
38 Vous avez appris qu’il a été dit: œil pour œil, et dent pour dent[j]. 39 Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. 40 Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. 41 Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. 42 Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi.
- Matthieu 5:38-42 -
INTRODUCTION - Rendre le bien pour le Mal -
Le message que je vais vous transmettre ce matin est très important parce que, concomitant avec la lutte pour la défense des droits réside une certaine anarchie. Le texte de Matthieu 5 versets 38 à 42 met en équilibre et en perspective là où la loi de Dieu s’inscrit dans la vie d’un disciple de Christ. Alors que nous évoquons le pardon et le fait de tendre l’autre joue, ce n’est jamais au détriment de ce qui est équitable et juste selon Dieu. C’est ma prière que dans une quarantaine de minutes tout cela puisse être claire pour chacun d’entre nous.
- La loi de talion : Ancien Testament
Matthieu 5 : 38 « Vous avez entendu qu’il a été dit : Œil pour œil, dent pour dent. »
'talion' vient du latin 'talis' qui signifie 'tel' ou 'pareil'. La peine doit être égale au crime. Cette parole se trouve dans l'Ancien Testament à au moins trois reprises (Exode 21 : 24 ; Lévitique 24 :19-20, et Deutéronome 19 : 21)
Exode 21 :22-24 "Si des hommes se querellent, et qu'ils heurtent une femme enceinte, et la fasse accoucher, sans autre accident, ils seront punis d'une amende imposée par le mari de la femme, et qu'ils paieront devant les juges. Mais s'il y a un accident, tu donneras vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure"
Cette loi est un pilier fondamental d'une saine justice humaine. Elle est remarquable par deux de ses principales fonctions :
- premièrement, elle veille à ce que le mal ne soit considéré comme quelque chose de normal. Une mauvaise action a des conséquences. La violence est profondément anormale et exige compensation ou réparation.
- Deuxièmement, elle limite les peines à la hauteur de l'offense. Si quelqu'un te marche sur les pieds, tu n'as pas le droit de le pendre ! Même si l'envie est très forte !
Ces textes de l’Ancien Testament n'ont pas pour but d'exiger une réparation "œil pour œil, dent pour dent", mais de limiter la rétribution à ce qui est juste. Trop souvent, pour une offense légère, une personne exigeait une réparation exagérée. Comparez cela avec la "justice" de l'Islam, où un voleur a la main coupée… même s'il n'a volé qu'un morceau de pain! La Loi ne permettait pas d'exiger autre chose qu'une juste compensation. Le commandement "Œil pour œil, dent pour dent", n'est PAS un "droit de vengeance" mais une LIMITATION du droit de réparation des dommages.
- Jésus parle pour dénoncer les abus de la loi de l’Ancien Testament
Ensuite, Jésus dit, Mais moi, je vous dis… Je vous dis quoi? …Je vous dis de ne pas résister au méchant. Est-ce que Jésus serait en train de rendre caduc le principe de justice ? Pas du tout. Au verset 17, Jésus a prévenu qu'il n'était pas venu pour abolir la loi ou les prophètes et il a dit que même les lettres les plus petites de la Loi morale de l'Ancien Testament ne disparaîtraient jamais, parce qu'elles étaient ‘soufflées de Dieu'. Le " mais moi je vous dis " ne corrige pas la Loi elle-même mais corrige le mauvais usage qui en avait été fait. Voici le faux raisonnement qu’il corrige : puisque la Loi dit : "œil pour œil dent pour dent", je me ferai donc le plaisir de l'appliquer de tout mon cœur : Tu m'insultes ? Je te traite de tous les noms ! Tu t'insurges ? Mais c'est biblique, oeil pour oeil...Tu me mens? Je te mens ! oeil pour oeil... Tu m'ignores ? Je t'ignore ! oeil pour oeil...Tu me trahis ? Je fais de même... oeil pour oeil...
La loi qui était censée protéger l'excès était devenue dans la culture Juive prétexte biblique au vice. Le comble pour la Loi de Dieu !
La Loi qui était censée restreindre le mal était devenue un moyen de se venger légalement. ‘Si tu me frappes, j'ai le droit maintenant de te frapper. Quelle joie !'
