janvier 28

Béat #1 Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux. Matt 5:3

reste minutes à lire

Béatitudes – Le caractère du disciple de Christ – Matthieu 5 : 3-16

Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne ; et, après qu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui.

2 Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit :

3 Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux !

4 Heureux les affligés, car ils seront consolés !

5 Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre !

6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés !

7 Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !

8 Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !

9 Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu !

10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux !

11 Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi.

 12 Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous.

13 Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? Il ne sert plus qu'à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes.

14 Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée ;

15 et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.

16 Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.

- Matthieu 5 : 3-16

INTRODUCTION Béatitudes 

Après avoir démontré pourquoi Jésus est vraiment le Messie attendu de l'Ancienne Alliance et le Roi légitime d'Israël dans les quatre premiers chapitres, le récit de l’Evangile selon Matthieu nous donne le premier discours significatif du Christ, le "sermon sur la montagne". Si l'on se réfère à Luc, ce devait être le sommet plat d'une colline, autour du lac de Galilée. Le nom « sermon » n’est pas un terme approprié au contenu des vérités prononcées par le Seigneur Jésus dans ce passage de l’Evangile. Ce sont plutôt des principes de vie puissants extrêmement condensés, la vision du Seigneur du portrait complet du caractère d’un disciple de Christ dans le royaume des cieux – son royaume, là où son autorité s’établit et est reconnue.

On dit que les discours inauguraux sont très remarqués. Les rois et les présidents y annoncent la couleur de leurs ambitions. On évalue avec attention ce qui est dit lors d'un premier discours. Il est remarquable que le Fils de Dieu venant sur terre débute par ce terme : "Heureux " !

Dieu regarde l'humanité qui s'est éloignée de lui, et qui ne cherche que son intérêt, sa satisfaction. Il lui dit que sa venue a pour objectif de donner à ses enfants une vie spirituelle abondante heureuse.

Jérémie 29 : 11 "Je connais, moi, les desseins que je forme à votre sujet — oracle de l'Éternel — desseins de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir fait d'espérance."

Le terme "heureux" vient d'une racine qui veut dire à l'aise, au large, long. C'est l'idée d'un confort intérieur, d'une largesse de l'être qui déborde, replète de joie… Ce bonheur s'applique à Dieu. En effet, il est dit qu'il est heureux. 1 Timothée 6 : 13-15 « Je te recommande, devant Dieu qui donne la vie à toutes choses, et devant Jésus-Christ, qui fit une belle confession devant Ponce Pilate, de garder le commandement, et de vivre sans tache, sans reproche, jusqu’à l’apparition de notre Seigneur Jésus Christ, que manifestera en son temps le bienheureux et seul souverain, le roi des rois, et le Seigneur des seigneurs ».

Dieu, lui, est souverainement content et satisfait en lui-même. Détaché du temps, il connaît la fin de l'histoire. Devant son trône, se trouve une mer de cristal, nous dit l'Apocalypse. Aucun tumulte, aucune tempête. Il règne. Le Dieu heureux nous dit : voilà, la rébellion a causé de lourdes peines dans vos rangs. La mort, la maladie, l'égoïsme, la violence, les conflits et une nature livrée à une certaine mesure de chaos. Le bonheur a fui. Dieu s’incarne donc pour venir sauver les hommes de leur condition de perdition, il trace ainsi des pistes de retour à Lui, et de découverte du véritable bonheur :

• Par le pardon. Paul cite un psaume et écrit Romains 4 : 7-8 "Heureux ceux dont les iniquités sont pardonnées, Et dont les péchés sont couverts ! Heureux l'homme à qui le Seigneur n'impute pas son péché !". Libre de la culpabilité, une raison de tristesse en moins !

• Par le refuge intérieur qu'il offre. Psaumes 34 : 8 "Sentez et voyez combien l'Éternel est bon ! Heureux l'homme qui cherche en lui son refuge ! "

• Par le cadre de vie qu'il donne Deutéronome 4 :40 "Et observe ses lois et ses commandements que je te prescris aujourd'hui, afin que tu sois heureux, toi et tes enfants après toi, et que tu prolonges désormais tes jours dans le pays que l'Eternel, ton Dieu, te donne".

• Par le service des autres, Actes 20 : 35 "[le] Seigneur, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir".

