, vous créez de nouveaux instruments de musique. Vous buvez le vin dans de larges coupes, et vous vous parfumez aux huiles les plus fines. Mais vous ne vous affligez pas du désastre qui menace ». Ce sont les insensés qui s’adonnent au rire quand il n’y a pas de quoi rire. Ils devraient être pris de deuil devant leurs péchés.

Dans Job 30/31 cette sorte d’entrave est soulignée :  Ma harpe ne sert plus qu’au chant de deuil, Et mon chalumeau qu’à la voix de ceux qui pleurent. Notre monde aujourd’hui ne pense qu’à faire la fête et de s’amuser. Nombreux sont ceux qui, ne supportant pas le silence, se noient dans la musique pour se distraire et ainsi éteindre toute voix intérieure et la réalité de leur condition.

Comment se débarrasser de ces entraves et devenir un bienheureux qui mène au deuil?

  • Premièrement : regarder à la croix de Christ. Si on s’enchevêtre dans les entraves que je viens de mentionner et qu’on ne saisit pas la signification de la croix, alors on ne comprend pas ce que Christ a accompli. Christ est mort pour moi, pour toi, pour nos péchés, et si cela ne brise pas un cœur endurci, alors rien ne le fera.

Quelle que soit l’entrave qui bloque l’attitude d’affliction pour le péché dans le cœur – l’amour du péché, le désespoir, la suffisance de soi, la présomption audacieuse, l’atermoiement ou la gaité superficielle et frivole, il suffit de contempler la croix de Christ, de reconnaître, saisir et comprendre son besoin d’un Sauveur et de faire face à son état de péché.

  • Deuxièmement, sonder la Parole de Dieu, particulièrement les passages concernant le péché. David a déclaré dans Psaume 51 : 4 « je reconnais mes crimes, et mon péché est constamment devant moi ». Le prophète Esaïe s’est écrié Esaïe 6/5 « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures ». Le disciple Pierre dit en Luc 5 : 8 « Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur ». Quand on examine ces hommes de foi et leur disposition de cœur vis-à-vis du péché, difficile de se convaincre soi-même que l’on n’est pas pécheur.

Voyez-vous, le péché piétine la loi morale de Dieu. Le péché méprise l’amour de Dieu. Il attriste son Esprit. Il repousse sa bénédiction. Le péché nous affecte tous, que ce soit avant ou après notre nouvelle naissance spirituelle. Le péché nous rend impurs, souillés. Il nous dérobe notre dignité, notre gloire, notre joie, notre paix, et nous prive de notre communion avec Dieu.

Regarder à la croix (1), sonder la Parole de Dieu (2) et,

  • Troisièmement, prier pour un cœur contrit et brisé devant Dieu à cause de notre état de péché. Avoir un cœur contrit et brisé signifié mener deuil au sujet du péché dans ma vie. Ce qui en résulte c’est la consolation et le bonheur. C’est connaître le pardon de Dieu, la vraie joie, la paix véritable, et cette consolation qui vient à la personne dont la vie est purifiée du péché.

Nous avons donc brossé pour nous dans cette béatitude, le portrait de la personne affligée consolée.

Elle est affligée par le péché, mais elle n'est pas morose. Elle est affligée par ses résultats, mais elle n'est pas misérable. C'est une personne sérieuse, mais pas solennelle. Elle est sobre, mais jamais terne ou rébarbative. Sa gravité est accompagnée de chaleur et de cordialité. Elle n'a pas besoin de se forcer à être sérieux, ni à être enjouée et heureuse. Elle est sérieuse, elle est heureuse.

Le vrai disciple n'a jamais besoin de feindre d'être ceci ou cela. Il regarde la vie avec sérieux, non avec désinvolture ; il la contemple spirituellement, et il y voit le péché et ses conséquences fâcheuses, et il voit aussi le remède. Il est comme l'apôtre Paul, gémissant intérieurement et cependant heureux, à cause de son expérience de Christ et de la gloire à venir. En un mot : un disciple de Christ, un enfant de Dieu n'est pas superficiel en quoi que ce soit ; il est fondamentalement sérieux et fondamentalement heureux. Car la joie du chrétien est une sainte joie ; le bonheur du chrétien est un bonheur sérieux. Comme le Seigneur, il gémit et pleure, et cependant, en vue de la joie qui lui était réservée, Christ a souffert la croix et l'humiliation (Héb12.2).

CONCLUSION

C'est cela, le portrait du caractère d’un disciple de Christ. Il n'a pas été poussé à prendre une décision précipitée, sans avoir passé par la profondeur du repentir. Celui qui est attristé en même temps que consolé a reçu un enseignement profond sur le péché et une doctrine élevée de la joie. C'est quelqu'un qui lit la Bible régulièrement, qui la médite et l'étudie dans la prière, et qui demande à Dieu de se révéler à son cœur par le Saint-Esprit. Cela permet à Jésus-Christ de l'éclairer sur lui-même et sur le caractère immuable de Dieu.

Oui, heureux les affligés, car ils seront consolés.

Ma prière pour chacun de vous c’est que vous soyez des bienheureux qui mènent au deuil car je désire que vous soyez consolés, heureux, tout comme Dieu le désire.


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affliction, Caractère du disciple de Christ, consolation, Péché, renoncement à soi


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