Mathieu 5 :39 « Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant. » Si Christ ajoute à cette loi ce n'est surtout pas qu'elle était devenue mauvaise.
En fait, les propos de Jésus ne font que resserrer davantage les exigences de la loi. Car voyez-vous, le côté charnel de l’homme a perverti l’application du principe de justice. On a abusé de cette prescription de l’Ancien Testament au point qu’elle servait à justifier la vengeance personnelle. Évidemment on ne disait pas qu’on cherchait la vengeance. L’esprit de vengeance se déguisait sous le masque d’un semblant de justice. Tu me frappes. Alors je te frappe. Tu me voles. Alors je vais te voler. Le principe de justice a subi une telle perversité qu’on l’utilisait pour faire le contraire de ce qu’elle énonce. Ce principe, pensait-on, justifiait que l’on rende le mal pour le mal. Alors Jésus va l’encontre de cette façon de penser et dit, Ne faites pas cela. Ne résistez pas au méchant. Triomphez du mal par le bien. C'est ce que Christ reproche. La Loi ne sert pas à appeler la vengeance, mais plutôt à contrôler la vengeance. Le jugement ne pouvait être supérieur à l'offense. C'est aux juges, et non à l'offensé qu'il revenait d'appliquer correctement cette prescription.
C'est le sens des propos correctifs de Jésus : Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant.
Le verbe "résister" pourrait se traduire par : tenir tête, confronter, s'opposer, faire face.
Le méchant (to poneros) pourrait s'appliquer à quelqu'un dont l'intention est mauvaise, mais on pourrait l'appliquer au mal en général.
Comment comprendre ce passage ? Que veut donc dire Jésus : mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant ?
Si vous avez eu l’occasion de lire certains commentaires bibliques concernant ce passage, vous aurez sans doute remarqué que ces ouvrages traitent surtout de la question des représailles. Le chrétien ne doit pas user de représailles contre quelqu’un. Il ne doit pas chercher à se venger si on lui fait du mal. Je me joins à ces commentateurs pour dire la même chose. Cependant, j’ajouterais l’observation suivante. Il me semble qu’il y a d’autres aspects qui se dégagent de ce passage. Ce que je veux dire, c’est que le Seigneur Jésus ne nous demande pas que de faire preuve de retenue lorsqu’on nous attaque. Son commandement ne se limite pas qu’à l’attitude plutôt passive de se retenir d’exercer sa vengeance sur quelqu’un. Il me semble qu’il y a un côté actif dans ses propos.
- Jésus nous demande de faire quelque chose et non pas de nous retenir de faire quelque chose.
Si Jésus voulait seulement nous enseigner qu’il ne faut pas se venger, alors il aurait été plus simple de dire, Si quelqu’un te frappe sur la joue, ne le frappe pas. Ne riposte pas. Mais ce n’est pas exactement ce que Jésus a dit. Certes, il nous demande de ne pas répliquer, mais il nous demande aussi de faire quelque chose. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui l’autre. Voilà ce qui est plus exigeant que de se contenir et de ne rien faire. Ne trouvez-vous pas ? Tout en gardant votre sang froid, vous devez présenter votre joue gauche. Il y a une signification spirituelle à découvrir et assimiler par les quatre exemples qu'il donne : l’action de présenter l’autre joue, de laisser son manteau en plus de sa tunique, de faire un second mile, et de prêter à celui qui demande.
Jésus appelle à l'action - illustration de l'aFfront - V39
Matthieu 5 :39 « Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre. »
Pour cette vérité de la parole, essayez de visualiser la scène d'une personne qui s'apprête à gifler une personne qui lui fait face : Supposez que je veuille vraiment faire du mal à une personne, Si je suis droitier, je vais prendre mon élan et le frapper sur... la joue gauche, n'est-ce pas ?
Maintenant pour que je frappe quelqu'un sur la joue droite, c'est vraisemblablement du revers de la main, signe de mépris total.
Jésus ne parle pas d'une agression physique en bonne et due forme. Il ne parle pas de blessure, mais d'un affront, d'une honte. Dieu dit : on te fait honte ? Laisse béton !
Montre que ton honneur ne dépend pas d'une gifle — ou d'une insulte. Montre qu'en Christ on est suffisamment sûr de son identité pour ne pas être ébranlé par ce genre de comportement. L'évaluation de notre honneur, de nos qualités ne se fait pas par le regard des autres.