Dieu nous dit donc qu'il n'y aura pas de bonheur dans la satisfaction des plaisirs (légitimes ou non !). Il n'y aura pas de bonheur dans la progression sociale ou dans les richesses accumulées pour soi. Ces choses donneront une euphorie passagère, un sentiment éphémère plus ou moins élevé de bien-être, de satisfaction.


Définition dictionnaire : Le bonheur est un état durable de plénitude, de satisfaction ou de sérénité, état agréable et équilibré de l'esprit et du corps, d'où la souffrance, le stress, l'inquiétude et le trouble sont absents.

Cette définition du bonheur souligne justement les raisons pour lesquelles il y a tant de gens malheureux !

Une des raisons qu'il y a tant de personnes malheureuses c'est que, malgré le fait que tous sont à la poursuite du bonheur, ils ne savent pas exactement ce qu’est le véritable bonheur ni là où il faut le chercher !

Voici ce qu’exprime les paroles d’un chant du groupe Sinsemilia, un reflet de la pensée de l’homme livré à lui-même qui croit que le bonheur est lié aux circonstances de la vie, un sentiment de bien-être que l’on éprouve lorsque tout va bien :

On vous souhaite tout le bonheur du monde
Et que quelqu'un vous tende la main
Que votre chemin évite les bombes
Qu'il mène vers de calmes jardins.

On vous souhaite tout le bonheur du monde
Pour aujourd'hui comme pour demain
Que votre soleil éclaircisse l'ombre
Qu'il brille d'amour au quotidien.

Toute une vie s'offre devant vous
Tant de rêves à vivre jusqu'au bout
Sûrement tant d'joies au rendez-vous
Libre de faire vos propres choix
De choisir quelle sera votre voie
Et où celle-ci vous emmènera
J'espère juste que vous prendrez le temps
De profiter de chaque instant.

On vous souhaite tout le bonheur du monde


Le bonheur selon Dieu n’est pas le but de notre existence, ni un idéal de vie souhaité, mais le résultat, le fruit de la réalité d’une relation d’amour avec le Dieu vivant et vrai.

Le véritable bonheur se construit dans une marche selon Christ. Jésus définit ici dans Matthieu 5 : 3 à 12 huit démarches vers le bonheur.

Ce sont des :

• Attitudes, postures du cœur et choix d'intention. (On peut faire la vaisselle avec une attitude renfrognée ou paisible)

• Disciplines, un effort allant contre ce que notre chair nous propose avec laxisme.

• Qualités, reflétant une habitude acquise par la discipline. Christ associe huit promesses à ces huit démarches. Elles révèlent l'inachevé de ce bonheur. On goûte un peu de ce bonheur, et puis un jour ce sera un festin de bonheur !

L'Écriture évoque souvent deux aspects de l'œuvre de Dieu, sans les distinguer dans le temps. Le "déjà" touche le "pas encore". Mais c'est comme si nous recevions de Dieu un acompte garantissant la suite. La Bible parle par exemple des "arrhes de l'Esprit" qui nous font saliver d'une plénitude beaucoup plus importante, qui est encore à venir. Oui, un peu de bonheur. En attendant la joie parfaite, la jouissance parfaite de la présence de Dieu et de son règne. Ce qu’il faut saisir et comprendre, c’est que la Parole de Dieu ne nous a pas été donnée et transmise pour notre information, mais pour notre transformation !

En considérant les béatitudes (beatus en latin qui signifie béni ou heureux, bienheureux) il est important de noter que ce ne sont pas des informations qui décrivent un disciple de Christ ni des souhaits du Seigneur pour ceux qui l’aiment et le suivent. Le Seigneur ne dit pas : je vous souhaite tout le bonheur du monde – j’espère que vous serez bienheureux. Non ! Ce sont des affirmations : heureux (bienheureux) celui ou celle qui, par la transformation de l’être par ma puissance, suit la voie que j’ai tracé, qui agit conformément à ces principes énoncés, qui conforme sa pensée à celle de Dieu et non à celle du siècle présent.


Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne ; et, après qu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui.

2 Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit :

3 Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux !

4 Heureux les affligés, car ils seront consolés !

5 Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre !

6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés !

7 Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !

8 Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !

9 Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu !

10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux !

11 Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi.