Montre que tu as confiance en Dieu. Proverbes 20 : 22 " Ne dis pas : Je rendrai le mal. Espère en l'Éternel, et il te sauvera ". Celui qui cultive une proximité avec Dieu est quelque part blotti dans la main de celui qui est plus grand que tout. "Si Dieu est pour nous..., qui sera contre nous ? Un jour, Dieu révélera toute chose, résoudra tout conflit et récompensera les siens. Nous devons avoir confiance que Dieu s'occupera mieux que nous de justifier notre droit.
JÉSUS APPELLE À L'ACTION - ILLUSTRATION DE L'expropriation - V40
Matthieu 5:40 « Si quelqu'un veut te traîner en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau."
Les gens de l'époque portaient un vêtement à même le corps, c'était la tunique. Généralement, les gens n'avaient que deux ou au plus, trois tuniques. Ils avaient en plus un vêtement en tissu plus épais qui servait aussi bien de manteau que de couverture. Sans ce vêtement, les nuits pouvaient être mortelles.
Ce deuxième exemple (ainsi que le quatrième) s'inspire des lois de l'Ancien Testament, notamment...
Ex 22 :22-27 « Tu n'affligeras point la veuve, ni l'orphelin. Si tu les affliges, et qu'ils viennent à moi, j'entendrai leurs cris ; ma colère s'enflammera, et je vous détruirai par l'épée ; vos femmes deviendront veuves, et vos enfants orphelins. Si tu prêtes de l'argent à mon peuple, au pauvre qui est avec toi, tu ne seras point à son égard comme un créancier, tu n'exigeras de lui point d'intérêt. Si tu prends en gage le vêtement de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil ; car c'est sa seule couverture, c'est le vêtement dont il s'enveloppe le corps, dans quoi coucherait-il ? S'il crie à moi, je l'entendrai, car je suis miséricordieux. »
Ainsi Christ pense au procès que l'on ferait à un pauvre, qui n'aurait peut-être qu'une tunique et un manteau. Si ce pauvre est vraiment fils du Royaume, il doit être prêt à réparer l'offense qu'il a causée, au point même de se priver de son manteau. Un témoignage fort d'une repentance authentique. Un juge ne serait-il pas sensible à l'attitude qui admet le mal et qui cherche à le réparer ? Le procès des hommes a des conséquences terrestres limitées. Seulement pour quelques années. Qu'est-ce donc comparé à l'éternité ?
JÉSUS APPELLE À L'ACTION - ILLUSTRATION DE LA REQUISITION- V41
Matthieu 5 :41 « Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui.»
A cette époque, les soldats et les fonctionnaires romains avaient le droit de réquisitionner l'aide de n'importe quel homme pour qu'il lui porte ses bagages sur une distance d'à peu près 1500 m. Après les 1500 m, ce soldat appelait un autre homme pour lui demander de faire un autre parcours de 1500 m. Quelle humiliation ! Quelle corvée ! Christ dit : ce n'est pas grave, ne reste pas tant attaché à toi-même. Un gouvernement impie exige de faire 1500 m ? Fais-en 3000 ! Dans la mesure où ce que le gouvernement exige et impose n'est pas immoral, fais-le ! Tu n'es qu'un voyageur sur cette terre. Notre cité est ailleurs, Il y a une attitude d'abnégation, de désintéressement, que Christ veut susciter en nous. Quand vous remplissez votre déclaration d'impôts et les payez, quand vous cédez à un enfant qui vous demande de jouer avec lui, quand votre conjoint vous demande quelque chose, quand un collègue demande un service, quand un patron exige un coup d'accélérateur — comment réagissons-vous ?
Alors, il ne s'agit pas de céder en toutes circonstances aux caprices et exigences abusives des autres : ce serait le "paillassonnisme" (terme inventé !). Ce n’est pas un genre de pacifisme individuel du style : Quoi que tu me fasses, je ne réagirai pas. Tu peux me frapper ou faire du mal à mes proches, je suis dans la joie sereine et confiante de ma foi !