Notons bien la séquence de ces attitudes et ces traits de caractère :

Être pauvre en esprit c’est la bonne attitude envers soi et son état de péché qui conduit à une contrition de cœur, de verser des larmes sur sa condition. Cela conduit à mettre de côté tous désirs égoïstes et à revêtir cette attitude de douceur, de soumission et d’humilité devant la volonté de Dieu et de désirer de toutes leurs forces, avoir faim et soif, à vivre comme Dieu le demande. On voit bien la progression.

Et tout cela se manifeste en compassion, pureté de cœur, paix et acceptation des persécutions.

La personne qui se sait pauvre en elle-même, consciente de sa réelle pauvreté spirituelle ne portera plus de jugements méprisants sur les autres mais commencera à manifester des fruits de miséricorde, de compassion dans ses rapports avec les autres. La personne qui sera passée par le processus douloureux de la prise de conscience de ses péchés et les confessant et les abandonnant découvrira une nouvelle liberté pour vivre honnêtement et ouvertement avec les autres, agissant avec sincérité, pureté de cœur, en tout ce qu’elle fait.

La personne qui ne vit plus selon ses propres désirs égoïstes, mais qui cherche ce que le Dieu d’amour désire – une personne douce et humble de cœur – possédera aussi le détachement nécessaire pour être un ouvrier de paix, d’intervenir de manière utile dans les conflits qui ravagent les relations humaines.

Finalement, et de manière évidente, la personne dont la vie est gouvernée par un désir profond de justice et d’amour ne reculera pas au moment où elle sera appelée à souffrir pour la justice, mais y fera plutôt face d’autant plus joyeusement, sachant que les persécutions sont souvent la part des porte-paroles de Dieu, ses disciples, et que leur acceptation patiente conduit à une riche récompense de la part de Dieu.

Car quand tout est dit et fait, Mathieu 5 :12 « Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ».

Béatitude #1 

Mathieu 5 :3

« Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux »!

Posons-nous d’abord une première question : pour quelle raison le Seigneur Jésus commence-t-il par cette déclaration en parlant d’une nouvelle sorte d’existence, de nouvelles règles en matière de vie ? Pourquoi est-ce que ce premier principe est la source du bonheur ? C’est parce que c’est la première chose qui doit se produire dans la vie de la personne qui désire entrer dans le royaume des cieux. Personne n’y entre par orgueil. Ce sont seulement ceux qui se reconnaissent spirituellement pauvres qui peuvent y entrer ? La porte d’entrée dans le royaume des cieux est très basse et les seules personnes qui y entrent le font en rampant.

Cernons bien la pensée de Jésus de plus près. Nombreux sont ceux qui ont déformé ce texte en s’arrêtant sur « heureux les pauvres ». Si la signification de ce texte était la disette, le manque de ressources matérielles adéquates pour survivre, alors combien sont nombreux ceux qui nagent dans le bonheur !

Le mot pauvres (ptōchos en grec) désigne ceux qui sont réduits à la mendicité, totalement dépendants de quelqu’un d’autre pour les faire sortir de leur misère. Et le Seigneur souligne bien qu’il s’agit d’une attitude de cœur envers soi et non d’un statut social, d’une condition de dénuement matérielle. C’est une prise de conscience de sa pauvreté spirituelle devant Dieu : Heureux les pauvres en esprit. Il ne s'agit pas d'être timide, servile, écrasé, faible, ni de se tenir humblement à l'écart, ni de ne jamais se faire remarquer. Il y a des gens qui sont ainsi par nature. Pauvre en esprit ne veut certainement pas dire cela !

Être "pauvre en esprit" ne consiste pas non plus à se minimiser, à écraser sa personnalité, ou à faire de grands sacrifices. Ni même à se sentir humble : presque tous les grands penseurs étaient humbles d'une certaine manière, parce qu'ils étaient conscients de l'énormité de savoir qui leur échappait. L'humilité due à un grand savoir, ce n'est pas être "pauvre en esprit". Ce qui gonfle, c'est de savoir peu de choses et croire qu'on sait tout. Être pauvre en esprit ce n’est pas être simplet, ou attardé. Ce n’est pas non plus être faible, sans colonne vertébrale, effacé. Ce n’est surtout pas penser ou dire : “Je suis nul !”, “Je suis bon à rien !”. Il ne s’agit pas d’être négatif, il s’agit d’être réaliste, lucide, conscient des ravages du péché dans notre intelligence/pensée, dans nos sentiments, dans notre volonté. Il s’agit d’être prudent à l’égard de sa propre nature, de son propre cœur. “Heureux ceux qui se savent pauvres en eux-mêmes” traduit la Bible en français courant. C’est ça ! Tant que nous avons encore des prétentions à faire par nous-mêmes ce que Dieu n’a jamais imaginé qu’un homme puisse faire (suivre Jésus), nous pataugerons

Alors que signifie être pauvre en esprit ? La meilleure réponse est donnée par la Bible elle-même.

  • Esaïe 57 :15 "Ainsi parle le Dieu Très-Haut dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint : Je demeure dans les lieux élevés et dans la sainteté, mais aussi avec l'opprimé et celui qui est humilié dans son esprit, afin de ranimer les esprits humiliés, afin de ranimer les cœurs opprimés ».
  • Esaïe 66 :2 "Voici sur qui je porterai mes regards : sur le malheureux qui a l'esprit abattu, qui tremble à ma parole ».
  • Psaumes 51 :17 « Les sacrifices agréables à Dieu, c'est un esprit brisé, un cœur brisé et contrit : ô Dieu, tu ne le dédaignes pas ».

Être pauvre en esprit s'agit bien d'un sentiment de totale insuffisance devant Dieu, en présence de Dieu.

Quand Jésus dit : "Heureux ceux qui sont pauvres en esprit", il parle d'une attitude envers soi-même. C'est là que se voit la différence fondamentale entre un enfant de Dieu et un incrédule. L'homme du monde place sa confiance en lui-même. Il ne veut rien devoir à personne. Il se hisse plus haut par son savoir, son éducation. Et l’enfant de Dieu ? Devant Dieu, que peut-il ressentir d'autre qu'une totale insuffisance, une pauvreté d'esprit absolue ? La personne qui est pauvre en esprit est la personne qui ne possède aucune pensée de suffisance de soi.

Jésus commence son enseignement en disant : il y a une montagne à gravir, des sommets à atteindre, des principes à mettre en pratique, mais vous en êtes totalement incapables par vous-mêmes. Dès l’instant que vous en prenez conscience, vous êtes sur le chemin ascendant. En d’autres termes, vous ne pouvez être dignes avant de vous reconnaître indignes. L’humilité véritable n’est pas de prétendre être humble afin que les autres nous remarquent mais de s’oublier soi-même afin que les autres voient le caractère de Christ en nous.

Ce qui me trouble c’est qu’aujourd’hui, dans l’Eglise, le Corps de Christ, il y a si peu d’importance accordée à ce principe biblique du renoncement à soi, de mourir à soi-même, de se vider de l’orgueil et de la suffisance de soi. Grand est le nombre d’enseignants médiatisés très en vue et en vogue qui écrivent des ouvrages tels que : Comment être rempli de joie, de l’Esprit, être rempli de ceci ou cela, comment atteindre son plein potentiel, Comment atteindre et vivre la prospérité en toutes choses, Vivre le meilleur maintenant, Vous êtes destinés à la bénédiction, Pensez mieux, vivre mieux, 31 promesses à proclamer pour bénir votre vie, Etre plus heureux, Des pensées puissantes, La splendeur au lieu des cendres…et ainsi de suite. Ces personnes se fourvoient dans bien des hérésies anti-bibliques, une émanation de la sagesse terrestre.

Mais je n’ai jamais vu un ouvrage sur le thème : Comment se vider de soi-même. Pouvez-vous imaginer un livre intitulé : Comment devenir rien ? Il aurait surement beaucoup de mal à trouver un éditeur et à se vendre.

Heureux les pauvres en esprit. Ce qui signifie qu’il faut vider avant de remplir. Une parabole du Seigneur illustre bien ce principe :

Luc 18 : 10-14 « Deux hommes montèrent au temple pour prier ; l’un était Pharisien, et l’autre péager. Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont accapareurs, injustes, adultères, ou même comme ce péager : je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus. Le péager se tenait à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel, mais se frappait la poitrine et disait : O Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur. Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison, justifié, plutôt que l’autre. Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé ».