Lorsque Paul et Silas furent arrêtés, battus sans procès et jetés en prison dans la ville de Philippes, les magistrats réalisèrent qu'ils avaient fait une grave erreur car ils étaient citoyens romains. Ils décidèrent donc de les libérer discrètement. Que firent Paul & Silas ? Ils refusèrent ! Ils exigèrent que les magistrats viennent en personne les libérer. Pourquoi ? Pour la protection future des chrétiens de cette ville (Actes 16.) Ce n'était pas pacifiste ! Il ne s'agit donc pas de céder en toutes circonstances : mais de tenter de contraindre la réaction naturelle de refuser immédiatement, avec la grâce d'un esprit de dévouement.JÉSUS APPELLE À L'ACTION - ILLUSTRATION DE L'EMPRUNTEUR- V42
Matthieu 5 :42 « Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi. »
Le sentiment de possession est une marque de l'humanité. Ce n'est pas un vol que de posséder, contrairement à des propos tenus par certains. Il est légitime de posséder un certain nombre de choses. Avoir beaucoup ou avoir moins n'est ni bien ni mal. C'est le fruit d'une grâce.
Mais comme toute chose légitime, elle devient illégitime lorsqu'elle nous contrôle. Posséder est bien sauf si ce sont les choses qui nous possèdent.
Un disciple de Christ ne doit pas être contrôlé par ses possessions. Il doit les gérer à bon escient.
Gérer à bon escient ? Pour que les possessions soient utiles à Dieu, aux hommes ! La générosité qui ne touche que les paroles n'en n'est pas une. La générosité authentique touche la manière dont on donne à Dieu ou aux hommes, comme la quantité proportionnelle que l'on consacre à Dieu et aux hommes.
Est-ce à dire que l'on doit tout donner à tous ceux qui nous demandent ? Je ne le crois pas.
Nous avons tous regretté, je suppose, d'avoir tenté d'aider financièrement des gens qui, en fait, avaient surtout besoin d'apprendre une saine gestion de leurs propres finances !
Mais de nouveau, cette image illustre les dispositions du cœur. Quelle est la première réaction quand on nous demande un emprunt d’argent ou d’autre chose ? Pas question ? Christ nous dit : ne ferme pas si vite la porte. Peut-être qu'il est juste de le faire. Le chrétien prendra le temps de considérer le fait de se dépouiller d'une partie de ses ressources et de ces biens pour le bien de l'autre.
Ces principes se retrouvent ailleurs dans l'Écriture :
1 Pierre 3 : 9 « Ne rendez pas mal pour mal, ni insulte pour insulte ; au contraire, bénissez, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin d’hériter la bénédiction ». Pour résumer, ce texte nous dit tout simplement : peu importe la manière dont vous êtes traités, pas de représailles, ne cherchez pas à vous venger…ne rendez pas le mal pour le mal.
Romains 12 : 14 « S’il y a des gens qui vous rendent la vie impossible, gardez-vous de proférer des malédictions contre eux : demandez plutôt à Dieu de les bénir. »
Au lieu de proférer des paroles dures à leur sujet et de nous plaindre d’eux, le Seigneur nous exhorte de dire du bien à leur sujet et de prier Dieu pour qu’il leur fasse du bien. Tâche difficile, n’est-ce pas ? Nous devons confesser que notre réaction naturelle n’est pas de bénir.
Lorsqu’on nous persécute, on leur rend la monnaie de la pièce. Mais Dieu nous appelle à un niveau de comportement qui va bien au-delà d’une réaction naturelle. Il nous invite à régit d’une manière surnaturelle.
Et cela s’applique à tous les domaines pratiques de notre vie. Est-ce qu’il vous est déjà arrivé d’être persécuté alors que vous roulez en voiture ? Cela se produit tout le temps. Quelqu’un vous fait une queue de poisson en vous coupant la priorité et quelle est la réaction naturelle ? Bénédiction ou malédiction ? On baisse la vitre pour crier « chauffard » ou de traiter le coupable de noms d’oiseaux ! Ou bien votre patron se défoule sur vous en criant à longueur de journée, le voisin persiste à faire du tapage nocturne qui nous empêche de dormir ou qui nous réveille en pleine nuit, la caissière au supermarché est désagréable, ou bien d’autres encore deviennent agressifs et répondent violemment lorsque nous tentons de partager l’Evangile avec eux, le Seigneur nous exhorte de répondre avec une bénédiction et non une malédiction. Il ne nous dit pas comment il faut appeler ceux qui nous persécutent, mais de simplement les bénir.