Lequel des deux était pauvre en esprit ? Lequel a été rempli ? Le Pharisien était déjà bien rempli : plein de suffisance, d’orgueil spirituel, d’autosatisfaction ! Il n’y avait pas de place dans son cœur pour le pardon de Dieu, pour la grâce, pour la bénédiction — il ne croyait même pas en avoir besoin ! Le péager par contre s’est courbé, il a reconnu sa pauvreté, son besoin extrême en tant que pécheur, son incapacité à faire le bien. Et le Seigneur a pu le remplir de paix, de joie, et lui faire goûter sa grâce. Il faut vider avant de remplir : c’est un principe constant dans le royaume des cieux.

Être pauvre en esprit c’est croire celui qui vous dit, “Sans moi, vous ne pouvez rien faire ». Jésus nous appelle non pas à devenir pauvres d’esprit/débiles mais à devenir vraiment humbles, se reconnaitre pauvre en soi-même.

Et qu’est-ce qui en résulte ? car le royaume des cieux est à eux. Ceci est une proclamation, une annonce, et non pas un vœu, un espoir.

Notons par ailleurs, le temps du verbe. Il est au présent. Le Royaume de cieux est à eux, moi, toi, nous. Il n’est nullement question d’une ère à venir, le règne de mille ans de Christ sur terre. Il n’est pas dit : le Royaume sera, mais il est…bien sûr, il y a aura un royaume millénaire sur terre un jour, lorsque toutes les promesses de Dieu concernant ce temps-là seront pleinement et entièrement réalisées. Mais le règne de Christ est maintenant. Le bonheur, l’état bienheureux dont Jésus parle c’est maintenant car le royaume des cieux est le règne de Christ dans les vies de ceux et celles qui font partie de ce royaume, qui forment un sacerdoce royal, la nation sainte des rachetés et bien-aimés de Dieu. Christ est le Roi de ceux qu’il a élevé en royauté…les fils et filles de son royaume devenus rois

Une dernière question : comment savoir si je suis pauvre en esprit ? Il est important que nous fassions régulièrement l’inventaire de nos vies et je vous invite à le faire ce matin en prenant en considération sept principes qui nous permettent de déterminer si oui ou non nous sommes réellement pauvres en nous-mêmes :

  • Premier principe : ETRE SEVRE DE SOI-MEME.

 Psaume 131 : 2 le dit en ces termes « Comme un enfant sevré auprès de sa mère ; Mon âme est en moi comme un enfant sevré ». Quelle pensée merveilleuse ! La personne qui se reconnait pauvre en elle-même est sevré du grand MOI ! Ce qui importe désormais à ses yeux c’est son Seigneur et sa seule gloire, les intérêts de Dieu et non les siens. Ensuite, ce sont les intérêts et les besoins des autres qui priment avant les siens.

  • Deuxième principe : CONTEMPLER CHRIST.

2 Corinthiens 3 : 18 « nous contemplons, comme dans un miroir, la gloire du Seigneur ». Contempler Christ c’est l’admirer, se perdre en lui, d’être éperdument épris de celui qui est non seulement l’Admirable mais qui est digne d’admiration. La personne qui se sait pauvre en elle-même ne saurait être éprise d’elle-même, ni être en train de se contempler, se s’admirer soi-même sans répit. Elle dit tout simplement : montrez-moi Christ …et cela me satisfait pleinement.

  • Troisième principe : ACCEPTATION DE SA SITUATION.

La personne qui se sait pauvre en elle-même ne se plaindra jamais de la situation dans laquelle elle se trouve. Comme l’apôtre Paul, elle rend le même témoignage que lui dans Philippiens 4 : 11 «j’ai appris à être content en moi-même dans les circonstances où je me trouve ». Pourquoi peut-on être dans le contentement intérieur ? Parce que l’on reconnaît que nous ne méritons rien et qu’en nous-mêmes nous n’avons rien à offrir. Tout n’est que pure grâce et, en fait, plus on est dans les profondeurs du besoin, plus la grâce de Dieu est douce et abondante. Nous pouvons vivre la souffrance et l’adversité sans murmurer, car nous reconnaissons que nous ne méritons rien. Cependant, au sein de nos épreuves et face à nos besoins, nous recherchons la grâce et la délivrance de notre Seigneur.

  • Quatrième principe : ESTIMER LES AUTRES.

La personne qui se sait pauvre en elle-même vit les principes et les vérités soulignés dans Romains 12/3,10 : N’ayez pas une opinion exagérée de votre importance, mais que chacun de vous s’efforce de se faire une idée juste sur lui-même » ; ne surestimez pas vos capacités, n’aspirez pas à ce qui dépasse vos possibilités ou qui déborde votre vocation…. « Estimez-vous mutuellement. Placez toujours l’autre au-dessus de vous et honorez-le comme vous étant supérieur. Soyez les premiers à témoigner des égards ». La personne véritablement humble est celle qui place les autres au-dessus d’elle-même et qui prend en considération leurs intérêts en les plaçant au-dessus des siennes.

  • Cinquième principe : UNE VIE DE PRIERE INTENSE.

La personne qui se sait pauvre ne elle-même passera beaucoup de temps dans la prière. Pour quelle raison ? Parce qu’un mendiant est toujours en train de mendier. Il fait connaitre sa demande à Dieu, il cherche sa volonté et frappe avec insistance et persévérance à la porte céleste en attendant avec confiance la bénédiction de l’exaucement de la part de Dieu. 

Dans son enseignement sur la nécessité de prier avec persévérance Jésus a prononcé ces mots dans Luc 11 : 9-10 « Demandez, continuez à demander, et vous recevrez ; cherchez, persévérez dans votre recherche, et vous trouverez ; frappez, insistez, et la porte vous sera ouverte. Car celui qui demande finit toujours par recevoir ; celui qui cherche, finalement, trouve ; et à celui qui frappe avec insistance, la porte sera ouverte ».

  • Sixième principe : JETER SON DEVOLU SUR CHRIST.

La personne qui se sait pauvre en elle-même s’abandonne à Christ seul, se soumet à sa souveraineté, et le suit selon les conditions que lui exige. Un pécheur orgueilleux veut Christ à sa botte, selon son désir, selon sa convoitise, selon son immoralité et non selon les termes que Christ exige : la repentance et le renoncement à soi-même. La personne qui se sait pauvre en elle-même, abandonne toute idole, toute autre loyauté, tout désir égoïste et jette tout son dévolu sur le Seigneur Jésus-Christ. Elle abandonne tout pour Christ.

  • Septième principe : RENDRE GRACES.

La personne qui se sait pauvre en elle-même manifeste une gratitude débordante envers Dieu pour l’immensité et l’abondance de sa grâce. Pour quelle raison ? Jacques 1 : 17 « Car toute grâce excellente et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières ».


1 Timothée 1 : 14 déclare également « Et la grâce de notre Seigneur a surabondé, avec la foi et l’amour qui est en Christ-Jésus ». Ainsi, ceux qui sont pauvres en esprit sont remplis de gratitude et rendent grâces à Dieu pour sa grâce excellente, parfaite, surabondante, car ils savent qu’ils ne méritent rien.

CONCLUSION 

Pour quelle raison cette béatitude vient-elle en premier parmi les autres ? Parce qu’elle est l’élément fondamental du caractère d’un enfant de Dieu, son attitude envers soi et envers Dieu

Que signifie cette béatitude ? Un sentiment profond d’indignité et de dénuement spirituel.

Comment la vivre ? Ne regarder qu’à Dieu, refuser de nourrir la chair et prier.

Qu’est ce qui en résulte pour ceux qui la vivent ? La possession présente du royaume des cieux et l’état bienheureux qu’apporte le règne de Christ dans les cœurs et les vies

Comment savoir si je suis pauvre en esprit ?  Posons-nous les questions suivantes afin de déterminer où l’on se situe par rapport à la volonté de Dieu :

Suis-je sevré de moi-même ?

Suis-je éperdument épris de Christ ?

Est-ce que j’accepte ma situation/ma condition sans murmure, sans me plaindre ?

Est-ce que j’estime les autres comme étant au-dessus de moi ?

Est-ce que je persévère dans la prière en plaidant pour la grâce de Dieu ?

Est-ce que j’abandonne ma vie à Dieu dans une consécration complète ?

Est-ce que mon cœur est rempli de gratitude envers Dieu qui fait coopérer toutes choses pour mon bien ?


Tags

Béatitudes, Caractère du disciple de Christ, heureux, pauvres en esprit, royaume des cieux est à eux, sermon sur la montagne


Ces articles pourraient aussi vous intéresser

Recevez les prochains articles directement dans votre boite mail