Dieu veut confondre le mal qui nous entoure, par le bien. Romains 12 :17 « Si l’on vous fait du mal, ne le rendez pas. Cherchez, au contraire, à faire du bien à tous. » Quel que soit l’autre, trouvez ce qui serait bon pour lui.
EXHORTATION SIMPLE : Ne cherchez pas a rendre le mal pour le mal
…en trouvant une manière sournoise, détournée, subtile pour assouvir votre désir de justice. Si quelqu’un vous maltraite, faites-lui du bien. Faites grâce pour la crasse !
ILLUSTRATION : guerre d’Indochine. Quelques officiers embauchent un jeune vietnamien pour faire la cuisine et nettoyer leur logement. C’était un jeune homme très avenant et joyeux et les officiers prenaient un malin plaisir à lui faire de mauvaises blagues. Ils clouaient ses souliers au plancher ou bien plaçait un sceau d’eau au-dessus de la porte de sa chambre pour qu’il s’arrose tout seul en y sortant. Mais le jeune homme ne cessait de sourire et prenait la persécution avec philosophie. Au bout d’un certain temps, les officiers avaient un peu honte de leur comportement à l’égard de ce jeune homme et pris de remords viennent lui présenter leurs excuses en disant qu’ils ne recommenceraient pas. Vous voulez dire plus de chaussures clouées au sol ? Plus jamais ont-ils répondu. Plus de sceaux d’eau sur la tête ? Plus jamais. Dans ce cas, répond le jeune homme, plus de crachats dans la soupe !
Voyez-vous, il est possible de rendre le mal pour le mal assez sournoisement. Mais la Parole de Dieu nous le défend. Menez une vie honorable aux yeux de tout le monde : que votre comportement soit au–dessus de toute critique.
Romains 12 :18 « S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. » Il y a ceux qui ne vous permettent pas d’être en paix avec eux, mais rappelons-nous qu’il faut deux antagonistes pour créer un conflit. Si nous refusons de céder à la provocation, l’état conflictuelle ne dépend pas de nous et ne peut être imputé à notre attitude et à nos actions. Autant que possible, et dans la mesure où cela dépend de vous, vivez en paix avec tous les hommes. L’amour vrai conduit l’enfant de Dieu à être un artisan de paix. Nous ne sommes pas responsables de ce que les autres font, mais nous pouvons nous assurer que tout ce que nous faisons soit aimant et juste, à la ressemblance de Christ.
Romains 12 :19 « Ne vous vengez pas vous–mêmes, bien–aimés, mais laissez agir la colère, car il est écrit : A moi la vengeance, c’est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur. »
La vengeance est une des réactions humaines des plus naturelles devant l’affront, l’injure, la blessure et les mauvaises attitudes. On a le sentiment que, si l’on traite les autres comme eux nous traitent, nous ne faisons que rendre justice. Et nous pouvons si facilement justifier notre attitude et action. Je vais simplement leur apprendre qu’on ne joue pas avec moi. Je ne fais que manifester ce que je ressens. Je leur rends la monnaie de la pièce. L’exhortation est simple : Ne vous vengez pas vous–mêmes, bien–aimés ! Oui, car si nous le faisons, nous ne ferons qu’envenimer les choses et provoquer une escalade d’hostilité.
Deux raisons sont données pour lesquelles nous ne devons pas chercher de se faire justice soi–même, de ne pas tenter de prendre notre revanche.
Première raison : Dieu fait déjà peser son courroux, sa colère. Laissez agir la colère. Dieu sait que nous avons été offensés et blessés et il s’en occupe.
Deuxième raison : C’est à lui qu’appartient la vengeance, c’est lui qui rendra à chacun son dû. A moi la vengeance, c’est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur. Lui seul peut agir, dispenser la justice d’une manière rédemptrice avec amour. Son but n’est pas d’infliger une blessure, de faire du mal, mais d’amener la personne à la repentance et de la rétablir. Si nous cherchons à nous venger, nous ne laissons pas Dieu agir. La portée de ce verset est claire : c’est mal de vouloir se venger, car cela exprime le fait que nous ne voulons pas que la personne qui nous a offensé et blessé soit rachetés : nous voulons qu’elle soit punie. Cette attitude est exactement celle que le prophète Jonas a adoptée lorsque les habitants de Ninive se sont repentis et que Dieu a choisi de différer son jugement. Jonas c’est mis en colère contre Dieu. Il ne voulait pas que les ennemis d’Israël puissent se repentir devant Dieu. Non, il voulait que toute la ville et ses habitants soient rayés de la carte.
Ne vous vengez pas vous-mêmes bien aimés, mais laissez la colère de Dieu agir au lieu de nous mettre en colère parce que la rétribution de Dieu ne se fait pas comme nous l’aurions voulu.
...On laisse à Dieu le soin de juger. Lorsqu'on répond avec amour, lorsqu'on choisit de pardonner par un acte de volonté, on n'efface pas la dette de l'autre. On ne fait que la remettre à Dieu, qui est meilleur gestionnaire des dettes des hommes. Dieu réglera l'ensemble des conflits. Psaume 37 :13 " Le Seigneur se rit du méchant, Car il voit que son jour arrive. »
Enfin, Romains 12 :21, nous voyons que la guerre que nous menons n'a pas pour but d'ôter le mal de la planète, mais d'ôter le mal de nos cœurs. « Ne sois pas vaincu par le mal, mais vainqueur du mal par le bien ». En tant que disciples du Christ, Dieu va placer sur notre route un certain nombre d'épreuves qui révéleront ce qui est dans notre cœur, et en l'épurant, feront de nous des conquérants. Et ce qui résulte du fait de laisser Dieu intervenir à notre place c’est que nous en sortons grandis, vainqueurs.
Regardez à nouveau les exemples que Jésus nous donne pour illustrer son enseignement et démolir les mauvaises conceptions de la loi du talion et sa mise en pratique ? Si on me gifle du revers de la main, n’ai-je pas le droit de plaider contre lui et exiger que la cour lui impose une amende de 400 zuzims ? Bien sûr, vous en avez le droit. C’est écrit dans la loi juive. Mais je vous le dis, concédez votre droit. N’insistez pas dessus. Ne faites pas valoir votre droit. Si quelqu’un veut me traîner devant le juge pour me prendre ce qui m’appartient, n’ai-je pas le droit de me défendre ? Bien sûr, vous avez en le droit. Mais moi je vous dis, laissez tomber votre droit, même au risque de perdre votre bien. Si quelqu’un me force à transporter ses bagages, même si la loi lui permet de se prévaloir de ce privilège, n’ai-je pas le droit d’exprimer ma frustration et mon mécontentement envers cette personne qui m’impose une telle corvée ? Bien sûr, vous en avez le droit. Qui ne ressentirait pas la même chose dans une pareille situation ? Mais je vous dis, oubliez votre droit. Faites ce que vous avez à faire sans maugréer. Donnez-lui même davantage que ce dont il a droit. Si quelqu’un me demande la charité, n’ai-je pas le droit de refuser ? Bien sûr, c’est votre droit. Vous avez certainement le droit de garder votre argent. Mais moi je vous dis, délaissez votre droit. Un homme dans le besoin implore votre soutien. Aidez-le.
Un disciple de Christ est ‘transformé par le renouvellement de son intelligence’ et il pense maintenant de cette manière. Il pense d’abord à donner plutôt qu’à s’approprier. Il donne même ce qu’on ne lui a pas demandé. Et parfois, il donne au-delà de son superflu.
L’être spirituel a la capacité de renoncer à ses droits pour le bien d’autrui. Sur cet aspect, il imite le Seigneur Jésus qui a renoncé à ses privilèges divins, à la gloire qui lui appartenait, pour s’abaisser au niveau de l’homme et même être humilié par les hommes dans le but de sauver l’humanité du jugement.
Le chrétien n’a pas à revendiquer ses droits à tout moment. Il a la liberté d’y renoncer parce que le Seigneur a transformé sa mentalité. Autrefois il se comportait uniquement en fonction de ses propres intérêts. Maintenant il vit dans l’intérêt de son prochain.
Comme Dieu m’a pardonné, je désire te pardonner de la même manière. J’aimerais tant que tu constates par toi-même l’amour de Dieu. Mieux, je souhaite de tout cœur que tu reçoives son amour et que cela te mène au salut. C’est pourquoi je n’insiste pas sur mes droits.
C’est l’amour de Christ qui motive un homme, une personne spirituellement mure à agir de la sorte. Elle se soucie du salut de son prochain. Elle n’hésite pas à sacrifier ses droits si cela peut amener l’autre à se sentir aimé de Dieu. Car l’amour s’exprime magnifiquement dans l’acte du pardon. Et l’amour constituera toujours l’instrument de choix pour révéler le salut que Dieu offre aux hommes.
C’est par votre vie et votre conduite que les hommes peuvent constater le changement de votre attitude intérieure. Ils peuvent voir l’œuvre de Dieu dans votre caractère. Si on vous insulte et qu’en réaction, vous répondez en insultant à votre tour votre agresseur, il n’y a rien qui vous distingue du reste des hommes. Dieu n’a pas à intervenir pour qu’un homme réagisse de la sorte. Il est dans la nature humaine de chercher à riposter, à se venger.
Mais si on vous frappe et que par amour vous présentez l’autre joue, si en tendant l’autre joue l’autre personne en arrive à discerner l’amour de Dieu, alors vous n’aurez pas pris un risque pour rien. Si en prenant ma tunique l’autre prend conscience de son profond besoin d’être sauvé, alors je la lui laisse avec joie. Si en portant le fardeau de l’autre le rend prêt à écouter la Bonne Nouvelle et que cela ouvre la porte à son salut, alors je suis entièrement disposé à parcourir toute la distance qui sera nécessaire. Voilà ce qui motive l’homme spirituel à se donner de lui-même plutôt qu’à se conformer aux principes qui régissent ce monde.
CONCLUSION
Résumons en quelques mots la leçon d’aujourd’hui. Lorsque Jésus nous demande de tendre l’autre joue, s’agit-il d’un commandement qu’il faut suivre à la lettre ? Avec toutes les explications que vous avez entendues, je pense que vous êtes maintenant en mesure de saisir la signification spirituelle des paroles de Jésus. Il faut prendre garde à ne pas les interpréter de façon trop littérale. Jésus ne nous demande pas d’être un « punching ball » sur qui tout le monde se défoule, ni de mettre notre vie en danger. Il ne demande pas non plus que nous nous laissions exploiter. Personne n’a à être la proie d’un profiteur. Nous ne sommes pas des paillassons sur lesquels tout le monde s’essuie les pieds. Nous devons faire preuve de jugement. Quelques versets plus tôt dans le même Sermon sur la Montagne, Jésus dit, Matthieu 5 :29 « Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ». Devons-nous suivre au pied de la lettre cette ordonnance du Christ ? Pas du tout ! Là n’est pas la question. Cette drastique déclaration a pour but de nous faire prendre conscience de l’extrême gravité du problème du péché.
Alors qu’est-ce qui est au centre de cette étrange instruction de tendre l’autre joue à notre agresseur ? Lorsque nous lisons le verset dans son contexte, nous découvrons une mentalité transformée par la puissance de Dieu. Cette façon renouvelée de penser fait partie du caractère de la personne spirituellement mature. Et voici les trois caractéristiques qui le distinguent des coutumes du siècle présent.
Premièrement, une personne spirituellement mure a compris que le péché est égocentrique, et que l’homme naturel, vivant sous la domination du péché, est un être égoïste. L’homme naturel est beaucoup plus disposé à prendre qu’à offrir. L’être spirituel renverse cette tendance. Il veut d’abord donner à son prochain avant de penser à ses propres intérêts.
Deuxièmement, une personne spirituellement mure ne presse pas autrui à faire respecter ses droits car elle est disposée à pardonner. Elle a compris que pour pardonner, elle doit renoncer à ses droits. Et elle pardonne parce qu’elle a expérimenté le pardon de Dieu.
Troisièmement, une personne spirituellement mure est disposée à accepter la critique, les insultes, les menaces, voire même les blessures physiques, avec un cœur indulgent si cela peut donner l’occasion à certains de faire connaissance avec Dieu. Par une telle attitude, elle surmonte le mal par la puissance réparatrice de l’amour.